À paraître

Histoire des révoltes populaires en France

Gérard VINDT

Les révoltes populaires du passé peuvent-elles contribuer à éclairer celles d’aujourd’hui ? La question s’est posée lors du mouvement des Gilets jaunes, qui n’entrait dans aucune grille d’analyse préétablie. Les Gilets jaunes sont-ils des Jacques, des sans-culottes, des poujadistes ? Aller au-delà de ces raccourcis, étudier les apports de l’historiographie des révoltes sur huit cents ans, au fil de l’affermissement et des transformations de l’État moderne, ont paru nécessaire. Des grandes études fondatrices aux recherches récentes des historiens et des sociologues, les approches ont été renouvelées avec l’apparition de mouvements sociaux de milieux populaires en marge ou en rupture avec les corps intermédiaires tels que les syndicats.
Contre qui et contre quoi se lèvent les révoltés ? Qui sont-ils, qui sont-elles ? Comment s’exprime leur révolte ? Face à la révolte, quelles sont les réactions de la société, des autorités ? Les révoltes des Gilets jaunes comme celles des jeunes des quartiers populaires s’inscrivent, avec leurs spécificités, dans une histoire longue des révoltes en France.

Version papier : 10,00 €
Version numérique : 7,49 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : Repères
Parution : 22/04/2021
Format : EPub
ISBN papier : 9782348058936 ISBN numérique: 9782348058967

Gérard VINDT

Agrégé et docteur en histoire, spécialiste d’histoire économique et sociale, Gérard Vindt est responsable de la rubrique « Histoire » du magazine Alternatives économiques. Il est entre autres l’auteur de Les Hommes de l’aluminium.Histoire sociale de Pechiney (Éditions de l’Atelier, 2006), Les Français en révolte de 1848 à nos jours (2014) et Les Grandes Dates de l’histoire économique et sociale de la France (2017).

Table des matières

Introduction / Du coq rouge aux Gilets jaunes
Quelles « révoltes » ?
Révoltes et mouvements sociaux
« Populaires » ?
XIIIe-XXIe siècle : au fil de la construction de l’État et d’une société structurée par le capitalisme
I / Contre qui ? Huit cents ans de révoltes contre l’autorité
XIIIe-XVe siècle : « haro sur le seigneur », mais pas seulement
D’abord, des révoltes urbaines contre le seigneur des lieux et le patriciat communal
Contre les nobles, la Jacquerie de 1358 et la longue révolte des Tuchins du Midi (1363‑1389)
1500‑1788 : de grandes révoltes régionales contre l’État moderne
Toujours des révoltes contre les nobles, les notables, les riches, les marchands de grains…
… mais de plus en plus contre les nouveaux représentants du roi
Révoltes contre les agents recruteurs
Nouvelles révoltes contre des employeurs
1789‑1875 : révoltes et révolutions politiques et industrielles : contre le régime, contre l’employeur
Les révoltes du temps des révolutions : contre toutes les autorités
Les révoltes contre les esclavagistes et les colonialistes
Contre les employeurs de la révolution industrielle
1875‑1945 : révoltes populaires en République : patronat, État bourgeois, parlementaires pour cible
Les révoltes ouvrières, au centre de la « question sociale »
Révoltes contre les représentants de la République
Quelle révolte contre les fauteurs de guerre ?
Les révoltes anticoloniales
Les révoltes contre la « menace fasciste » …
… et contre l’occupant nazi et son complice, l’État français de Philippe Pétain
1945‑1981 : des cibles nouvelles
Les révoltes de salariés contre l’État-patron
Des révoltes contre l’État modernisateur
Les luttes de libération nationale contre l’Empire français,
Mai 68-années 1970 : une décennie de révoltes multiformes contre l’État autoritaire, le grand patronat et la société répressive
L’après-68 : l’insubordination contre toutes les autorités
1981‑2020 : des révoltes contre les responsables des inégalités et de la précarité
Révoltes de classes contre le patronat français ou étranger, l’État libéral et « l’Europe »
Des mouvements qui innovent
II / Contre (et pour) quoi se révolte-t-on ?
Une constante à travers les siècles : les révoltes contre l’injustice fiscale
Contre les redevances seigneuriales et la dîme : du Moyen Âge à la Révolution
Contre la fiscalité de l’État central
Contre la centralisation étatique, pour la défense de territoires
Contre l’insécurité alimentaire : les révoltes frumentaires
Contre l’insécurité des personnes et des biens
Contre l’insécurité sociale
Contre les atteintes aux droits coutumiers, aux acquis, aux modes de vie et de travail
Contre la mise en chômage, pour des salaires et des conditions de travail décentes
Révoltes à caractère religieux
Révoltes politiques contre le pouvoir local ou central
III / Qui se révolte ?
Le peuple des campagnes
Le peuple des villes
Le peuple de Paris au temps des révolutions
Les révoltes ouvrières aux XIXe-XXe siècles
Les révoltes des classes moyennes indépendantes
Des groupes sociaux non professionnels
Femmes en révolte
Révoltes de jeunes
Révoltes de colonisés
Les révoltés des « nouveaux mouvements sociaux »
IV / Comment ? Les répertoires des révoltés
La révolte en dernier ressort
L’appel à la révolte
Les chefs de la révolte
Se rassembler : les lieux de la révolte
Justifier la révolte, se faire entendre
La révolte et la violence
Attaquer
Les instruments de la révolte
La violence dans les révoltes anticoloniales
Se défendre
Manifestations, grèves et révoltes
La révolte, moment de convivialité et de fête
V / La société face aux révoltes
La réaction des autorités
Prévenir, négocier, temporiser
Réprimer
Les révoltés entre déception et espoir
Un prix à payer souvent élevé
Le pardon, la rémission
Peu de révoltes sans aucun résultat
Soutiens ou condamnation de la révolte
Des Lumières aux « intellectuels »
Iconographie de la révolte
Les révoltes en chansons
Révolte et mémoire
Conclusion / Révoltes d’hier, révoltes d’aujourd’hui
La révolte des jeunes des quartiers populaires : une révolte qui n’est pas sans histoire
Les révoltes anticoloniales et antiracistes
Les Bonnets rouges, la lourdeur d’une référence
Les Gilets jaunes, références historiques et originalités d’une révolte
Des révoltes inscrites dans un contexte international
Repères chronologiques
Repères bibliographiques.