À paraître

Histoire de la Tunisie depuis l'indépendance

Éric Gobe, Larbi Chouikha

L'histoire récente de la Tunisie en fait un laboratoire pour la science politique. En effet, si la démocratie à succédé à une longue période de pouvoir dictatorial, elle n'a pas survécu à la crise économique et sociale. Le nouveau régime est présidentialiste, autoritaire, populiste. Ce livre explique pourquoi l'initiateur des " Printemps arabes " en est arrivé là.

Début 2011, la Tunisie, qui donnait l'image d'un régime stable et ouvert sur l'Occident, a chassé du pouvoir, en 29 jours de " révolution ", un dictateur vieillissant. Initiateur des " Printemps arabes ", ce petit pays a mis en place les institutions d'une démocratie représentative, mais elles se sont effondrées, à la suite d'un auto-coup d'État mené en 2021 par son président de la République élu.
Cet ouvrage apporte des clés de compréhension de la trajectoire historique qui a vu le régime politique autoritaire de Bourguiba et de Ben Ali se déployer, la " révolution " de 2010‑2011 y mettre fin, la démocratie représentative lui succéder, avant d'être elle-même renversée avec l'aide des appareils répressifs par un leader populiste et autoritaire, Kais Saïed.
Il montre que l'incapacité des divers pouvoirs politiques à répondre aux aspirations de larges secteurs de la société, notamment à celles des jeunes en mal d'avenir, a sapé leurs bases sociales. Perçus par la majorité de la population comme la propriété d'élites mettant l'État à leur service, les régimes politiques qui se sont succédé ont été frappés par des crises socioéconomiques et politiques qui les ont souvent ébranlés et ont parfois conduit à leur effondrement.

Version papier : 11.00 €
Détails techniques
Collection : Repères
Parution : 05/11/2026
ISBN : 9782348095313
Nb de pages : 128
Dimensions : 12 * 19 cm

Éric Gobe

Éric Gobe est directeur de recherche au CNRS (IREMAM/Aix-en-Provence). Il est l'auteur de Jalons pour une sociologie des ingénieurs au Maghreb (IREMAM, AMU, 2015) et de Les Avocats en Tunisie de la colonisation à la révolution (1883‑2011) (IRMC/Karthala, 2013).
(IREMAM/Aix-en-Provence).

Larbi Chouikha

Larbi Chouika est professeur à l'Institut de presse et des sciences de l'information à l'université de La Manouba (Tunisie). Il a été membre de l'Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication (INRIC) et l'Instance supérieure indépendante pour les élections d'octobre 2011. Il est l'auteur de Médias tunisiens. Le long chemin de l'émancipation (1956-2023) (Nirvana, 2024).

Table des matières

Introduction
I. La Tunisie de Bourguiba ou la modernisation autoritaire (1956-1987)

De l'instauration du protectorat à la Tunisie indépendante (1881-1956)
Protectorat et dualisme colonial
Le conflit Habib Bourguiba-Salah Ben Youssef : matrice du régime autoritaire de la Tunisie indépendante
Un réformisme autoritaire (1956-1969)
L'instauration d'un régime présidentialiste
Sécularisation autoritaire et marginalisation des notabilités religieuses
Les années 1960 ou la mise sous tutelle de la société par l'État
L'étatisation de l'économie et ses conséquences
Les années Nouira (1970-1980) : une libéralisation en trompe-l'oeil
Une libéralisation politique avortée (1970-1971)
Une libéralisation économique limitée,
Du " Jeudi noir " (26 janvier 1978) au " coup " de Gafsa (26 janvier-3 février 1980) : l'affirmation de la contestation sociale et politique
Le temps des crises (1980-1987)
1981 : une ouverture politique sous contrôle
La gestion autoritaire de la question syndicale (1984-1987)
Les " émeutes du pain " (décembre 1983-janvier 1984) : symptôme de la crise du système bourguibien ?
Des années de confrontation entre islamistes et régime bourguibien finissant (1981-1987)
II. Ben Ali ou le changement dans la continuité autoritaire (1987-2011)
De l'ouverture politique à la reprise en main autoritaire (1987-1994)
Hypothèque islamiste et bipolarisation de la scène politique (1988-1992)
La mise sous tutelle de la LTDH (1992-1994)
La reconfiguration du régime autoritaire par Ben Ali des années 1990 aux années 2000
Une gouvernance technocratique et néopatrimoniale
Aménagements institutionnels et pluralisme de cooptation
L'UGTT et le patronat dans les rets du corporatisme benalien
Mirage ou miracle économique ?
La montée des dissidences et de la contestation sociale dans la société tunisienne (2000-2011) : vers la révolution ?
III. La Tunisie de la " révolution négociée " au populisme autoritaire de Kais Saïed (2011-2025)

La révolution négociée tunisienne : du soulèvement populaire à la " transition démocratique "
Du soulèvement populaire de Sidi Bouzid à la chute de Ben Ali (17 décembre 2010-14 janvier 2011)
" Le peuple veut la chute du régime " et une nouvelle Constitution (14 janvier-23 octobre 2011)
Une révolution négociée, polarisée et au bord du gouffre ? De l'affrontement au compromis politique
La Tunisie dans les rets de la bipolarisation
Du compromis à l'alternance consensuelle
Consensus et crise de la démocratie représentative (2015-2021)
Cartellisation du système des partis et désengagement citoyen (2015-2019)
Les élections de 2019 : la victoire du populisme ?
Encadré : Kais Saïed : un leader populiste et complotiste
La Tunisie entre parlementarisme dévoyé et polarisation politique pernicieuse (2019-2021)
Kais Saïed ou l'art de polariser le champ politique pour préparer son auto-coup d'État
Mettre en place un nouveau régime politique autoritaire et réprimer les opposants (2021-2025)
Une " construction démocratique par la base " sans la base et un scrutin présidentiel aux couleurs de plébiscite
Criminaliser des oppositions politiques et syndicales affaiblies
Conclusion
Liste des sigles
Glossaire
Repères chronologiques
Repères bibliographiques.