Françalgérie, crimes et mensonges d'États
Histoire secrète, de la guerre d'indépendance à la « troisième guerre » d'Algérie

Lounis Aggoun, Jean-Baptiste Rivoire

Depuis 1992, la violence qui ravage l’Algérie nous est présentée comme une guerre d’intégristes islamistes contre des militaires qui se battent pour sauver la démocratie. Quant à la France, elle se serait contentée d’une bienveillante « neutralité ». Aujourd’hui, ce scénario apparaît comme une vaste construction médiatique. C’est ce que montrent, preuves à l’appui, les auteurs de ce livre explosif. Pendant six ans, ils ont enquêté en Europe et Algérie, recueillant des dizaines de témoignages, recoupant des centaines de sources. Ils montrent ainsi comment, dès 1980, un petit groupe de généraux algériens a conquis progressivement le pouvoir, tout en développant les réseaux de corruption de la « Françalgérie ». Depuis 1988, ils ont instrumentalisé l’islamisme radical, notamment pour s’assurer le soutien durable de Paris. Et, depuis 1992, ils ont lancé une terrible « troisième guerre d’Algérie », en multipliant les opérations « attribuées aux islamistes » : assassinat du président Boudiaf, meurtres d’intellectuels, massacres de civils et de militaires… Pour faire pression sur la France, leurs services secrets ont organisé de spectaculaires et meurtrières actions de « guerre psychologique » contre des citoyens français, en Algérie comme dans l’Hexagone. Pour la première fois, ce livre démonte les rouages de l’extraordinaire machine de mort et de désinformation conçue par les généraux algériens, et les complicités dont ils ont bénéficié en France, pour cacher à l’opinion publique occidentale le seul but de la guerre qu’ils mènent contre leur propre peuple : se maintenir au pouvoir à tout prix, pour conserver les milliards de dollars de la « corruption pétrolière ».

Version papier : 16 €
Version numérique : 11,99 €
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Détails techniques
Collection : La Découverte Poche / Essais n°215
Parution : 03/11/2005
ISBN : 9782707147479
Nb de pages : 686
Dimensions : 125 * 190 mm
ISBN numérique : 9782348057311
Format : EPUB

Lounis Aggoun

Lounis Aggoun

LounisAggoun, journaliste indépendant, a été pendant de longues années un militant pour les droits de l’homme en Algérie.

Jean-Baptiste Rivoire

Jean-Baptiste Rivoire

Jean-BaptisteRivoire, journaliste à « 90 minutes » (Canal Plus), est l’auteur de nombreux documentaires dont Benthala, autopsie d’un massacre (1999), Algérie : la grande manipulation (2000) et Attentats de Paris, enquête sur les commanditaires (2002).

Extraits presse

« L’aspect le plus passionnant et novateur de l’ouvrage, qui fourmille de révélations, est […] la plongée au cœur de la Françalgérie, cette puissante intrication des réseaux de corruption algériens et d’une partie de l’establishment politique et économique français. »
LIBERATION

« Cette Françalgérie nous plonge dans l’univers glauque des coups tordus de “services” al-gériens en étroite relation avec des réseaux politico-mafieux français. »
POLITIS

« [...] Une chronique très détaillée et passionnante, surtout pour ceux qui s'intéressent à l'Algérie, à son rapport ambigu à la France, réciproquement non désintéressé. »
VERSO

« Où est en l'Algèrie aujourd'hui ? Quelle est la nature de ses liens avec la France ? Questions auxquelles Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire tentent de répondre. Le sous-titre de leur livre est significatif: "crimes et mensonges d'Etats" vise d'abord le pouvoir en Algérie. »
SUD OUEST DIMANCHE

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Table des matières

Introduction
Question dérangeante
Le « GIA », sujet tabou
Des journalistes sous haute surveillance
Secrets de famille
La « troisième guerre d'Algérie »
Prologue : Les trois guerres d'Algérie
1830-1848 : une logique génocidaire
1945-1962 : la « guerre contre-insurrectionnelle »
1988-2004 : la « sale guerre » des généraux éradicateurs
Guerres génocidaires et paix des cimetières
I. 1954-1992 : La gestation d'un État répresssif
1. 1954-1962 : la guerre dans la guerre

L'assassinat d'Abbane Ramdane, crime fondateur
Les « déserteurs de l'armée française »
L'ascension de Houari Boumediene
Le MALG et le complot de Tripoli
Les accords d'Évian : l'armée reste française au Sahara
Le coup d'État de juillet 1962
Les manipulations des services
2. 1962-1978 : l'indépendance confisquée
Le pouvoir selon Ben Bella
Le coup d'État de juin 1965
Le maillage de la société
Kasdi Merbah : la liquidation des opposants
Ahmed Taleb Ibrahimi : un peuple non-conforme
Belaïd Abdesslam : les perversions du « socialisme d'État »
La mise en place des réseaux de corruption : le cas Zéghar
Armes chimiques françaises dans le Sahara
Schizophrénie d'État
L'affaire de Cap Sigli et la fin de Boumediene
Chadli président
3. Les réseaux Belkheir à la conquête du pouvoir
La rivalité France-États-Unis et l'élimination de Messaoud Zéghar
La « moralisation » de l'action publique, paravent de la curruption
Le « clan Chadli » et la maison « Belkheir »
L'explosion des circuits de corruption
Conflits et réorganisation au sommet de l'armée
Le « Printemps berbère » et la naissance de la Ligue des droits de l'homme
L'émergence islamiste et l'étrange « épisode Bouyali »
Le « code de la famille » et l'instrumentalisation de l'islamisme
4. L'alliance fondatrice entre les services secrets français et algériens
La « solidarité » et la « connivence » de la DST et de la SM
Les FARL et les attentats de Paris
La SM au secours de l'Occident
L'échec du « contrat du siècle » avec la France et l'élimination du général Belloucif
Des partis politiques français financés par Alger ?
L'affaire Mécili, un « crime d'État »
Un virage difficile
5. Octobre 1988, le tournant
La jeunesse algéroise hachée à la mitrailleuse lourde
Le discours historique du président Chadli
L'usage systématique de la torture
Épidémie d'hypocrisie et de mensonge
Le complot d'Octobre
La neutralisation de la Kabylie
Le clan Belkheir rafle (presque) la mise
6. 1989 : Kasdi Merbach, ou la démocratie endiguée
Mobilisation contre la torture
L'étouffement
L'auto-amnistie des criminels
La restructuration de la Sécurité militaire
Kasdi Merbah, un gouvernement de transition
Les vannes financières s'ouvrent
Le multipartisme et la construction d'une « démocratie sous contrôle »
Le faux « profil bas » de l'armée
La fin de Kasdi Merbah et la naissance du FIS
7. 1990-1991 : l'ouverture contrôlée
Des terroristes islamistes « sous contrôle »
Hocine Aït-Ahmed, « bête noire » du régime
L'élimination du chef de la SM, Mohamed Betchnine
Violences islamistes et manipulations
L'écrasante victoire du FIS aux élections municipales
Les réformateurs, un « os » dans la Françalgérie
Septembre 1990 : le clan Belkheir réorganise la SM
Quand l'armée s'invite à la démocratie
La presse entre liberté et manipulation
8. L'offensive contre le gouvernement Hamrouche
La guerre du Golfe : la presse étrangère mise au pas
Le succès intolérable des réformes
La « première bombe atomique islamiste » sera-t-elle algérienne ?
Le FIS, un bateau ivre
Les taupes du DRS au sein de la direction du FIS
9. Juin 1991 : le premier coup d'État
L'échec de la grève du FIS
Le coup d'État
Sid Ahmed Ghozali ou le blanchiment du putsch
Le FIS entre amère « victoire » et vraie tourmente
La « mainde la France »
Les poupées gigognes du réseau Belkheir
10. Aux sources des « groupes islamistes de l'armée »
Ali Haroun, ministre des Droits de l'homme et des camps de concentration
L'invention des « Afhgans »
1989-1991 : les tâtonnements
L'armée sous surveillance
Le congrès surprise du FIS de l'été 1991
11. Le gouvernement Ghozali : baïonnette et nœud papillon
Belkheir sort (provisoirement) de l'ombre
Toutes vannes ouvertes pour la Françalgérie
Campagne antisémite
Inquiétants préparatifs
Les hésitations du FIS troublent Larbi Belkheir
L'opération de Guemmar
Inquiétudes à la veille des élections
12. Janvier 1992 : les coulisses du coup d'État
Les chiffres de Larbi Belkheir
L'armée organise le putsch
Une dictature pour protéger la démocratie de « premier collège »
Détournement de manifestation
Les islamistes piégés
La « démission » de Chadli Bendjedid
Le feu vert de Paris
Le retour d'un disparu
II. 1992-2004 : La « sale guerre »
13. La guerre contre le peuple

La chasse aux opposants et l'état d'urgence
À nouveau, la torture généralisée
Arrestations en masse
Les « universités du djihad»
Purges dans l'armée
Les escadrons de la mort du colonel Smaïn
14. Infiltration et manipulation des islamistes
L'infiltration des groupes et des maquis
Les affaires de la rue Bouzrina et de l'Amirauté
Des baskets pour les terroristes
15. L'assassinat du président Boudiaf
Un président contre les « voleurs »
Boudiaf contre les « réseaux Belkheir »
Assassinat programmé
Une commission d'enquête sous influence
16. Été 1992 : l'Algérie bascule dans la guerre
Un pays déboussolé
L'attentat de l'aéroport
La restructuration de la « lutte antiterroriste »
L'armée au-dessus des lois
La torture se généralise
De la drogue pour les tueurs
« Achevez-les ! »
Les premiers massacres
17. Guerre psychologique et élimination des gêneurs
Le début du huis clos
Paris soutient les généraux
Les « assassinats pédagogiques » d'intellectuels
La montée en puissance des « lamaristes »
L'assassinat de Kasdi Merbah
La terreur au service des importateurs
18. L'implication de la France dans la guerre
Charles Pasqua revient au ministère de l'Intérieur
Un réseau dormant d'espions algérients
Deux géomètres assassinés
Le dialogue reprend en Algérie
Une Française contre la corruption
Le « vrai-faux » enlèvement des époux Thévenet et d'Alain Fressier
Les invraisemblances de la version officielle
Une libération « mise en scène »
Consignes de silence
L'« opération Chrysanthème », une affaire d'État
Faux coupables et vrais terroristes
19. Le général Zéroual et le « dialogue »
L'assassinat du cheikh Bouslimani
Zéroual désigné président
Mars 1994 : les généraux éradicateurs déchaînent la terreur
L'évasion de Tazoult
L'impunité des « groupes islamiques de l'armée » et la création des milices
L'Organisation des jeunes Algériens libres, escadron de la mort du DRS
Le massacre de Ténès
Les « Afghans » égorgeurs du colonel Tartag
Des hélicos pour les massacres
20. Automne 1994 : l'Occident au secours des éradicateurs
Le FMI au service de la guerre des généraux
L'affaire des marins italiens
Le FIS piégé par le GIA
L'affaire des gendarmes français
Djamel Zitouni, un « émir » du DRS
Les éradicateurs et le GIA contre le dialogue
Djamel Zitouni à la tête du GIA
L'enlèvement de Lounès Matoub
21. L'échec du dialogue
Grâce à la France, la guerre continue
La mutinerie de Berrouaghia
Des hélicoptères français dans la lutte antiterroriste
L'assassinat de Saïd Mekbel
Des catholiques pour la paix
Le premier colloque de Rome
22. 1995 : la terreur contre la paix
Un Airbus en otage
Enquête impossible
Des pères blancs assassinés à Tizi-Ouzou
La signature des accords de Rome
L'attentat du commissariat central
Le massacre de Serkadji
Zitouni et le DRS contre les « algérianistes »
Un soldat d'élite au service du GIA
23. Terreur sur l'Europe
Le GIA débarque à Londres
Le « cri » de Khalida Messaoudi
Contre la vérité, la torture
Un « dialoguiste » à Matignon
L'assassinat du cheikh Sahraoui
L'affaire Rabah Kébir
Des attentats dans le RER parisien
Ali Touchent : une taupe des services algériens chez des islamistes
Des attentats « pédagogiques »
La France, otage ou complice ?
24. Zéroual, président élu
Neutraliser la Kabylie
Amadouer les islamistes
Zitouni purge les maquis
Le truquage de l'élection présidentielle
Les défis du duo Zéroual-Betchine
Nouveau tour de vis contre la presse
La main tendue aux Américains
25. L'assassinat des moines de Tibhirine
Les moines dérangent
Le DRS enlève les moines
Les négociations du préfet Marchiani
L'assassinat
L'affaire Lucile Schmid : message reçu
L'« accident » du général Saïdi Fodhil
Le mystérieux assassinat de Mgr Pierre Claverie
Un référendum explosif
26. 1997 : les massacres contre la paix
La communauté internationale pour la paix
« Ils ont peur d'Amnesty International »
Un parti sous contrôle pour le président
Les tueurs drogués des forces spéciales de l'armée
Le coup de poker du duo Zéroual-Betchine
Les massacres « islamistes » des généraux éradicateurs
Tuer, toujours : la certitude de l'impunité
Nuit d'horreur à Benthala
L'arme de la terreur
La trêve militaire, « coup de poignard dans le dos » de Zéroual
27. Le grand doute
Censure en direct
Londres, septembre 1997 : le GIA est dévoilé
La Françalgérie est « au parfum »
La communauté internationale s'interroge
Paris ferme les yeux sur les massacres
Ouled-Allal, le « Timisoara algérien »
Élections municipales et contrôle des esprits
Les éradicateurs contre Zéroual
28. La campagne de neutralisation d'une enquête internationale
Politiques et intellectuels français au secours des généraux
« Ce n'est pas l'armée qui tue en Algérie ! »
André Glucksmann : « Maintenant, on sait qui tue »
Les désillusions de BHL
L'affaire Soulier, ou l'Europe discréditée
Hubert Védrine s'active en coulisses
Le MAOL dans la mire du « clan des éradicateurs »
Des enfants bloqués en Algérie
L'ONU manipulée
29. La carte kabyle contre Zéroual
L'assassinat de Lounès Matoub
Assassins DRS et complicités locales
La chute du duo Zéroual-Betchine
Bouteflika, le nouveau paravent
30. Les généraux face à la menace de la justice internationale
Le clan Belkheir face au « syndrome Pinochet »
L'assassinat d'Abdelkader Hachani
Des révélations dévastatrices
Quand Paris protégeait Nezzar
La diversion kabyle
La « divine surprise » du 11 septembre
Le « procès Nezzar »
Khalifa : le clan Belkheir à l'assaut du PAF
Khalifa TV, la « voix de l'Algérie »
« Année de l'Algérie en France », année de l'amnésie
Le drame des « disparus »
Les perspectives de procès se précisent
L'enjeu de l'auto-amnistie
Conclusion
Une société qui se meurt
Françalgérie, un « État noir »
« L'honneur de la France »
Notes
Principaux sigles utilisés
Chronologie
Index.