À l'heure de l'urgence climatique, les ultra-riches ont mauvaise presse. Des trajets Paris-Londres en jet privé de Bernard Arnault aux aventures de tourisme spatial de Jeff Bezos, les modes de vie carbonifères des élites économiques sont de plus en plus dénoncés. Les actions symboliques, les rapports et les articles de presse se multiplient pour pointer leur escapisme. Pourtant, loin d'être de simples observateurs passifs ou des preppers de luxe, les élites économiques sont des acteurs clés du débat climatique international. Elles ne se contentent pas d'y participer, elles en façonnent les termes. Promoteurs acharnés du capitalisme vert, elles défendent un projet politique taillé sur mesure, destiné à préserver leurs intérêts de classe dans un monde en réchauffement.
Ce livre est le premier à en exposer non seulement les discours (désormais bien connus), mais surtout ses ressorts. Il met en lumière les réseaux d'acteurs (ONG, fondations, think tanks, cabinets de conseil, lobbyistes) qui, depuis plus de vingt ans, ont contribué à imposer ce modèle comme l'unique réponse " réaliste " à la crise climatique, ainsi que les élites économiques qui en sont les principaux bénéficiaires.


Introduction. À qui profite la crise ?
Entrisme et entre-soi
La jet-set climatique
Fin du monde et petits fours
1. Une conscience climatique de classe
Une soirée à Belgravia
Mobiliser les riches
Salut (et profits)
Orienter le débat
Nouvel esprit vert du capitalisme
L'arme philanthropique
Légitimer les " entrepreneurs-à-succès-devenus-philanthropes "
Bloomberg à l'Élysée
2. Poumons de la Terre et pompes à fric
L'ère des lairds verts
Le stade Nouvelle-Zélande du capitalisme vert
Les entrepreneurs du climat entrent en scène
Les forêts au menu de la COP13
Costa Rica : une affaire de famille
Je pompe donc je suis
Carbon cowboys
Les riches s'y mettent
Le Prince's Rainforests Project
REDD is not dead
3. L'éléphant dans la pièce
La Firme
McKinsey, c'est l'anarchie
Le marchepied Vattenfall
La courbe des coûts marginaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre
Structurer le travail climatique
Occuper le terrain et crédibiliser la firme
Infiltrer
" Pitch me ! "
Conçu pour gagner
Project Catalyst
L'après-COP15
Interpréter l'échec
4. Make our blabla great again
Le " climategate " comme moment fondateur
Copier l'ennemi
La frontière entre " pro " et " anti " climat s'estompe
Un capitalisme vert à visage humain
Le business de l'optimisme
Chassez le réel, il revient au galop
5. Une photo avec Greta
Je t'aime, moi non plus
Un mouvement dépendant
Mobiliser les marges
" Signaux " et " momentum "
Diviser pour mieux régner
Uberiser le mouvement climat
Se bercer d'illusions
L'effet miroir
Conclusion. Faut-il manger les riches ?
" We are the world "
Briser les chaînes
Postface. La première fois comme farce, la seconde comme tragédie. Les élites climatiques à l'heure de Trump 2.0.
Le grand revirement
On ne change pas une stratégie qui perd
Le coût de l'action climatique
Paris mon amour
Un génocide qui dérange
Remerciements.