À paraître
Prise en étau entre l'impératif de compétitivité et les bouleversements écologiques, l'agriculture française n'aurait d'autre choix que d'opérer le virage numérique, robotique et génétique de la " troisième révolution agricole " promue au sommet de l'État et des instances européennes. Ce modèle technosolutionniste ajoute un maillon à la chaîne déjà longue des dépendances des agriculteurs et agricultrices : aux oligopoles de l'agroéquipement, des semences, de l'agrochimie, de la grande distribution et du secteur bancaire et assurantiel se surajoute l'oligopole du capitalisme numérique – GAFAM en tête.
À rebours de l'éradication rampante du monde paysan, ce livre défend une autre voie : remettre les travailleurs et travailleuses de la terre au centre de l'agriculture et reconnaître leur légitimité à produire, échanger et mettre en œuvre des savoirs paysans, un corpus foisonnant de connaissances et de pratiques locales adaptées à la diversité des territoires et capables d'un constant renouvellement. Présentés comme des reliques d'un passé révolu, ces savoir-faire n'ont pas disparu du fait de leur inadéquation ; ils ont été activement disqualifiés au nom d'une modernisation agronomique dont ce livre retrace d'abord l'histoire longue pour comprendre l'ampleur de ses effets.
À travers des exemples concrets, il documente ensuite la manière dont, par leur attention aux signaux des végétaux, des animaux ou des agroécosystèmes, ces savoirs pratiques, in situ, permettent l'atténuation des bouleversements écologiques et bioclimatiques. Leur revalorisation, leur protection et leur réappropriation sont de puissants leviers pour des transitions agroécologiques qu'il est encore possible d'amorcer afin de favoriser une agriculture paysanne à même d'assurer souveraineté alimentaire, autonomie locale et résilience écologique.
