Théâtres en lutte
Le théâtre militant en France des années 1960 à aujourd'hui

Olivier NEVEUX

Depuis les années 1960, de nombreuses expériences théâtrales ont revendiqué en France un clair dessein politique. Inscrit au cœur des luttes (anti-impérialistes, ouvrières, féministes, immigrées, homosexuelles, altermondialistes, etc.), ce théâtre militant s’est donné pour but de contribuer, à sa manière, aux combats d’émancipation de son temps. Injustement déprécié ou ignoré, il constitue pourtant tout un pan de l’histoire théâtrale. Et c’est cette histoire inédite et passionnante que l’on découvrira dans cet ouvrage extrêmement documenté. Comment représenter la colère, l’injustice et l’espérance ? Quelles formes pour dire la lutte ou expliquer les mécanismes du capitalisme ? Et à qui de telles représentations doivent-elles être destinées ? Contrairement aux idées reçues, le théâtre militant n’a jamais cessé d’inventer des solutions dramaturgiques et scéniques pour mettre en scène le présent : un présent à transformer. Héritier d’Erwin Piscator, de Bertolt Brecht et des troupes d’agit-prop soviétiques, ce théâtre n’est pas homogène : il est traversé d’options politiques et esthétiques diverses, voire contradictoires, d’Armand Gatti à Augusto Boal, en passant par Alain Badiou, André Benedetto et de nombreux collectifs (la Troupe Z, Al Assifa, le Levant, le Groupov…). Revenir sur ces propositions, sur leurs richesses et leurs impasses, c’est tout autant s’opposer à l’oubli que tenter d’ouvrir des pistes pour le théâtre militant d’aujourd’hui.

Version papier : 25 €
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Détails techniques
Collection : Cahiers libres
Parution : février 2007
ISBN : 9782707149770
Nb de pages : 324
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché

Olivier NEVEUX

Olivier NEVEUX

Olivier Neveux est professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre à l’université Lumière Lyon-2. Il est notamment l’auteur de Théâtres en lutte. Le théâtre militant en France de 1960 à nos jours (La Découverte, 2007).

Extraits presse

« Le théâtre militant n'attirerait que des convaincus et produirait inéluctablement des formes primaires, inintéressantes. C'est contre ce type de préjugés que s'érige Olivier Neveux. [...] Brecht, Vitez, Armand Gatti... Ces figures et collectifs jalonnent l'ouvrage d'Olivier Neveux qui dresse le portrait de quelques-uns. L'auteur tend ainsi à réhabiliter une pratique souvent dénigrée en montrant notamment les formes adéquates qu'elle a cherché à inventer. »
REGARDS

« Cet ouvrage, consacré à quelques formes emblématiques du théâtre militant en France depuis 1960, est doublement utile. D'une part, il participe à la réhabilitation d'un théâtre trop souvent méprisé par les élites culturelles; d'autre part, il esquisse une nécessaire réflexion sur les rapports complexes et conflictuels qu'entretiennent l'art théâtral et l'activisme militant. »
MOUVEMENT

« Un livre foisonnant et on ne peut plus documenté. »
VIENT DE PARAÎTRE

« Ce petit monde hétéroclite, O. Neveux a la sagesse de ne pas essayer d'en donner une carte d'identité unique, bien qu'il consacre la dernière partie de son livre à des réflexions plus théoriques. C'est pour avoir multiplié analyses textuelles, descriptions scéniques et anecdotes historiques, que l'auteur de Théâtre en lutte offre un document sans pareil sur cette chose bizarre, mouvante et provocatrice (au sens noble du terme) qu'est le théâtre militant. »
SITARMAG

« Olivier Neveux vient juste de nous offrir Théâtres en lutte, superbe outil de référence pour continuer à croire au renouveau possible d'un théâtre en phase avec la société. Il retrace avec une belle subjectivité l'histoire de ce mouvement au XX° siècle et nous permet de comprendre les enjeux qui, l'ont agité dans un passé récent. Lisez ce livre ! »
CASSANDRE

PRESSE

 

En 1998 paraît un ouvrage passionnant de Marco Consolini intituléThéâtre populaire - 1953-1964 - Histoire d'une revue engagée (Éditions IMEC), qui retrace les dix années d'existence de cette revue, animée par Roland Barthes et Bernard Dort entre autres. On y croise des figures emblématiques du théâtre d'alors : Brecht, Planchon, Vilar mais aussi Jeanne Laurent. Se dessine l'ébauche d'un théâtre public et décentralisé qui poursuit l'idée du théâtre populaire défendue par Vilar. Les deux ouvrages d'Olivier Neveux (avec Christian Biet), maître de conférence à Strasbourg II, éclairent les vingt années qui suivirent, à travers le prisme du théâtre militant, et, pour le coup, jettent comme un pont entre ces deux histoires. L'histoire ne s'arrête pas à l'avènement de la gauche au pouvoir. Celle-ci n'est pas encore écrite qu'elle commence à se déliter, faute, il faut bien se l'avouer, de projet politique innovant. Olivier Neveux ne se défausse pas qui, dans son introduction, estime qu'« après la longue restauration esthétique des années 1980 - lorsque art et politique étaient sciemment désolidarisés - mais aussi suspecte, resurgissent dans le champ théâtral des injonctions à la politique ». Sur fond de trame chronologique, il se dessine une histoire du théâtre militant et politique faite d'engagements, de ruptures, de tentatives pour dire le monde ou plutôt le refus du monde capitaliste, de l'impérialisme, du colonialisme. On y croise les figures de Kateb Yacine, d'Armand Gatti, d'André Benedetto, d'Augusto Boal (fondateur du Théâtre de l'Opprimé), de Dario Fo, mais aussi des compagnies, le Théâtre de l'Aquarium, le Théâtre du Levant, Troupe Z, Al Assifa, les Mirabelles, le Théâtre de la Carriera... Certains dénoncent l'impérialisme américain (Napalm, de Benedetto, V comme Vietnam, de Gatti, l'Homme aux sandales de caoutchouc, de Yacine) ; d'autres s'inscrivent dans les luttes contre le colonialisme ou pour le combat émancipateur des femmes, des homosexuels... Mai 68, Lip, la création est au coeur des luttes sociales et donne naissance, à chaque fois, à un théâtre de la contestation, un théâtre qui ne prône pas une seule et unique esthétique, un théâtre pétri de contradictions formelles comme politiques. Cette approche, cette analyse, cette volonté d'étudier l'histoire du théâtre militant, dans ces deux ouvrages, ont ceci d'impertinent qu'elles ne pleurent pas sur un passé révolu mais éclairent sous un autre angle notre théâtre contemporain qui, jusqu'à il y a peu, s'indignait que l'on puisse se revendiquer d'un théâtre « politique » ou « militant », deux termes aussitôt voués aux gémonies. Attitude qui va de pair avec, au mieux l'ignorance, au pire le mépris à l'égard de l'éducation populaire.

21/01/2008 - Marie-José Sirach - L'Humanité

 

Table des matières

Introduction - I / L'heure des brasiers - 1. Le théâtre politique de l’après-guerre - Sartre, Brecht et Vilar, trois articulations du théâtre et de la politique - Arthur Adamov et Armand Gatti, deux écritures militantes isolées - 2. Le théâtre de la décolonisation - Le PCF et le théâtre : adhésions et oppositions - La question algérienne - Politisation et colères étudiantes - 3. Dramaturgies du Vietnam - Napalm, d’André Benedetto - V comme Vietnam, d’Armand Gatti - L’Homme aux sandales de caoutchouc, de Kateb Yacine - Créer deux, trois… de nombreux Vietnam… - II / Le mai théâtral - 4. Les prémices de la contestation - Le théâtre radical américain - Contre la culture bourgeoise - 5. Le théâtre de Mai 68 - Mai 68, le théâtre suspendu - Quand le théâtre participe aux événements - « L’imagination n’a pas pris le pouvoir mais on est content quand même » - III / Théâtres rouges - 6. Que faire ? - Les « dramaturgies marxistes » d’André Benedetto - Teatre de la Carriera, Troupe Z… de nouvelles troupes sur tous les fronts - 7. Analyses concrètes et luttes - Du Larzac à Lip, « descendre de cheval pour regarder les fleurs » - Luttes ouvrières - 8. Une mémoire divisée - Un théâtre « reflet de l’engagement politique » - Dario Fo et le rire politique - IV / Scènes de l'émancipation - 9. « Ne me libère pas, je m’en charge » - Identités et émancipation - La création au cœur des luttes sociales - 10. Contestations de la représentation théâtrale - Augusto Boal et la figure de l’Opprimé - Le théâtre anarchiste d’Armand Gatti - V / Malgré tout ! - 11. « C’est fini » - Alain Badiou et l’expérience révolutionnaire - Continuer alors même que… - 12. Un autre théâtre est possible - L’émergence d’un nouveau théâtre de combat - « Pour une nouvelle génération d’Européens qui a oublié »… - VI / « Qui sers-tu ? » - 13. Quand la représentation est liée aux luttes comme les dents aux lèvres - S’inventer dans le combat et dialoguer avec la réalité - L’idéologie esthétique - 14. Que rien ne soit dit naturel - Le théâtre comme processus de connaissance - Le théâtre politique est une chose rare - Notice bibliographique - Notes - Index des noms de personnes et compagnies - Remerciements.

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