La manufacture du meurtre
Vie et oeuvre de H. H. Holmes, premier serial killer américain

Alexandra MIDAL

En 1896, à l’âge de 35 ans, Henry Howard Holmes, de son vrai nom Herman Webster Mudget, le premier tueur en série des États-Unis, avoue des dizaines de crimes. Pour mener tranquillement ses activités, il a édifié à Chicago, à quelques encablures des abattoirs les plus sophistiqués du monde, une bâtisse si vaste que ses voisins l’ont appelée le Château. Létal, pratique et confortable, l’immeuble est doté des innovations les plus récentes. Chef-d’œuvre rationnel et mécanique cosy du crime en pantoufles, le projet de Holmes, designer de l’extrême, s’inscrit à merveille dans le projet fonctionnaliste des modernes.
Cette enquête interroge l’émergence quasi simultanée de la révolution industrielle et de la figure du serial killer. Loin d’être une coïncidence, elle annonce la rationalité de nouveaux modes de production dont la chaîne de montage et le meurtre sériel sont deux émanations. Le cas Holmes, anti-héros de l’histoire moderne, permet de mieux saisir le tournant que cette révolution économique, mécanique et culturelle a opéré dans le traitement du vivant.
On trouvera, en annexe de cet essai, la première traduction française des Confessions du tueur, publiées juste avant son exécution, en avril 1896.

Version papier : 12 €
Version numérique : 9,99 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : ZONES
Parution : octobre 2018
ISBN : 9782355221323
Nb de pages : 128
Dimensions : 140 * 205 mm
ISBN numérique : 9782355221354
Format : EPUB

Alexandra MIDAL

Alexandra MIDAL
Alexandra Midal est commissaire d’exposition et professeur ordinaire en théorie du design à la HEAD-Genève. Elle a notamment publiéDesign. Introduction à l’histoire d’une discipline (Pocket, 2009) et Antidesign (Épithème, 2003).

Extraits presse

Un essai passionnant raconte comment Henry Howard Holmes a utilisé les innovations de la révolution industrielle pour construire de ses mains un véritable temple du meurtre. […] L'essai d'Alexandra Midal est court, vif et se garde bien d'établir des conjectures hasardeuses ou de romancer l'ensemble, mais les soixante-quinze pages qui le composent sont absolument fascinantes. D'autant qu'elles sont accompagnées d'un document pour le moins précieux, une traduction des confessions livrées par H. H. Holmes au Philadephia Inquirer le 12 avril 1896, soit moins d'un mois avant qu'il ne soit exécuté par pendaison. […] Troublant jusqu’au bout.

18/10/2018 - Thomas Messias - Slate

 

~En voilà un petit livre étrange et excitant. Son objet c’est H.H. Holmes, considéré comme le premier serial killer américain, convaincu d’avoir tué vingt-sept personnes dans les années 1880, même s’il est possible que ses victimes aient été beaucoup plus nombreuses. Escroc spécialisé dans l’arnaque à l’assurance-vie et la vente de squelettes aux facultés de médecine, il s’est mis très vite à faire le boulot lui-même : tuer pour toucher l’argent de l’assurance et couper, vider, dissoudre les corps pour vendre les os réajustés. […] Mais le sujet du livre, ce n’est pas Holmes lui-même, dont l’histoire a été maintes fois racontée (y compris par Martin Scorsese dans un film qui sortira l’année prochaine). Alexandra Midal est historienne du design. Or la thèse qu’elle défend avec brio tout au long du livre est la suivante : Holmes est un moment de l’histoire du design, sa face sombre (une sorte de anti-William Morris), un homme qui a interprété à sa manière particulière la rencontre de la production en série et du capitalisme.

15/10/2018 - Xavier de La Porte - BiblioObs

 

Par son usage d’une installation fonctionnelle ultramoderne mais aussi par sa volonté de standardiser la mort, Homes est [aux] yeux [d’Alexandra Midal] l’un des pionniers de la société industrielle. Elle en tire un essai qui se lit d’une traite, La Manufacture du meurtre. Ni analyse psychologique ni récit d’épouvante, son ouvrage est une réflexion sur la face cachée de nos sociétés modernes.

14/11/2018 - Xavier de Jarcy - Télérama

 

Vidéos






 

Table des matières


1. La scène des crimes de H. H. Holmes : lieu des inventions
La loi des séries : révolution industrielle, chosification de la femme démembrée et serial killer
moderne
Dark side : le anti-héros en designer
Design et horreur : la « salle des horreurs » du premier musée du design
2. Itinéraire d'un jeune escroc designer de son temps : de Herman Mudgett à H. H. Holmes
L’arrivée à Chicago
Vols, escroqueries et meurtre de son complice
Le flegme d’un condamné
3. La scène du crime : le château de l'horreur
Machine à tuer : voûtes et pièces scellées, tombes et crématoires
Climatologie du meurtre : fluides, vapeurs et gaz ; espace, temps et commande à distance ; une
smart house avant l’heure
Meurtres et escroqueries à tous les étages, le capitalisme industriel à la fête
Économie et rendements du corps moderne
4. Les stigmates du mal
La part d’ombre du design
L’art du design
Annexe : Confession de H. H. Holmes.

Droits étrangers

THE MURDER FACTORY
The life and work of H. H. Holmes, the first American serial killer

Using the case of Henry Howard Holmes, who built a “murder castle” where he committed several dozen murders, Alexandra Midal invites us to reflect on the almost simultaneous emergence of the industrial revolution and the serial killer.
In her investigation she examines this almost simultaneous development. She describes the rationality of new production methods of which the assembly line and serial murder are two emanations.


Alexandra Midal is an ordinary professor of history and theory of design at the Haute École d’art et de design de Genève (Geneva University of Art and Design). Among her publications is Antidesign. Petite histoire de la capsule d’habitation en images (A short history of capsule living spaces in pictures) (Épithème, 2003).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites