À paraître
1986. David Dufresne a 18 ans et débarque à Paris : le New Moon est un minuscule cabaret, le plus grand des petits clubs rock, sis 66 rue Pigalle. Pour l'auteur, le centre du monde, le refuge de ses nuits, son maintenant. Il ignore que le New Moon – ou plutôt ses murs – ont déjà bien vécu. Ils abritent les fantômes d'une histoire flamboyante ; le club est l'héritier destroy d'autres lieux guère plus fréquentables, du cabaret féminin au club de jazz, du lupanar de la Wermarcht au vivier des impressionnistes. Carrefour de la jeunesse joyeuse et du no future tonitruant, la salle a vu se croiser Piaf, la Mano Negra, Manet, Virginie Despentes ou la Rocca, dit la Scoumoune, fameux bandit corse.
Plongée littéraire envoûtante, le récit avance par à-coups dans un siècle de Paris, lézardé par des photos, rapports de police, chansons d'époque et réclames cocasses. Comme Perec avec l'immeuble de la rue Simon-Crubellier, il explore, pièce par pièce, décennie par décennie, les strates d'un unique bâtiment – et c'est tout Pigalle, lieu canaille désormais gentrifié, qui remonte à la surface. Ce tombeau, ce terrain de fouilles forment la matière intime de ce livre en désordre, où le refus de ranger est une politique pour garder la mémoire à l'état sauvage.
