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Villes sous contrôle
La militarisation de l'espace urbain

Stephen GRAHAM

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Villes sous contrôle
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Checkpoints, drones, GPS, passeports biométriques, insectes cyborgs, puces RFID, détecteurs de cibles, essaims de nanocapteurs, soldats-robots, barrières Jersey, dirigeables de surveillance, bombes « incapacitantes » et arsenal « non létal »… Qu’ont en commun toutes ces « technologies » qui, pour certaines, semblent relever de la science-fiction et qui, pour d’autres, imprègnent déjà notre quotidien de citadins ? Concoctées dans les laboratoires de l’armée, elles sont les nouvelles armes de la guerre en cours, cette « guerre asymétrique » ou « permanente » qui transforme les armées occidentales en forces contre-insurrectionnelles high-tech et chacun d’entre nous en cible potentielle nécessitant d’être identifiée, pistée, surveillée, au nom de la prévention d’une menace indistincte.
Avec Israël comme laboratoire et la « guerre contre le terrorisme » comme terrain d’application mondial, cette nouvelle forme de conflit touche de manière très différenciée les habitants du monde riche et ceux des territoires post- et néo-coloniaux. Elle se signale cependant par un trait commun à tous : ses champs de bataille ne sont plus les plaines ou les déserts, mais les principales agglomérations urbaines mondiales. Dans le sillage des travaux de Mike Davis, Naomi Klein ou Eyal Weizman, le livre de Stephen Graham nous donne les clés pour comprendre les logiques profondes de cet emballement militaro-sécuritaire globalisé.

Introduction. « Intercepter la cible… »
Leurs fils contre notre silicium
Le nouvel urbanisme militaire
L’urbanisme sécuritaire
L’« effet de retour » foucaldien
L’économie de la surveillance
Infrastructure urbaine, guerre urbaine
Les citoyens-soldats
Intentions
1. Le nouvel urbanisme militaire
Soldats ruraux, guerres urbaines
Suivre à la trace : le citoyen-consommateur-soldat
L’arme-caméra : le spectacle de la violence urbaine
Le renforcement sécuritaire
La colonisation de l’urbanisme transnational
Cosmopolitisme et patrie
Les nouveaux espaces étatiques de la violence
2. Rêves de guerre robotique
Rêves contrariés
Des échecs patents
L’urbanisation de l’insurrection
Rêves redessinés
Un nouveau projet Manhattan ?
Les zones de combat qui ont des yeux
Vers les robots tueurs autonomes
Les robots tueurs en Irak, en Afghanistan et en Palestine
La chaîne de neutralisation
Entomologie militaire
L’imperium du robot/technophilie et désir
Le mythe de la précision
La tentation politique de la guerre robotisée
Les fantasmes de guerre « humaine »
Les robots armés et les lois de la guerre
3. Un archipel de parcs d’attractions
L’entraînement à la destruction
Bagdad est partout
« On n’a rien à envier à Hollywood ! »
« C’est notre terrain de jeu »
Les villes-fantômes de la guerre
Diorama de la destruction
Djakarta, 2015
Une armée de joueurs 1
La mort évanescente
Stress virtuel
Les gated communities ultimes
Jouets de guerre
Sim Cities
Des mondes qui s’autoréalisent
Une armée de joueurs 2
La guerre réenchantée : la fin de la mort
Des soldats-citoyens virtuels
4. Quelques leçons d’urbicide
La leçon de Jénine
Militarisme bilatéral : Israël et la guerre contre le terrorisme
Orientalismes associés
États d’exception réciproques
Israël et la « palestinisation » de l’Irak
Diviser pour mieux régner
Mortalités « non létales »
Guerres de bulldozers
L’espace des drones
Raids à distance pour « guerre de longue durée »
Le marché de l’État sécuritaire
Un exemple mondial
Joint-ventures
La mondialisation de la stratégie du « tirer pour tuer »
L’économie de la guerre permanente
5. Éteindre les villes
Talons d’Achille urbain
Infrastructure et terrorisme
Démoderniser à dessein : la puissance aérienne américaine
L’ombre de la modernisation
L’ennemi comme système
« Bombarder maintenant, tuer plus tard » : Irak 1991
La seconde guerre du Golfe, 2003-
Éteindre les Territoires occupés
Étrangler Gaza
Cyber-guerre d’État
La guerre dans un monde étrangement perméable
De nouvelles conceptions de la guerre
Tout n’est pas la guerre
Mettre la vie à nue
Notes.

« Ceux qui pensent que seuls les criminels doivent s’inquiéter du développement de la vidéosurveillance feraient bien de lire ce livre », annonce d’emblée Nicholas Lezard, du Guardian. Dans Villes sous contrôle, le géographe britannique Stephen Graham montre en effet que le type de quadrillage militaire développé dans des capitales comme Bagdad par les armées d’occupation se développe dans les grandes métropoles occidentales, au nom de la lutte contre le terrorisme. « À Londres, les policiers sont devenus des soldats, avec notamment l’opération Kratos (qui leur enjoint de parfois “tirer pour tuer”) et l’espionnage croissant des citoyens », note Jonny Lowndes dans le London Society Journal. Au fondement de cette militarisation de l’espace urbain, la défiance des institutions de sécurité envers les villes, perçues comme lieux de tous les dangers. La capitale anglaise, championne mondiale de la vidéosurveillance, est aux avant-postes du phénomène. En pure perte, selon Graham, car les caméras ne sont d’aucune utilité pour prévenir un attentat : il a fallu trois mois pour réunir l’enregistrement complet des attaques de juillet 2007.

01/05/2012 - Books

 

La guerre est entrée dans la ville. Le saviez-vous ? Géographe à l'université de Newcastle en Angleterre, l'auteur attire notre attention sur un phénomène historiquement insidieux (Algérie, Irlande, Israël, Bosnie, Iraq, Syrie...): des armées régulières employées pour venir faire en ville une police discrète (plan Vigipirate) ou brutale (Iraq). La mondialisation est e marche: voici une pertinente analyse de l'une de ses plus inquiétantes facettes...

01/07/2012 - Pour la science

 

Les métropoles sont devenues de véritables champs de bataille. Pour anticiper et repérer les comportements qui viennent troubler la quiétude des grandes agglomérations, on recourt désormais à une armée d’outils high-tech. Stephen Graham, professeur de géographie à l’université de Newcastle, décrypte « l’extension des notions militaires de pistage, d’identification et de repérage aux espaces et aux déplacements de la vie quotidienne ». Dans Le Son comme arme, publié l’an dernier aux éditions La Découverte, Juliette Volcler pointait déjà une gestion militarisée des espaces publics. Elle montrait que le son permettait de tirer les ennemis irakiens des grottes dans lesquelles ils se cachaient, comme de nettoyer les quais de gare des « jeunes » jugés perturbateurs. Quant à Stephen Graham, il ne cause pas acoustique, mais GPS, puces RFID, passeport biométrique, dirigeables de surveillance, essaims de nano-capteurs… Des technologies au service d’une « militarisation insidieuse de la vie urbaine ». Ainsi, les checkpoints ne sont plus l’apanage des frontières nationales, mais on en trouve également dans les aéroports, les terminaux Internet ou les grandes gares ferroviaires.Lorsque Israël déclenche l’opération « Bouclier défensif », elle expérimente une nouvelle technique de guerre qui inspirera l’armée américaine. De fait, Gaza a acquis le statut de laboratoire pour tester des techniques « de contrôle urbain, de pacification et de guerre anti-insurrectionnelle, sans occupation militaire ». Israël fait figure de modèle dans le domaine. Même les restaurants haut de gamme possèdent des détecteurs de métaux et des capteurs d’explosifs à l’entrée. Ou comment développer le sentiment d’insécurité…

01/07/2012 - Marion Rousset - Regards

 

Stephen Graham analyse les rapports entre villes, technologies et infrastructures dans nos sociétés capitalistes tellement soucieuses du « danger ». Inquiétant.

19/07/2012 - Olivier Doubre - Politis

 

L’urbanisation de la planète donne lieu d’ordinaire à de multiples conjectures, mais aucune n’envisage que, le monde demeurant ce qu’il est, c’est-à-dire capitaliste, elle pourrait s’accompagner d’une intensification de la lutte des classes, voire d’une guerre sociale ouverte ou larvée. Pourtant, les spécialistes chargés d’élaborer de nouvelles stratégies de maintien de l’ordre dans les métropoles estiment que celles-ci constitueront les principaux terrains d’engagement dans les guerres futures, baptisées par eux « de la quatrième génération ». D’innombrables dispositifs high-tech de surveillance et de neutralisation sont mis en place pour contrer un ennemi d’autant plus omniprésent et insaisissable qu’il tend à se confondre avec l’ensemble des citadins eux-mêmes, chacun étant considéré comme un insurgé potentiel, voire un terroriste en puissance. Ce qui ressort de cet ouvrage magistral d’un géographe urbain anglais radical, c’est que, si « révolution urbaine » il devait y avoir, ce serait un massacre en bonne et due forme — fût-elle sophistiquée.

01/08/2012 - Jean-Pierre Garnier - Le Monde Diplomatique

 

Les guerres se jouent en ville. A Gaza, Bagdad, Beyrouth… Les armées américaine, britannique et israélienne ont donc adapté leurs stratégies et leur matériel aux conflits néocolonialistes, selon le géographe britannique Stephen Graham. Au nom de la lutte contre le terrorisme, ces guerres asymétriques, souvent « préventives », utilisent parfois sans vergogne l’« urbicide » – la destruction délibérée des villes.

01/01/2013 - Simon Barthélémy - Terra Eco

 

 
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