Mohammed Harbi, né en 1933 à El-Arrouch, est aujourd’hui le meilleur historien de l’Algérie contemporaine : ses nombreux travaux, comme ses prises de position publiques, sont autant de références incontournables. Mais il a été aussi un combattant de la première heure pour la libération de son pays, et il a joué un rôle important dans les premières années de l’indépendance, épisodes sur lesquels il était toujours resté très discret. C’est pourquoi ce premier tome de ses mémoires, attendues depuis plusieurs années, constitue un livre-événement : à la fois chronique subjective de la vie d’un « homme debout » et étude historique rigoureuse, il est nourri de documents et de témoignages inédits qui lèvent le voile sur bien des secrets. Dans ce récit plein de vie et chaleureux, M. Harbi évoque ses engagements d’adolescent dans les années quarante et son apprentissage politique. Sans perdre sa distance critique d’historien, il retrace la mobilisation des jeunes lycéens dans le MTLD, puis l’épopée de la Fédération de France du FLN pendant la guerre de libération – sur laquelle il apporte des révélations qui surprendront. Viennent ensuite la Tunisie du GPRA, avec ses conflits internes, puis Le Caire, la Guinée, et enfin l’année 1962 à Alger, où s’achève une odyssée et où commence une autre qui ira de l’illusion lyrique à la fermeture autoritaire. Par la force du témoignage, par les secrets douloureux d’une période historique décisive qu’il révèle, ce livre apporte un éclairage unique pour comprendre l’extraordinaire complexité de la société algérienne, et les drames qui la déchirent aujourd’hui.
« Un tel livre sera indispensable à ceux qui voudront comprendre, aussi,
l’Algérie d’aujourd’hui, ses heurts et ses malheurs. Sa construction nationale
et ses espoirs aussi. »
LE MONDE
« Un livre parfois austère, mais nécessaire pour connaître les ressorts
cachés d'une histoire incroyablement complexe et toujours brûlante. »
LIBÉRATION
« On l’a compris : Une vie debout est un grand livre. Un livre vrai.
Écrit sans la moindre rancœur. Avec toute la sérénité qu’exige le métier
d’historien. Avec, aussi cet aristocratisme de l’esprit, du cœur et du style qui
font de Mohammed Harbi l’un des analystes les plus brillants de la guerre
d’Algérie. »
LE MONDE DIPLOMATIQUE
« Fidèle a sa réputation d’historien de l’Algérie contemporaine, il livre une
multitudes de détails et d’observations, avec une grande honnêteté
intellectuelle qui n’évite ni le questionnement ni l’autocritique. »
TÉLÉRAMA
« Ce grand livre de mémoires permet d’aller au cœur d’une question décisive,
celle de la conception d’un nationalisme à base d’expériences messianiques, de
croyances en la pureté d’un peuple unanime, et son évolution autoritaire durant
la guerre d’indépendance. Toute la force de cet ouvrage est d’explorer le poids
du code des traditions au moment précis où il est transgressé par l’engagement
nationaliste révolutionnaire. On attend la suite des mémoires de Mohammed Harbi,
sur l’après - indépendance, impatiemment. »
POLITIS
« Un observateur en première ligne, toujours armé de son indépendance
d’esprit et de son sens critique, mais à même de raconter de l’intérieur ce
qu’il a vu et ressenti, sans se sentir obligé de justifier quoi que ce soit […].
Il est le premier à lever le voile de l’intérieur. Mais en même temps, il le
fait sur le ton du militant convaincu. Par delà les règlements de comptes
habituels dans ce domaine, il montre l’arrière-plan social et culturel algérien,
et aide ainsi à comprendre la situation en profondeur, surtout pour ceux qui ont
découvert l’Algérie dans les années 1990 […]. Il faut lire et relire ces pages
si instructives pour qui veut comprendre l’Algérie, et attendre avec impatience
la suite, car ces mémoires s’interrompent en 1962... »
ESPRIT
« Sous forme d’une discrète autobiographie, [Mohammed Harbi] apporte ici des
informations inédites sur le déroulement des évènements, depuis les violences de
Constantine, en 1945, jusqu’à la déclaration d’indépendance, en 1962. Le regard
qu’il porte sur ces évènements est celui d’un homme debout, qui ne s’est
jamais laissé inféoder, qui entend faire un travail rigoureux d’historien et non
pas une présentation conventionnelle et idyllique de la révolution algérienne
[…]. Il fait un sort définitif à bien des représentations colportées
habituellement des deux cotés de la Méditerranée […]. Mohammed Harbi laisse ici
une somme d’observations qui resteront indispensables à tous ceux qui voudront
connaître et comprendre cette période si complexe de l’histoire
franco-algérienne. »
ÉTUDES
« Mohamed Harbi réussi là un pari difficile, non seulement en restituant les
articulations de la vie politique algérienne, mais en nous faisant plonger aussi
dans le quotidien de la vie sociale […]. Un livre décisif pour comprendre
l’Algérie contemporaine, en attendant le deuxième tome. »
REGARDS
« Mohammed Harbi sait bien ce qui sera reproché à son livre, - défaut qui est
une qualité. On me l’avait souvent répété : tu cherches toujours les
histoires. Et voici l’antidote : Je m’interrogeais sur moi-même. Ses
mémoires nous permettent de nous interroger avec lui. Et au delà des péripéties,
des déboires et des démêlés de Mohammed Harbi, des suspicions, des provocations,
bientôt des prisons, il y a l’histoire tumultueuse et glorieuse d’une
décolonisation difficile, dont Harbi fût un acteur-témoin privilégié […]. Et on
ne trouvera guère plus enrichissant et plus stimulant que les pages consacrées
par Harbi aux problèmes du mouvement étudiant algérien, à ceux de la Fédération
de France du FLN, aux problèmes de la diplomatie du FLN. »
LA QUINZAINE LITTÉRAIRE
« À la description soignée des lieux
où il a vécu, [Mohammed Harbi] ajoute le portrait des hommes et des femmes, aux
destins souvent tragiques, qui ont jalonné son parcours. Tue avec pudeur, la
souffrance d'une vie, consacrée au combat et régulièrement confrontée à la
répression française ou aux éliminations entre nationalistes, se lit entre les
lignes. L'exercice n'a pas dû être facile. »
XXe SIÈCLE
PRESSE