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Une histoire du rap en France

Karim HAMMOU

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Une histoire du rap en France - Karim HAMMOU
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Lorsque rap et hip-hop apparaissent en France au tournant des années 1980, nombreux sont ceux qui n’y voient qu’un phénomène éphémère. Trente ans plus tard, ce genre musical est non seulement bien vivant, mais il fait durablement partie des industries musicales, et la scène rap française est même l’une des plus visibles au niveau international.
Comment le rap est-il né en France et comment s’est-il développé ? Qui a tiré profit de la commercialisation de ses chansons ? Pourquoi ce genre musical est-il si étroitement associé aux banlieues ? Qui sont les artistes qui l’ont promu, et en s’appuyant sur quelles ressources ? Pourquoi continue-t-il régulièrement à déchaîner les passions ?
Émaillé de nombreux entretiens réalisés auprès de rappeurs, de DJ, d’animateurs, de professionnels de l’industrie du disque, etc., ce livre décrit comment l’émergence et l’inscription durable du rap en France ont été possibles. En s’intéressant aux artistes, mais aussi amateurs, en circulant des MJC des quartiers populaires aux bancs de l’Assemblée nationale, en observant les plateaux de télévision et les radios locales, Karim Hammou montre comment s’est imposée en France une nouvelle spécialité artistique, fondée sur une forme d’interprétation originale, ni parlée ni chantée : rappée.
Introduction
Pourquoi écrire une histoire ?
Une enquête guidée par des disques
Les métamorphoses du rap en France
I / 1981-1991
1. Les débuts du rap en France, d'Annie Cordy à Dee Nasty

Les industries musicales au tournant des années 1980
Le destin d’une insulte sur disque - « Chacun fait (c’qui lui plaît) » : un polar musical ? - Sidney et l’émission H.I.P. H.O.P. : l’ambivalence d’un « phénomène »
Du rap dans la « varièt’ »
Quand Annie Cordy smurfe (et rappe) - Phil Barney, itinéraire d’un touche-à-tout - Dee Nasty, de la radio au disque
2. Une nouvelle spécialité artistique : être rappeur
Des amateurs de musiques atypiques
Foisonnement musical - Aimer le rap au début des années 1980, à Marseille… - … à Lyon, ou à Lausanne - Les DJ, ou l’art du son hip-hop
L’émergence d’une scène rap parisienne
Des boîtes de nuit pour les « refusés » - Des lieux de danse alternatifs - Quelle langue pour le rap en France ? - Le rap, underground et branché avec Actuel et Radio Nova ? - Au cœur du milieu rap parisien - Le Deenastyle
3. Rap et banlieue : le thème imposé
Quand le rap devient symptôme de problèmes publics
Sous les tags, le travail précaire - Zoulous, casseurs et émeutiers : une même explication ?
Une nouvelle tâche assignée aux rappeurs : porter l’altérité
Musique de soi, musiques des autres - Entre médiation et dérision
Le malentendu de la responsabilité minoritaire
Le rap défini par le groupe majoritaire - Négocier un vocabulaire commun
II / 1991-1998
4. Comment transformer les rappeurs en marchandises

Mettre de l’eau dans son vin
Les rappeurs parisiens face aux majors - Benny B, ou comment faire du faux avec du vrai

Le pari des majors sur la scène du Deenastyle
Créer des stars du rap francophone - Comment vendre Lionel D… et ne pas vendre NTM ? - Des DJ et des MC dans l’industrie du disque
Le rap français, une simple mode ?
Une musique « pas assez mélodique » pour les radios - Lorsque l’émission Là-bas si j’y suis s’intéresse au rap - La fin du « temps du pari » pour les majors
5. Le rap comme levier d'action sur les classes populaires
La mise en politiques publiques du rap
Le rap comme art, comme métier, comme loisir - La reconnaissance ostentatoire du ministre de la Culture - Les usages locaux du rap : prévention, intégration, insertion
L’appropriation du rap par une jeunesse masculine précarisée
À qui appartiennent les espaces publics urbains ? - La redistribution des illégalismes populaires au tournant des années 1990 - L’ancrage du rap dans les quartiers de la politique de la ville - « Kartier de fous »
6. Une nouvelle génération de rappeurs en France
Labels indépendants, associations… : armer un lieu propre
Unik Records, Jimmy Jay Productions : passer de la tactique à la stratégie - La multiplication d’initiatives marchandes vouées au rap - Sound Musical School B. Vice : inscrire le hip-hop dans le paysage associatif de Marseille - Une offre discographique qui échappe au contrôle des majors
L’émergence d’une deuxième génération clivée
De l’ère des MC à celle des rappeurs - La radiodiffusion, privilège de la deuxième génération produite en majors - Rap cool, rap hardcore : la construction d’un clivage moral « Reste underground »
7. D’une scène clivée à un monde commun
Le goût des pairs contre celui des employeurs
Circulations des œuvres, circulation des artistes - Le featuring comme technique commerciale d’authentification - Quand les aînés apprennent des cadets - La perte de confiance des majors dans les artistes recrutés de 1994 à 1997
Une nouvelle façon de « développer » des artistes
Le nouveau format de Skyrock : « Premier sur le rap » - L’appui sur une expertise interne au monde du rap
III / 1998-2010
8. « Rap game »

Un marketing de la marge
Une radio pour la « culture multicolore » ? - Quand la presse magazine revendique sa « crédibilité rap » -L’art de « vendre la rue »
Les règles d’un commerce musical
La pérennité relative d’une entreprise collective - Deux candidats au succès dans le «rap game » - Majors et indépendants : une double médiation vers le grand public - Le parcours de Donkichoc, ou la discographie comme droit d’entrée - Le souci de crédibilité d’un « petit mec tranquille »
9. Ce que l'on doit à la rue
De quelles normes la rue est-elle le garant ?
La rue contre le professionalisme ? - Avoir faim ou être gavé - La rue et l’underground
Faire exister le rap, faire exister les rappeurs

La frontière mouvante entre la « rue » et le « biz » - «Street crédibilité » et maintien dans la carrière
Épilogue. L'illégitimité paradoxale du rap dans les années 2000
Rap et R&B au cœur des transformations du paysage musical en France
Le monde du rap à l’épreuve d’une double crise - Du nouveau sur les ondes radios : la fin de l’hégémonie pop-rock - Des rappeurs qui font plus que rapper
La pénalisation politique du rap en France
Accusations virulentes contre paroles violentes : une étrange surenchère politique - L’audience croissante d’une croisade morale nationaliste
Remerciements
Postface, par Howard S. Becker
Postface à l'édition de 2014, par Karim Hammou
Notes
Index.
C'est une somme que ce sociologue, par ailleurs animateur d'un blog reconnu (surunsonrap.hypotheses.org), livre au lecteur féru d'histoire des musiques. Revenant sur un mouvement artistique récent, fortement marqué par son évolution vers le business, l'argent facile et des recettes vite éculées, il s'intéresse surtout sur les circonstances et les réseaux (MJC, radions...) qui ont permis son ancrage dans le paysage musical français. Sa place dans les musiques populaires s'est affirmée et le rap est même devenu un enjeu dans le débat politique. L'analyse est fine, le contenu riche et les références nombreuses et documentées. L'ouvrage de Karim Hammou fait déjà office de référence.

01/12/2012 - La Scène

 

Sociologue, membre associé au centre Norbert-Elias (Marseille), Karim Hammou publie Une histoire du rap en France, livre issu des enquêtes qu'il a menées pour sa thèse de doctorat.

07/12/2012 - Jean Birnbaum - Le Monde des livres

 

En préambule, osons une réserve: l’ouvrage Une histoire du rap en France est mal titré. Non pas que son auteur, l’universitaire Karim Hammou, ait négligé la dimension générationnelle de son sujet, le livre étant chapitré en plusieurs périodes charnières. Mais plutôt parce qu’il occulte la dimension romanesque que ce sociologue français, membre associé au Centre Norbert Elias de Marseille, donne au rap, genre musical venu des États-Unis au début des années 80, passé par tant de critiques comme d’éloges, tantôt vilipendé pour son nihilisme, ou célébré comme une expression artistique légitime à la «capacité supposée de lutter contre l’exclusion, les inégalités sociales ou culturelles». S’inscrivant dans la lignée de l’Américain Howard Becker, auteur des Mondes de l’art en 2006 et qui signe ici la postface, Karim Hammou voit le rap comme un vaste corps poreux, pénétré par des quantités d’individus (hommes politiques, maisons de disques, célébrités, acteurs sociaux, journalistes, populations immigrées). Les balbutiements de Chacun fait (c’qui lui plaît), les incursions dans la variété (où l’on apprend qu’Annie Cordy a été quasi-précurseure…), les signatures de rappeurs par les majors, la reconnaissance d’un public spécifique, les conflits entre ancienne et nouvelle génération: tout est ici synthétisé, transformant le rap en objet de sciences humaines. Mais aussi en un nœud d’intrigues propre à la trame d’un authentique « polar musical ».

08/12/2012 - Clément Ghys - Next

 

Dans son Histoire du rap en France, le sociologue Karim Hammou revient sur l'essor d'un courant musical d'abord porté par les boîtes de nuit, les radios libres et l'appétit des maisons de disques, au début des années 1980. Les institutions et les grands médias s'y intéressent - non sans malentendus au départ - comme à une fenêtre sur un monde étranger et fantasmé. Celui du tag et de la "banlieue", qui bascule au tournant des années 1990 vers les questions sociales.

13/12/2012 - Politis

 

Même si les victoires de la musique s’acharnent à le cantonner à une catégorie «musiques urbaines» d’année en année, le rap s’est profondément fondu dans la musique et dans la culture française depuis plus de deux décennies. Dans Une histoire du rap français, le sociologue Karim Hammou, membre associé du centre Norbert-Elias de l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Marseille, interroge ses spécificités, ses relations tumultueuses avec les médias et les stratégies des maisons de disques. Il ajoute ainsi une pierre essentielle à l’inventaire en cours du rap hexagonal, et en particulier de ses foisonnantes années 90.

24/12/2012 - Damien Dolé et Sophian Fanen - Libération

 

Le meilleur ouvrage sociologique consacré au rap français.

02/10/2013 - Les dossiers du Canard Enchaîné

 

Le jeune sociologue marseillais offre un ouvrage qui fait date.

01/12/2013 - Internantional Hip Hop

 

En révélant la manière spécifique dont on a stigmatisé le rap en France, Karim Hammou bouleverse l’approche sociologique du genre et renouvelle l’étude du phénomène. Son archéologie, qui envisage le rap comme une forme artistique vivante et ancrée dans le social, ébrèche au passage certains mythes fondateurs.

14/02/2013 - Cyril Vettorato - La vie des idées

 

 
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