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Catalogue / Communication / Une histoire de la modernité sonore     

Une histoire de la modernité sonore

Jonathan STERNE

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« Il vous faut un casque audio » : ce slogan publicitaire du début du XXe siècle n’a rien perdu de son actualité. S’isoler dans un monde de sons, prêter attention aux détails acoustiques, rechercher la haute fidélité sonore, communiquer à distance et construire un réseau social… ces pratiques s’enracinent dans un ensemble de transformations intervenues au tournant du XIXe alors que gramophone, stéthoscope, téléphone et autres dispositifs d’écoute deviennent les protagonistes d’une histoire passionnante, celle de notre culture sonore.
Jonathan Sterne s’intéresse aussi bien aux anthropologues collectant des chants indigènes qu’aux auditeurs occidentaux surpris par les voix des morts. Son ambition est de rendre compte de l’importance de l’histoire du son dans tous les aspects de la « modernité » : l’évolution des sciences, la mutation de la médecine, la popularisation des techniques et des médias, l’essor concomitant du capitalisme et du colonialisme, les nouvelles formes de pouvoir collectif et entrepreneurial. Une histoire de la modernité sonore propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d’une culture de l’audition à une culture de la vision. Livre fondateur des sound studies, il est d’ores et déjà considéré comme une référence dans ce domaine émergent.
Introduction
Écrire l'histoire du son
Qu'est-ce que la reproduction sonore ?
1. Des machines capables d’entendre à leur place
Délégation, synesthésie et visibilité du son
Otologie, physiologie et ontologie sociale
Diaphragmes, organes vocaux et machines sonores
De l'oreille à la machine et vice et versa : la possibilité de la reproduction sonore
2. Techniques d’écoute
Auscultation médiate et culture acoustique en médecine
De l’auscultation médiate : fondements sociaux et philosophiques d’une technique
Changements de régimes dans le savoir médical
Les sons comme signes
3. Technique, culture et médias
La télégraphie : « ancienne et moderne »
Brève histoire de la culture du casque audio
4. Plasticité sonore et modernité
Gestations masculines
Le son comme problème industriel
Expérimentations médiatiques
Usages sociaux de la technologie
Plasticité, vie privée et espace public
Bureaucratie, capacité d’agir, nationalité
Les médias précèdent les technologies
5. Les origines sociales de la fidélité sonore
Cartographier la reproduction sonore : du studio au réseau
L’artifice de l’authenticité
L’esthétique fonctionnelle et la reproduction comme fait
La fidélité et l’extension de l’audition pure
Faire confiance à la machine
Des vérités aléatoires
Enfin la fidélité véritable
La confiance rompue
6. Une tombe résonnante
Mieux entendre grâce à la chimie
La voix de son maître
Messages pour le futur
Les voix des cultures à l’agonie : audio-ethnographie et ethos de conservation
La permanence comme projet
Conclusion. L’écoute du futur
Remerciements.



Cet ouvrage fondateur, paru aux Etats-Unis en 2003, est enfin traduit en français. Jusque là les historiens croyaient que la vue avait été le sens dominant de la modernité. Pour Sterne, ce primat de la vision n’est qu’une vue de l’esprit. La révolution industrielle a créé son univers sonore propre, forgé par des technologies nouvelles : phonographes, gramophones, stéthoscopes, casques audio, télégraphes électriques, radio… Autant d’innovations qui sont aussi des phénomènes sociaux, créateurs de liens dans une société individualiste.

01/11/2015 - Le Point

 

Une histoire de la modernité sonore propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d’une culture de l’audition à une culture de la vision.

01/10/2015 - Echo bruit

 

Jonathan Sterne, innove, en créant un courant de pensée : les "sound studies". Son livre deploie une politique du son, et montre l'actuelle réorganisation sociale et culturelle de l'écoute.

04/01/2016 - Aliocha Wald Lasowski - l'Humanité

 

Son travail, foisonnant et passionnant, fait tout voir autrement – pardon… tout entendre d’une autre oreille. On y trouve au premier regard une histoire érudite des techniques d’enregistrement et de restitution des sons.(…). Mais l’intention et les résultats de cette recherche sont bien plus vastes, et plus intéressants, que la reconstitution d’une saga -technologique.
Tout au long de son enquête – considérée, depuis sa parution, en 2003, comme fondatrice des sound studies –, Jonathan Sterne, professeur à l’université McGill (Montréal), insiste en effet sur deux points cruciaux. En premier lieu, il montre combien les innovations techniques ne sont pas d’origine technique. Elles sont tributaires des tendances, des tensions, des mutations à l’œuvre dans la culture, dans les idées, dans les sensibilités sociales. En second lieu, cette enquête – « volontairement spéculative » – est au fond philosophique plus encore qu’historienne. Jonathan Sterne ne cesse de démonter les fausses évidences qui réduisent les sons à des invariants physiques, des données corporelles, des considérations éternelles. Le son se révèle culturel, historique, construit – plutôt que naturel, ¬factuel, immuable.

17/09/2015 - Roger-Pol Droit - Le Monde des Livres

 

 
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