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Catalogue / Écologie et environnement / Une autre histoire des « Trente Glorieuses »     

Une autre histoire des « Trente Glorieuses »
Modernisation, contestations et pollutions dans la France d'après-guerre

Céline PESSIS, Sezin TOPÇU, Christophe BONNEUIL

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Une autre histoire des « Trente Glorieuses »
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Comme était doux le temps des « Trente Glorieuses » ! La démocratisation de la voiture et de la viande ! L’électroménager libérant la femme ! La mécanisation agricole éradiquant la famine ! La Troisième Guerre mondiale évitée et la grandeur nationale restaurée grâce à la dissuasion nucléaire ! Etc. Telle est aujourd’hui la vision dominante de cette période d’« expansion », objet d’une profonde nostalgie passéiste… au risque de l’aveuglement sur les racines de la crise contemporaine.
À rebours d’une histoire consensuelle de la modernisation, cet ouvrage dévoile l’autre face, noire, du rouleau compresseur de la « modernité » et du « progrès », qui tout à la fois créa et rendit invisibles ses victimes : les irradié.e.s des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie, les ouvrier.ère.s de l’amiante ou des mines d’uranium contaminé.e.s, les rivières irrémédiablement polluées, les cerveaux colonisés par les mots d’ordre de la « croissance » et de la publicité…
Les conséquences sociales et environnementales des prétendues « Trente Glorieuses », de leur mythologie savamment construite par les « modernisateurs » eux-mêmes, de leurs choix technico-économiques et de leurs modes de vie, se révèlent aujourd’hui très lourdes. Il nous faut donc réévaluer la période et faire resurgir la voix des vaincu.e.s et des critiques du « progrès » (de l’atome, des pollutions, du productivisme et du consumérisme) antérieures à 1968. L’enjeu est non seulement de démonter les stratégies qui permirent alors de les contourner, mais aussi de les réinscrire dans les combats politiques et écologiques contemporains.

Introduction. Pour en finir avec les « Trente Glorieuses », par Christophe Bonneuil, Céline Pessis et Sezin Topçu
I / De la geste modernisatrice
Les « Trente Ravageuses » ? : L'impact environnemental et sanitaire des décennies de haute croissance, par Christophe Bonneuil et Stéphane Frioux
L’histoire et l’idéologie productiviste : les récits de la \" révolution industrielle après 1945, par Jean-Baptiste Fressoz et François Jarrige
Jean Fourastié, apôtre de la productivité : dire et administrer le progrès, par Régis Boulat
La pollution de l’air, un mal nécessaire ? : la gestion du problème durant les \"Trente Glorieuses\", par Stéphane Frioux
Le Grand Paris sous la tutelle des aménageurs ? : planification des usages, critiques et résistances dans les années 1960, par Loïc Vadelorge
La machine au secours de l’Empire colonial ? : la mécanisation de l'agriculture et ses détracteurs en Afrique tropicale française, par Céline Pessis
L’Empire nucléaire : les silences des \"Trente Glorieuses\", par Gabrielle Hecht
II / Des résistances au « progrès » et de l’art de les marginaliser
Atome, gloire et désenchantement : résister à la France atomique avant 1968, par Sezin Topçu
Pollution des rivières : mesurer pour démoraliser les contestations : des plaintes des pêcheurs aux chiffres des experts, par Gabrielle Bouleau
Les germes de la préoccupation environnementale dans le mouvement syndical : sur les rapports entre syndicalismet et productivisme, par Renaud Bécot
Les situationnistes face à la modernité technique et au capitalisme : une avant-garde entre romantisme et modernité, par Patrick Marcolini
La critique de la vie quotidienne, Barthzq, Lefebvre et la culture consumériste, par Kristin Ross
Charbonneau et Ellul, dissidents du « progrès » : critiquer la technique face à un milieu chrétien gagné à la modernité, par Christian Roy


mardi 19 novembre 2013



 
Glorifiée dans les manuels scolaires et objet d'une nostalgie entretenue par les baby-boomers, la période 1945-1973 ne serait pas si merveilleuse que ça. Dans Une autre histoire des Trente Glorieuses, Christophe Bonneuil et ses collègues offrent une éclairante relecture de ce mythe d'après-guerre.

01/07/2013 - Nicolas Santolaria - Technikart

 

Glorieuses ? Ravageuses plutôt ! Des historiens et des sociologues reviennent sur la période 1945-1975 avec une vision décapante: pollution, abondance consumériste, modernisation trompeuse, machinisme, etc. la France des années croissance fut aussi celle des années nuisances. Au progrès de Fourastié, ils opposent Elul, Barjavel ou... Tati.

22/08/2013 - Laurent Lemire - Le Nouvel Observateur

 

Une nostalgie semble parfois hanter la France : celle des "trente glorieuses". Si l'Hexagone connut un âge d'or, celui-ci remonte, pour beaucoup, à la période allant de l'après-guerre à 1973 : ne s'agissait-il pas d'une ère prospère de croissance forte et continue, de plein-emploi et de protection sociale optimale ? Les célébrations du passé sont souvent des idéalisations : en matière de conditions de travail, d'égalité, d'Etat social ou de démocratie, les "trente glorieuses" ne furent pas aussi roses. Du point de vue écologique, elles virèrent même au noir. C'est une des vertus d'Une autre histoire des "trente glorieuses" que de rappeler ce dernier point. Il n'est d'ailleurs pas anodin qu'il soit porté par une nouvelle génération de chercheurs soucieux de renouveler l'histoire environnementale, dans une ambition à la fois scientifique et militante.

13/09/2013 - Serge Audier - Le Monde des Livres

 

Alors que le vent de la nostalgie embellit des "Trente Glorieuses", voici un livre qui met en pièces cette période. Du colonialisme aux atteintes à l'environnement, en passant par les essais nucléaires français, les auteurs dessinent un portrait désastreux de cette période. L'ouvrage s'ouvre d'ailleurs sur un aveu: "Pour en finir avec les Trente Glorieuses". Ce réquisitoire à contre-courant est destiné à montrer combien l'insouciance tant vantée de cette époque a couvert bien des drames.

16/09/2013 - L'Alsace

 

Cette "autre histoire", alternative au récit enchanté de l'accès consensuel à la prospérité dans l'après-guerre, décrit tout d'abord les dégâts du progrès. Morts de l'amiante, de la silicose ou des accidents de la route, accumulation des déchets, gaspillage des énergies fossiles, pollution de l'air…, ces trois décennies sont repeintes en "Trente Ravageuses". Les auteurs, trois historiens spécialistes des sciences et de l'écologie, ne s'en tiennent pas aux bornes chronologiques et géographiques habituelles. Ils relisent la période à travers ses conséquences de long terme, qu'il s'agisse des déchets radioactifs laissés aux générations futures, des effets des radiations en Afrique ou des molécules de synthèse sur l'organisme des agriculteurs. Cet ouvrage à la fois synthétique et original déconstruit la fabrication du mythe des Trente Glorieuses. Il dévoile comment ses architectes l'ont façonné, tel l'ingénieur Jean Fourastié ; comment ses détracteurs, bien présents même avant 1968 à l'instar de Bernard Charbonneau, de Jacques Ellul, des situationnistes ou de simples pêcheurs de rivières, ont été réduits au silence, et comment il s'est décliné dans des domaines aussi divers que l'aménagement du Grand Paris ou l'expansion coloniale.

01/10/2013 - Manuel Domergue - Alternatives économiques

 

Proposer une nouvelle histoire de la France d’après-guerre, débarrassée du mythe des « trente glorieuses », expression inventée par Jean Fourastié en 1979 et « paresseusement reconduite » depuis des décennies : telle est l’ambitieuse intention des auteurs ayant contribué à cet ouvrage. Au « silence » de J. Fourastié évoquant une « révolution invisible de 1946 à 1975 », ils opposent « le bruit assourdissant des essais nucléaires et des chaînes de montage », ou encore « la clameur des manifestations paysannes de 1953-1954 et de 1959-1966 ». Au-delà des visions « étroitement économiques » de la croissance, les auteurs cherchent ici à réintégrer dans le récit historique les externalités négatives du modèle de développement adopté après 1945. Christophe Bonneuil et Stéphane Frioux, dans un chapitre intitulé « Les trente ravageuses ? », relèvent ainsi comment, au regard des problèmes planétaires d’aujourd’hui, on pourrait lire la période comme celle d’une suite d’erreurs de décision, aux conséquences profondes sur l’environnement et le devenir humain. Et la critique de l’époque était bien présente avant même 1968 : les auteurs mettent en avant les voix dissidentes d’artistes, d’intellectuels, de militants syndicaux, chrétiens ou libertaires, qui furent selon eux étouffées. Ils montrent comment certaines critiques du progrès furent rangées au rayon du joyeux folklore, et d’autres assimilées à des jérémiades conservatrices, nostalgiques de Vichy ou du Moyen Âge. Cette Autre histoire des trente glorieuses révise notre regard sur une période qui passe souvent pour un âge d’or et donne une leçon d’écriture de l’histoire, laquelle n’échappe jamais au regard du temps présent.

01/10/2013 - Marie Déchamps - Sciences Humaines

 

Les manuels scolaires qualifient de "Glorieuses" les trois décennies de l'après-Hiroshima et de l'avant-choc pétrolier. Selon les récits nostalgiques, la France aurait alors baigné dans le bonheur de la croissance. Toute la société avide de consommer goûtait à une prospérité nouvelle et communiait dans la joie de vivre offerte par la 2CV. Une autre histoire des "Trente Glorieuses"vient ébrécher cette représentation aussi lisse et souriante qu'une publicité. En s'attardant sur d'autres indicateurs que le taux d'équipement en réfrigérateurs ou la hausse de la productivité, les auteurs préfèrent qualifier de "Pollueuses" ou de "Ravageuses" ces trente années de glorieuse destruction. Ils démontent les discours dominants des sciences sociales sur cette période et évoquent les résistances oubliées à la "modernisation". Ce regard dissident vient ouvrir une brèche - à approfondir - dans une histoire écrite par les propagandistes du progrès à tombeau ouvert.

01/10/2013 - La Décroissance

 

Certains mythes tenaces, comme celui des «Trente Glorieuses», méritent déconstruction estiment Céline Pessis et ses coauteurs qui considèrent que les trois décennies d’après 1945 devraient plutôt être qualifiées de «Trente Ravageuses» ou de «Trente Dangereuses». Les pays développés ont certes connu une croissance économique exceptionnelle et une augmentation considérable des niveaux de vie, mais la contrepartie fut des dommages sans précédents, abondamment décrits, et l’exploitation destructrice d’une nature alors considérée par les modernisateurs comme un cadre extérieur «sans fin et sans fond».

10/10/2013 - Jean-Yves Grenier - Libération

 

Cet ouvrage est salutaire. Il ouvre courageusement ce chantier d'une histoire de la société française qui intègre les dimensions écologique, climatique, énergétique, et attribue aux pensées critiques et aux mouvements alternatifs la place qui leur revient. Merci aux auteurs, en espérant qu'ils poursuivent leur exploration du passé proche mondial et pas seulement franco-français.

01/12/2013 - Thierry Paquot - Esprit

 

Une quinzaine d’historiens et d’historiennes de diverses disciplines, français et étrangers, s’attaquent au mythe connu sous le nom que lui donna Jean Fourastié : les « Trente glorieuses ». Ces trois décennies allant de 1945 à 1975 furent placées sous le patronage de la modernisation, d’abord agricole, puis industrielle, sur fond d’énergie atomique, de pétrole bon-marché, de décolonisation et de programmes ambitieux sous la houlette de hauts fonctionnaires innovants. Les études rassemblées ici font davantage que nuancer le jugement global positif porté jusqu’à nos jours (souvent avec nostalgie) sur cette période ; elles s’attaquent d’abord à la réalité de la croissance économique (qui se limite pratiquement à vingt ans – de 1955 à 1975) et aux effets écologiques et sociaux induits (occultés par le mythe). Mais le plus intéressant est certainement la mise au jour des mouvements d’opinions critiques de cette modernité. Le traitement des courants chrétiens est particulièrement bien vu : à côté de l’Action catholique qui épouse sans réticences la modernité, se font jour des penseurs chrétiens, et non des moindres (Ellul, Charbonneau, Bernanos et surtout Gabriel Marcel) qui dénoncèrent les dangers de cette idéologie new-look du progrès par la technique. [...] Au final l’ouvrage reflète une recherche sérieuse en sciences historiques, recherche austère, dense, argumentée, et qui éclaire d’une lumière renouvelée une page centrale de l’histoire de la France contemporaine.

01/12/2013 - Etienne Perrot - Etudes

 

Croissance et progrès scientifiques ont alimenté la prospérité de la France entre 1945 et 1975. Les Trente Glorieuses apparaissent comme un mythe indéboulonnable. Ce modèle de société industrielle et technologique permet le développement de la civilisation des loisirs et de la consommation. Des politiciens de gauche et d’extrême gauche aux intellectuels, un regard émerveillé est porté sur ce modèle fordiste de production industrielle et de consommation de masse.

Dans un livre récent, des universitaires critiquent cette vision idyllique de la période des « Trente Glorieuses ». Cette expression s’impose comme une évidence. Pourtant elle est forgée par Jean Fourastié, un expert fervent partisan de la modernisation de la France considérée alors comme une « société bloquée » et engluée dans ses archaïsmes. La France rurale et vieillissante doit devenir urbaine, rajeunie et industrialisée. Pourtant cette marche consensuelle vers le productivisme, décrite dans les manuels d’histoire, se heurte à une forte contestation.

28/10/2013 - Zones subversives

 

 
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