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Nouvelle édition
Un si fragile vernis d'humanité
Banalité du mal, banalité du bien
Michel TERESTCHENKO
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Un si fragile vernis d'humanité
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Blog de l'auteur
 

On a pu espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Définitivement. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? Michel Terestchenko rouvre ici le débat, en complétant notamment la démonstration de Hannah Arendt. Héros ou salaud ? C’est toujours une décision initiale, à peine perceptible, qui décide du côté dans lequel, une fois engagé, on se retrouvera in fine.
Mais qu’est-ce qui explique cette décision ? C’est là où l’enquête de M. Terestchenko prend toute son ampleur. Elle montre combien est stérile l’opposition entre tenants de la thèse de l’égoïsme psychologique et défenseurs de l’hypothèse d’un altruisme sacrificiel. Ce n’est pas par « intérêt » que l’on tue ou que l’on torture. Ni par pur altruisme qu’on se refuse à l’abjection.
Les travaux qui analysent les phénomènes de soumission à l’autorité, de conformisme de groupe ou de passivité face à des situations de détresse, invitent à comprendre tout autrement les conduites de destructivité. Tirant les conclusions philosophiques de recherches récentes entreprises en psychologie sociale et s’appuyant sur certains exemples historiques particulièrement éclairants, l’auteur propose de penser les conduites humaines face au mal selon un nouveau paradigme : celui de l’absence ou de la présence à soi.

Introduction : D’une vision de l’homme tout bonnement fausse - I / DestructivitĂ©, passivitĂ© et absence de soi - 1. Sous l’amour-propre, la fragilitĂ© de l’identitĂ© humaine - La dĂ©nĂ©gation systĂ©matique des vertus – La critique du dĂ©sir de gloire – La dissolution de soi – Le vrai portrait de l’homme – Le dĂ©sir de reconnaissance et le théâtre de la cruautĂ© - 2. Et pourtant, le sens moral existe bien - La gĂ©nĂ©alogie de la morale d’après Bernard Mandeville – La doctrine du sens moral chez Hutcheson – Le sens moral – L’apparence de la vertu – Le paradigme de l’amour des parents – Une conception non sacrificielle de l’altruisme – La bienveillance gĂ©nĂ©rale – La notion de « gĂ©nĂ©rositĂ© restreinte » chez David Hume – L’impossible universalisation de l’éthique du sentiment moral – L’actualitĂ© de la notion de sens moral - 3. Franz Stangl, commandant du camp de Treblinka, ou l’engrenage de la dĂ©gradation - Le cas Franz Stangl – Le devoir de comprendre – La progressive corruption d’un ĂŞtre – L’affectation au programme nazi d’euthanasie – La nomination dans les camps de la mort en Pologne – Treblinka – Une conception purement abstraite de la libertĂ© – La conscience face aux actes – Un ultime mais partiel Ă©veil de la conscience – La « zone grise » – Brève comparaison entre Franz Stangl et Rudolph Höss – Le piège de la soumission – Une humanitĂ© inconsistante - 4. Des tueurs ordinaires - Les hommes du 101e bataillon de rĂ©serve – Le massacre de Jozefow – Tentative d’explication – Les massacres reprennent – Leur sort après la guerre – La soumission Ă  l’autoritĂ© – Le courage d’affronter le mĂ©pris d’autrui - 5. La soumission Ă  l’autoritĂ© - Une question dont on voudrait qu’elle n’en soit pas une – Dix-huit variantes d’une expĂ©rience cruciale – Analyse – État agentique, Ă©tat autonome – Le discours de la nĂ©cessitĂ© et l’idĂ©ologie du bien – Les dĂ©bats contemporains - 6. L’expĂ©rience de la prison de Stanford -L’institution totalitaire – La dĂ©possession de l’image de soi – La prison de Stanford – L’arrestation et la mise en dĂ©tention – Premières manifestations de rĂ©bellion – La visite des proches – Rumeur d’un projet d’évasion – La commission de libĂ©ration conditionnelle – ÉlĂ©ments de typologie – La fin prĂ©maturĂ©e de l’expĂ©rience – Analyse – Perte de l’identitĂ© propre et absence Ă  soi – Influence du « milieu » et responsabilitĂ© individuelle – Les sĂ©vices commis dans la prison d’Abou Ghraib – Le rapport d’enquĂŞte et l’analyse des causes - 7. Psychologie de la passivitĂ© humaine - L’affaire Kitty Genovese – De la fumĂ©e dans la pièce – Une femme en dĂ©tresse – Des enfants ne se battent pas ainsi – Une attaque d’épilepsie – Influence, mais non dĂ©terminisme des facteurs sociaux - II / Altruisme et prĂ©sence Ă  soi - 8. L’imposture extraordinaire de Giorgio Perlasca - Quelques indications biographiques – Le faux diplomate 9. ÉgoĂŻsme et altruisme, oĂą il est montrĂ© que la première hypothèse ne se vĂ©rifie pas - Comment attaquer la forteresse de l’égoĂŻsme psychologique ? – Trois thĂ©ories de la motivation psychologique – Le conflit des prĂ©fĂ©rences – L’empathie mise Ă  l’épreuve – La thĂ©orie de l’égoĂŻsme psychologique comme idĂ©ologie - 10. AndrĂ© TrocmĂ© et la citĂ©-refuge du Chambon-sur-Lignon - Brève biographie du pasteur AndrĂ© TrocmĂ© – Le refus de toute compromission morale – La mobilisation au secours des rĂ©fugiĂ©s juifs – « Il n’est pas d’homme qui soit juste devant Dieu » – Les motivations Ă©thiques et spirituelles du couple TrocmĂ© – Des « amateurs inspirĂ©s » – L’éthique de la vie et de la mort - 11. La personnalitĂ© altruiste - L’enquĂŞte de Samuel et Pearl Oliner – La personnalitĂ© altruiste – Typologie des motivations altruistes – Compassion et protestation – L’altruisme et la rĂ©futation du formalisme en Ă©thique - 12. Henry Sidgwick ou l’impossible obligation d’agir de façon altruiste - Les enjeux de la pensĂ©e de Henry Sidgwick – La question Ă©thique – Une mĂ©thode, deux mĂ©thodes – Les contradictions de John Stuart Mill – Psychologie et Ă©thique – La preuve introuvable – Le conflit des rationalitĂ©s – Les apories insurmontables de l’utilitarisme - 13. Altruisme et moralitĂ© - L’énigme de l’obligation altruiste – Au commencement Ă©tait le miracle – Le processus et l’engagement – La disposition Ă  l’autre – La loi du cœur – L’altruisme au regard de l’éthique kantienne du devoir – L’antinomie de l’éthique de l’engagement et de l’éthique du devoir – La mise en question de soi selon Emmanuel Levinas – Critique d’une conception sacrificielle de l’altruisme - 14. La « belle âme » ou la rĂ©serve de la grâce - L’altruisme comme dĂ©pense et non sacrifice de soi – Etty Hillesum, du repli Ă  la rĂ©serve – L’action et la grâce – La manifestation du Bien. Conclusion : La vie, mais pas Ă  n’importe quel prix ! - Bibliographie.

Que des gens normaux, ni particulièrement sadiques ni dénués de sens moral, puissent se muer en criminels en série, voilà bien le fait nouveau que nous apporte le XXe siècle. Une révélation d'autant plus inquiétante qu'elle nous renvoie à notre présent - de la Bosnie à la Tchétchénie - aussi bien qu'à nous-mêmes. D'où vient cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? Par quels mécanismes un individu ordinaire peut-il être amené à s'en remettre à une autorité exigeant de lui des comportements destructeurs, que ce soit au nom de l'ethnie, de la religion, ou même de la croissance économique ? C’est cette énigme persistante que Michel Terestchenko prend à bras-le-corps dans Un si fragile vernis d’humanité, un des essais les plus remarquables de la rentrée. Mais après s’être penché sur Les violences de l’abstraction, ce philosophe discret et singulier ne se contente pas ici, d’emboîter le pas à Hannah Arendt. De même que ce ne sont pas toujours des purs salauds qui se livrent à l’abjection, de même n’est-il pas besoin d’être un héros pour accomplir le bien. Cette position n’a l’air de rien ? Elle révolutionne nos représentations les mieux ancrées. […] Cet essai est important, qu’on le lise comme un rappel à l’humilité ou une invite à la résistance, c’est-à-dire à la « consistance ». Deux vertus qui, de nos jours, ne sont plus guère au programme.

14/10/2005 - Alexandra Laignel-Lavastine - Le Monde des Livres

 

« Pourquoi une situation conduit-elle d'excellents pères de famille à massacrer des civils ? Comment expliquer l'obéissance à un ordre reçu dans certaines circonstances de l'Histoire et en faire la théorie générale ? Voici qui est au centre du travail remarquablement documenté du philosophe Michel Terestchenko. »
LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN

« [Une] réflexion qui, tout en insistant sur la "banalité du mal", n'oublie pas non plus -et même rappelle opportunément- que les hommes savent aussi, dans certaines circonstances, faire le bien et mettre en oeuvre la sollicitude pour leurs compatriotes écrasés par l'adversité. »
ÉTUDES

« Certains bourreaux ont été pris dans un engrenage qui les a privés de leur libre arbitre, aveuglant leur conscience. En face, "la plupart des sauveteurs agissaient parce qu'ils devaient agir, qu'ils ne pouvaient pas faire autrement", mus par une nécessité intérieure sans aucun calcul d'intérêt personnel ni de gloire, souligne ce livre profond. »
FAMILLE CHRÉTIENNE

« Aujourd'hui, après le smassacres des khmers rouges, le génocide rwandais et et les charniers de Yougoslavie et d'ailleurs, [Michel Terestchenko] repart sur les chemins balisés par Arendt pour sonder davantage l'étiologie du mal. Au-delà de la perpétuation de l'espèce qui est loi de nature, l'homme, constate-t-il, cherche à donner un sens à sa vie. Mais ce vernis d'humanité est aussi très fragile. »
L'EXPRESS

« Toute la richesse du livre est là. Il nous montre que, entre le camp du bien et le camp du mal, la ligne de démarcation est très, très mince. Il obéit au principe de précaution. Prendre conscience de notre fragilité, n'est-ce pas la meilleure manière de s'en prémunir... »
LA PROVENCE

« [Un si fragile vernis d'humanité] essaye de comprendre le chemin qui mène à des voies violentes et inhumaines. [...] Soumission à l'autorité, effet de meute, absence à soi, autant de thèmes évoqués sans compassion particulière, mais avec raison. »
L'HUMANITÉ

« Voici un livre, de lecture extrêmement agréable, qui fait un apport très original à la morale pratique et dont les conséquences devraient amener chacun d'entre nous à la réflexion. On ne peut qu'en conseiller vivement la lecture à tous les publics. »
REVUE PHILOSOPHIQUE

« Il faut remercier l'auteur pour cette réflexion de grande allure. »
L'HOMME

PRESSE

 

 
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