Quand la gauche se réinventait
Le PSU, histoire d’un parti visionnaire, 1960-1989

Bernard RAVENEL

Fondé en 1960 pour lutter contre la guerre d’Algérie, le Parti socialiste unifié (PSU) s’est rapidement donné les moyens politiques d’une stratégie authentiquement socialiste que ni le Parti communiste ni la SFIO ne proposaient. C’est l’histoire méconnue de cette organisation visionnaire que Bernard Ravenel – qui en fut membre jusqu’à sa dissolution en 1989 – retrace dans ce livre, avec passion et rigueur. Il y montre comment un parti, par l’action et la réflexion, a pu interpeller la société à contre-courant, sur nombre d’enjeux cruciaux toujours actuels.
Seul parti à soutenir pleinement le mouvement de Mai 68 et ses aspirations antiautoritaires, le PSU a tenté d’en tirer les leçons pour construire un projet de société mariant socialisme et liberté. À partir des mobilisations sociales et de débats souvent intenses, il a avancé des propositions que la gauche historique a longtemps refusé de prendre en compte. Réduction massive du temps de travail, décentralisation et démocratie locale, émancipation des femmes, alternatives au nucléaire militaire et civil, solidarité avec les peuples du Sud et d’Europe de l’Est, égalité des droits pour les immigrés, préservation de l’environnement : sur tous ces thèmes, on découvrira avec surprise à quel point le PSU a joué un rôle précurseur de « lanceur d’alerte ».
Loin d’être un accident de l’histoire, le PSU, du fait aussi de sa composition plurielle où se côtoyaient intellectuels, cadres, ouvriers, paysans et étudiants, chrétiens et athées, réformistes et révolutionnaires, a pu anticiper des problèmes qui restent irrésolus. Une lecture salutaire pour tous ceux qui entendent aujourd’hui participer à la construction de l’avenir.

Version papier : 24,50 €
Version numérique : 14,99 €
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Détails techniques
Collection : Hors collection Sciences Humaines
Parution : mars 2016
ISBN : 9782707188892
Nb de pages : 384
Dimensions : 155 * 240 mm
ISBN numérique : 9782707190307
Format : EPUB

Bernard RAVENEL

Bernard Ravenel, agrégé d’histoire, a été membre du PSU dès sa fondation en 1960. Chargé des relations internationales du PSU de 1974 à 1984, il est l’auteur de plusieurs livres consacrés aux problèmes méditerranéens, dont Méditerranée : le Nord contre le Sud ? (L’Harmattan, 1990) et Méditerranée : l’impossible mur (L’Harmattan, 1995).

Extraits presse

Le beau travail historique que publie Bernard Ravenel sur le Parti Socialiste Unifié (PSU) : son titre, Quand la gauche se réinventait, sonne comme une invitation à réactiver le geste de ce parti politique qui pesa plus que ses faibles résultats électoraux. (…)
Bernard Ravenel, qui resta jusqu'au bout un responsable du PSU, exhume les « graines de l'avenir » plantées par ce parti démocratique, anti-impérialiste et écologique. En construisant « un pont entre une génération et une autre », il espère contribuer à revivifier la pensée critique, et suggère que la gauche perd sa raison d'être si elle renonce à démocratiser radicalement la société et l'économie. N'est-ce pas là l'idéal toujours vivant du socialisme ?

25/03/2016 - Serge Audier - Le Monde des Livres

 

Bernard Ravenel retrace l’histoire singulière d’un parti à l’existence éphémère mais à l’idéologie durable. Quiconque se sent concerné par l’histoire de la gauche française lira avec intérêt la somme que Bernard Ravenel vient de consacrer au Parti socialiste unifié (PSU), prolongeant le travail inachevé de Marc Heurgon. (…) Malgré l’échec politique, l’héritage du PSU, écologiste et anti-productiviste, n’a cessé de se diffuser. Il invite, selon Bernard Ravenel, à ne pas attendre la conquête du pouvoir pour emprunter « le chemin de la transformation de la société ». Nuit debout n’est pas si loin.

28/04/2016 - Politis

 

Fondé en 1960 pour lutter contre la guerre d’Algérie, dissous en 1989, le Parti socialiste unifié (PSU) a été précurseur à gauche sur de nombreuses thématiques écologiques et sociales. L’historien Bernard Ravenel, qui en a été membre du début à la fin, en retrace l’histoire dans un livre passionnant. (…) celui-ci raconte de l’intérieur la trajectoire singulière de parti en avance sur son temps. Des luttes antinucléaires à l’autogestion, en passant par les luttes féministes ou encore celles des travailleurs immigrés, le PSU s’est illustré sur de multiples terrains, en subordonnant toujours la théorie à la pratique. (…) S’il n’a pas réussi à dépasser la contradiction entre parti de lutte et parti de gouvernement, il a cependant imposé des thèmes dans le débat public, voire même des alternatives qui peuvent encore inspirer la gauche. En dépit de son association à Michel Rocard, qui l’a longtemps incarné médiatiquement et qui s’est rallié à l’acceptation du marché, le PSU a semé des graines de révolte que Bernard Ravenel appelle à faire germer.

24/05/2016 - Mathieu Dejean - Les Inrockuptibles

 

Avec cet ouvrage, on dispose enfin d’une histoire globale du PSU et non plus uniquement de mémoires militantes et de monographies de fédérations. C’est un immense « patrimoine de réflexion » sur des questions toujours d’actualité qui nous est offert. Ce livre apporte enfin la preuve, à tous les déçus de la politique, qu’un parti politique peut être porteur d’idées novatrices et, pourquoi pas, apporter une part de rêve.

02/07/2016 - Patrick Gallaud - Revue Études

 

Table des matières

Introduction. Le « moment PSU » : une histoire nécessaire
Pourquoi cette histoire du PSU ?
Pourquoi ai-je tenu à l’écrire ?
Devoir de mémoire, besoin d’histoire
1. Le monde en 1960 et l’actualité du socialisme en Occident
De la guerre froide à la « détente », un nouveau climat international
Un mouvement ouvrier déboussolé qui entre en crise
La question catholique, le tournant moderniste de l’Église et le mouvement socialiste
Le « miracle français » des années 1960
Une société profondément inégalitaire
Vers un syndicalisme nouveau dans le monde ouvrier et paysan
I / Avril 1960-avril 1968, un parti socialiste de gauche
2. Un parti socialiste nouveau contre la guerre d’Algérie

Contre la guerre d’Algérie : un « mariage de raison »
La longue gestation du PSU
Le congrès d’unification du 3 avril 1960
Le PSU face à la guerre d’Algérie
1960 : le PSU divisé sur l’insoumission
1961 : résister au putsch des généraux
Des bombes de l’OAS au racisme d’État anti-algérien : le massacre du 17 octobre 1961
L’affrontement avec l’OAS et le lancement des Groupes d’action et de résistance
3. 1962-1963, après l’épreuve de la guerre, une reconversion difficile
Le bagage programmatique et doctrinal du PSU en 1962
Printemps 1962, une reconversion laborieuse et conflictuelle
Janvier 1963 : à Alfortville, le congrès « des sept tendances »
1963, phase 2 de la reconversion : soutien à la grève des mineurs…
…et mobilisation contre l’« armement atomique »
La préparation du congrès de la Grange-aux-Belles, facteur de crise permanente
4. 1964, quelle alternative politique au gaullisme ?
Un scénario politique imprévu : la SFIO reprend la main
Rendre le contre-plan crédible
Un réformisme économique avancé
Un accueil favorable de la presse
La CFDT sera-t-elle socialiste ?
Consensus sur la stratégie électorale et rupture interne
5. 1965, année des élections : le PSU entre unité de la gauche et autonomie
La stratégie municipale unitaire du PSU et le laboratoire de Grenoble
Vers l’élection présidentielle : un candidat PSU ?
De la candidature de Daniel Mayer à celle de François Mitterrand
Mobilisation contre l’impérialisme américain au Viêt-Nam et à Saint-Domingue
Le coup d’État en Algérie et la création du Cedetim
6. 1966, l’année des colloques et de la montée des luttes
Pour un programme commun de la gauche, mais qui soit socialiste
Le succès du colloque de Grenoble
Décoloniser la province
Le Front socialiste et le contre-plan à l’épreuve des crises sectorielles
Le PSU mobilise contre la guerre du Viêt-Nam
Vers les législatives, l’accord FGDS-PCF et l’accord électoral avec la FGDS
Les femmes du PSU prennent la plume et la parole
7. 1967-avril 1968, vers un nouveau PSU
Une campagne électorale sous le signe de PMF
La question du congrès : être à la FGDS ou ne pas y être ?
Le PSU veut « dépasser » le programme commun de la gauche
La mobilisation anti-impérialiste du PSU, du Viêt-Nam à la Palestine
Le ralliement du PSU à la cause palestinienne
Esquisse d’une politique méditerranéenne
8. Mai 68, la divine surprise : le PSU à l’assaut du ciel
L’UNEF et les rapports entre étudiants et ouvriers
Le front universitaire : le PCF contre le PSU
Le front social : l’axe CFDT-PSU-UNEF contre l’axe CGT-PCF-UEC
Le front politique et le problème Mendès France
La rupture entre le PSU et PMF
Le PSU de province en Mai 68 : le cas de Lyon
9. Juin 1968-avril 1969, un parti socialiste révolutionnaire en gestation
La démission de Pierre Mendès France et les élections de juin
Le second coup de Prague et la crise du communisme soviétique
Préparer une rentrée sociale et politique incertaine
Le congrès de Dijon : élaborer une nouvelle doctrine socialiste
Le référendum sur la régionalisation et le départ de De Gaulle
10. Avril 1969-décembre 1970, le « plus grand parti révolutionnaire d’Europe »
Un moment politique compliqué
L’intervention politique dans les luttes ouvrières : l’axe du contrôle ouvrier
Le PSU et la nouvelle gauche paysanne
Socialisme et vie quotidienne : vers un syndicalisme de l’habitat
Le rétablissement des relations politiques entre le PSU et Boumediene
11. Janvier 1971-septembre 1971, quel parti révolutionnaire ?
Le PSU et les groupes révolutionnaires
L’innovation des « assemblées régionales ouvriers-paysans »
Le congrès de Lille : quel parti révolutionnaire ?
La fin de l’hypothèse néo-léniniste et la question de la violence
12. Octobre 1971-décembre 1972, programme autogestionnaire versus Programme commun
Le PSU et le mouvement des femmes
Le colonialisme en France : de la question régionale à la question nationale
Quel programme pour le socialisme ? L’accord PS-PCF de juin 1972
Un parti en crise et menacé d’implosion
L’implication dans les luttes sociales : Joint français, Peñarroya, Nouvelles Galeries…
Le Manifeste du PSU
III / 1973-1979, un parti autogestionnaire et écologiste
13. 1973, l’unité retrouvée
Élections législatives : forte mobilisation et… échec global
L’interview-choc de Michel Rocard
La CFDT et l’autogestion en 1972
Luttes sur tous les fronts : lycéens contre la loi Debré, droits des immigrés, combat du MLAC sur l’avortement
Lip : autogestion ou contrôle ouvrier ?
Le Larzac à l’heure Lip
Un nouveau parti est né
14. 1974, la rupture
Le double avertissement de 1972
Le double langage de Michel Rocard
Le « Mai des banques » et l’évolution de la CFDT
François Mitterrand ou Charles Piaget ?
Vers les Assises du socialisme
Il faut choisir
15. 1975-1978, un parti dans les luttes
La réponse à Rocard du congrès d’Amiens
Un parti sous le signe de la crise du capitalisme
Unifier les luttes, créer des comités de chômeurs
Pour le droit syndical dans l’armée
Le nucléaire, inutile, cher et dangereux
Mobilisations tous azimuts contre le programme nucléaire
Le drame de Creys-Malville
16. 1975-1978, un parti de gouvernement ?
Juillet 1976 : les États généraux pour l’autogestion socialiste
Une initiative bien accueillie par la presse
Le programme autogestionnaire : vivre, produire et travailler autrement
Élections municipales, unité populaire et autogestion
La stratégie municipale en débat
Les législatives de 1978 sous le signe du Front autogestionnaire
Défaite surprise de la gauche, recul du PSU
Un congrès entre le désarroi et l’espoir
17. 1975-1979, refonder l’internationalisme socialiste
Un parti internationaliste
Le choix euroméditerranéen
La révolution portugaise ouvre une brèche
Internationalisme, oui, Internationale, non
La question nationale corse à l’ordre du jour
L’enjeu méditerranéen
De Barcelone à Malte : une stratégie méditerranéenne pour le socialisme
IV / 1979-1989, fin de parti
18. 1979-1981, l’élection présidentielle comme horizon
Un « retournement soudain et brutal » de la conjoncture intellectuelle et géopolitique
L’Europe au cœur de la politique française
Le soutien aux travailleurs immigrés pour l’égalité des droits
Pour l’arrêt du programme nucléaire
Face à la loi Veil, Huguette Bouchardeau en première ligne
L’élection présidentielle de 1981 : échec du PSU, victoire de Mitterrand
Pour un soutien critique au gouvernement
19. Janvier 1982-mars 1983, du soutien critique à la participation gouvernementale
Mobilisation sur les questions internationales
Énergie, immigration, emploi : mobiliser les forces disponibles pour réussir le changement
Les élections municipales de mars 1983 : le PSU présent dans le débat politique
20. Mars 1983-1989, le parcours gouvernemental et la fin du PSU
Huguette Bouchardeau présente les axes de son programme
L’action résolue du secrétariat d’État à l’Environnement
Euromissiles et immigration : le PSU développe son action autonome
La déroute historique des élections européennes
1985-1989, les derniers feux du parti
Les échéances électorales de 1986 et l’impossible convergence alternative
Mourir à trente ans
Conclusion. Les graines de l’avenir
Le rêve inaccompli d’un « réformisme révolutionnaire »
Une disparition dictée par l’époque…
…mais qui a laissé des guides d’espoir essentiels
Index.