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Catalogue / Histoire contemporaine / Prisonniers de guerre « indigènes »     

Prisonniers de guerre « indigènes »
Visages oubliés de la France occupée

Armelle MABON

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Prisonniers de guerre « indigènes »
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Après la débâcle de juin 1940, les combattants de l’armée française sont faits prisonniers. Tandis que les métropolitains partent pour l’Allemagne, les prisonniers coloniaux et nord-africains prennent le chemin des frontstalags répartis dans la France occupée. En avril 1941, près de 70 000 hommes sont internés dans vingt-deux frontstalags. Ces prisonniers nouent des contacts singuliers tant avec l’occupant qu’avec la population locale qui les réconforte, voire les aide à gagner les maquis ou la zone Sud. Lorsqu’en janvier 1943 le gouvernement de Vichy accepte de remplacer les sentinelles allemandes par des cadres français, ils se sentent trahis. À la Libération, leur retour en terre natale, parfois très tardif, s’accompagne de nombreux incidents dont celui, particulièrement grave et meurtrier, survenu à Thiaroye, près de Dakar, en décembre 1944 ? l’armée française fait trente-cinq morts et autant de blessés parmi les « tirailleurs sénégalais », sous prétexte qu’ils se sont mutinés pour obtenir leurs droits d’anciens prisonniers de guerre.
Il fallait révéler cette histoire occultée. Armelle Mabon a découvert le destin de ces hommes grâce aux archives d’une ancienne assistante sociale du service social colonial de Bordeaux. Une dizaine d’années durant, elle a étudié les archives publiques et privées, recueilli de nombreux témoignages inédits, faisant le choix d’évoquer la captivité de tous les ressortissants de l’empire. Cet ouvrage donne la mesure de l’injustice, du déni d’égalité et du mépris dont s’est rendu coupable l’État, durant l’Occupation, mais aussi par la suite… Un sujet d’une douloureuse actualité.

Avant-propos
I / Défendre la métropole, une mission militaire et citoyenne
1. L’entrée en guerre de l’empire Les leçons de la Première Guerre mondiale
L’esprit colonial dans l’entre-deux-guerres
L’empire dans la guerre Les hommes partent
La fin tragique des combats
2. De la capture à une captivité singulière
La capture
D’Allemagne vers la France occupée
Les « frontstalags »
Les organismes chargés du règlement de la captivité
La Direction du service des prisonniers de guerre (DSPG) - La mission Scapini - Le service colonial français du Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
Soldes et allocations
3. La vie quotidienne au « frontstalag »
Correspondance et contrôle postal
Le ravitaillement
Discipline Les conditions sanitaires Le travail des prisonniers
4. La solidarité nationale
De l’entraide à l’assistance organisée
Création de l’Assistance coloniale aux prisonniers de guerre
Organisation de distractions, de soutiens intellectuels et spirituels
Conductrices et assistances sociales, de la duplicité à la résistance
5. Rencontre de peuples et de cultures La solidarité locale
Du « marrainage » à l’évangélisation
Histoires d’amour Persistance du souvenir
6. Les fins de captivité légales
Congés de captivité et libérations
Les rapatriements sanitaires
L’impossible retour Les groupements de militaires « indigènes » coloniaux rapatriables
7. Lutter pour la liberté Les évasions
Les filières organisées
Les relations avec la résistance
La libération des « frontstalags »
Politiques de « blanchiment »
II /Trahison d’État et « mission civilisatrice »
8. Captivité « indigène » et collaboration d’État

Mise en place de l’encadrement français
Réaction des autorités françaises
Du côté des cadres
Du côté des prisonniers
Évolution de l’encadrement
9. La valse des propagandes
La propagande nationaliste allemande
La contre-propagande française
Illusion de la propagande
Et la France libre ?
10. Rapatriements, de la précipitation à une trop longue attente
L’encasernement
Le règlement administratif
L’organisation des rapatriements
Une trop longue attente
11. La révolte de Thiaroye
Premiers signes de colère
Chronologie d’une tragédie Réécriture de l’histoire Le procès des mutins Les conséquences de Thiaroye en métropole
12. Au retour, s’effacer ou lutter ?
Accueil et retrouvailles
L’aide au retour
L’utilisation des anciens
Gommer les signes ostensibles
Le refus des unions mixtes
La hantise du métissage
Les enfants métis ou le racisme pour quotidien
Les oubliés de l’égalité
Conclusion
Notes
Sources
Bibliographie
Index

Depuis peu, une petite poignée d'historiens américains s'intéressent à l'histoire des prisonniers coloniaux. En France, la captivité des combattants d'outre-mer n'a suscité aucune recherche d'envergure. Des spécialistes de la Seconde Guerre mondiale ou de l'histoire coloniale n'en ont qu'une connaissance partielle, voire altérée. Il fallait donc une historienne au parcours atypique pour faire sortir de l'ombre cette histoire volontairement occultée par le monde politique. Armelle Mabon a découvert l'histoire de ces hommes en consultant les cartons d'archives privées d'une ancienne assistante sociale du service sociale de Bordeaux. Elle a donc travaillé sur un terrain jusque-là resté en friches, faisant le choix de traiter la captivité de tous les ressortissants de l'empire coloniale.

01/12/2009 - Daniel Laurent - Histomag'44

 

S’appuyant sur les archives d’une assistante sociale du service social colonial, l’historienne Armelle Mabon nous plonge dans une réalité méconnue : le sort réservé aux 70 000 prisonniers de guerre « indigènes » (chiffre de 1941) pendant l’occupation. Abordant toutes les dimensions de leur vie de captifs, ce livre montre que les discriminations vis-à-vis des colonisés résistent aux circonstances exceptionnelles. Les nazis refusent que les « indigènes » soient détenus sur le sol allemand – pour ne pas revivre le traumatisme de l’occupation en 1919 de la rive gauche du Rhin par les troupes noires – et les Français organisent leur regroupement selon le principe de séparation des races. L’auteur raconte comment les conditions injustes (solde de captivité amputée, détention prolongée) par lesquelles sont libérés ces prisonniers vont créer un traumatisme durable en Afrique. Fourmillant d’histoires singulières, parfois émouvantes ou cocasses, notamment ces rencontres entre Français et « indigènes », ce livre valorise « la force des anonymes qui font l’histoire ».

01/03/2010 - Noël Bouttier - Sciences Humaines

 

Avec Armelle Mabon, le récit romancé laisse place au document fouillé sur une facette occultée de la France occupée, celle des fronstalags et des arbeitkommandos qui, à Vesoul, Epinal ou Nancy, notamment, ont reçu près de 70.000 combattants des colonies: des Africains du Nord, des Annamites, des Malgaches, des sénégalais enfermés après la débâcle de 1940. Ces "indigènes", répartis dans des casernes ou des baraquements, ont vécu dans des conditions sanitaires médiocres, ont été exploités comme main d'oeuvre mais ils ont pu aussi, parfois, nouer des contacts avec la population locale qui en a aidé certains à gagner le maquis ou la zone Sud.

04/04/2010 - Michel Vagner - L'Est Républicain

 

Un cortège nuptial dans un village d'Ile et Vilaine, le 5 septembre 1947. Les mariés sourient. Elle est blanche, il est noir. La photo est floue mais éclaire un pan d'histoire occulté, superbement reconstitué dans le livre d'Armelle Mabon: le sort des prisonniers coloniaux pendant la seconde guerre mondiale. Ce jour-là, Yaya Coulibaly épouse Jeanine, sa marraine de guerre française. Le natif du Soudan français (aujourd'hui Mali) s'est évadé du "frontstalag" de Rennes et a rejoint la Résistance. Coulibaly, comme le Sénégalais Doudou Diallo ou le Marocain Djillali Ben Mohamed, sont les "visages oubliés de la France occupée" auxquels l'historienne redonne vie. Un patient dépouillement d'archives, complété par des entretiens avec les survivants, a permis de reconstituer l'itinéraire de ces Africains, qui en dit long sur les ambiguïtés du lien colonial et sur le rôle de la guerre comme catalyseur des aspirations à l'indépendance.

24/04/2010 - Philippe Bernard - Le Monde des livres

 

Si le film Indigènes a attiré l’attention du public sur la guerre que menèrent les combattants coloniaux sous le drapeau tricolore entre 1939 et 1945, le sort que réservèrent le Reich et le régime vichyste aux quelque 70 000 prisonniers coloniaux capturés après la défaite de 1940 reste méconnu. Leur destinée fut souvent tragique et à coup sûr insolite. Loin d’être transférés outre-Rhin, les captifs furent maintenus en France, l’Allemagne nazie craignant les maladies exotiques dont ces sous-hommes auraient été porteurs tout en souhaitant éviter, par leur présence, le souvenir de la «honte noire» - l’occupation de la Ruhr par des hommes de couleur (1923). Rassemblés dans des casernes ou des baraquements de fortune, leur détention fut particulièrement sévère. Malades (la tuberculose notamment), mal ravitaillés, soumis au travail forcé, ils pâtirent surtout d’une grande détresse morale que l’éloignement du pays natal ne pouvait qu’amplifier. Des marraines de guerre et des assistantes sociales, pourtant, adoucirent leur sort - au point que des couples se formèrent. Le régime de Vichy essaya d’obtenir quelques libérations pour raisons sanitaires, dont Senghor bénéficia, tout en menant une politique ambivalente. [...] Une histoire que l’on comprend mieux, désormais, grâce au livre chaleureux d’Armelle Mabon qui, tout en n’évitant pas toujours les écueils de la correction politique, montre une France décidément irréductible à des schémas manichéens. Les soldats coloniaux furent incontestablement en butte au racisme d’une administration civile et militaire engoncée dans ses préjugés. Ils bénéficièrent tout autant du soutien d’une population curieuse mais amicale.

29/04/2010 - Olivier Wieviorka - Libération

 

C'est un pan de l'Histoire de l'Occupation méconnu que nous fait découvrir Armelle Mabon, historienne, enseignante à l'université de Bretagne Sud et membre du Centre de recherches historiques de l'Ouest. Qui sait que les prisonniers de guerre français issus des colonies, les « indigènes », ne furent pas envoyés en Allemagne, mais gardés en captivité en France. Près de 70 000 hommes internés en 1941, dans 22 « frontstalags », dont un au Boël, à Rennes. Ces camps sont gérés par les Allemands puis, à partir de 1943, par le gouvernement de Vichy. Des contacts se nouent avec la population, qui réconforte ces soldats qui fournissent une main-d'oeuvre bon marché. À la Libération, leur retour au pays natal est parfois émaillé d'incidents dont un, à Dakar, en décembre 1944, fait 35 morts et autant de blessés parmi eux. Ayant eu accès à des archives de première main, à des témoignages obtenus pour certains par l'intermédiaire d'Ouest-France, Armelle Mabon jette la lumière sur l'injustice, l'inégalité et le mépris dont furent victimes ces « indigènes » et dont se rendit coupable l'État, sous l'Occupation, mais aussi après...

20/05/2010 - Ouest France

 

Après la défaite de juin 1940, pourquoi 70 000 soldats coloniaux et nord-africains ont-ils été internés dans des frontstalags répartis en France occupée alors que les métropolitains partaient en captivité en Allemagne ? A partir d'archives publiques et privées et de nombreux témoignages inédits, l'histoire de ces hommes, longtemps occultée, est enfin révélée.

01/07/2010 - Les Chemins de la Mémoire

 

Il aura fallu, en France, attendre le long travail d'Armelle Mabon, salué par ses pairs, pour révéler la captivité des prisonniers coloniaux.

01/08/2010 - Raphaël Baldos - Bretons

 

La liste est sidérante: Rennes, Saumur, Vesoul, Verdun, Airvault, Châlons (Marne), Epinal, Saint-Quentin, Onesse-et-Laharie, Saint-Médard, Bayonne-Anglet... C'est le début d'une liste méconnue de 22 Frontstalags, camps militaires situés en zone occupée où furent détenus de 1940 à 1944, près de 70 000 prisonniers de guerre français dits "indigènes". Autrement dit, noirs, malgaches, antillais, asiatiques, maghrébins... D'abord encadrés par des Allemands, puis par les Français à partir de janvier 1943, ces prisonniers n'ont laissé aucune trace: comme le souligne Armelle Mabon, seule historienne à leur avoir consacrer un ouvrage.

04/11/2010 - François-Guilaume Lorrain - Le Point

 

L’émoi provoqué par le film de Rachid Bouchareb, Indigènes, montre à quel point l’utilisation des troupes coloniales lors du second conflit mondial reste une réalité historique à révéler. Rappeler que, durant l’essentiel de ce conflit, ces troupes formaient la grande majorité des FFL (forces françaises libres) prend une dimension presque subversive, la volonté de réécrire l’histoire ayant été contemporaine de son déroulement (les troupes de la 2e DB pénétrant dans Paris insurgé avaient été « épurées » des combattants « de couleur », c’est-à-dire quantitativement des plus anciens). Ce négationnisme devient absolu lorsque l’on remonte à la débâcle de juin 1940, dont le récit officiel gomme la présence des « tirailleurs sénégalais » (en fait venus de tous les pays du pré colonial subsaharien) comme des autres combattants coloniaux recrutés au Maghreb ou en Indochine. Le sort qui fut le leur est rayé de la mémoire « métropolitaine » : les quelque soixante-dix mille « indigènes » internés dans vingt-deux frontstalags éparpillés en avril 1941 à travers la zone occupée n’avaient quasiment jamais été évoqués avant la publication de cet ouvrage faisant suite au documentaire réalisé par Armelle Mabon, sous le titre Oubliés et trahis

11/02/2011 - Jean Chatain - L'Humanité

 

L’auteure a découvert cette face cachée de l’occupation à la lecture des rapports professionnels d’une assistante sociale au service colonial de Bordeaux. De cette découverte est née une carrière d’historienne et la volonté de donner la parole à ces oubliés qui ont vécu leur statut de prisonniers de guerre sur le sol métropolitain. Après une première partie centrée sur les réalités de la captivité, la seconde partie traite de la responsabilité et des choix des autorités françaises durant et après le second conflit mondial dans le sort fait aux prisonniers “indigènes”. Cette étude a donné lieu à un film documentaire sorti en 2003 que cet ouvrage vient compléter. Il s’agit de resituer les témoignages recueillis dans une présentation des faits s’appuyant sur les archives et la synthèse historique. L’enseignant d’histoire pourra y trouver textes et références législatives sur une question certes marginale mais que l’on a, surtout, choisi d’oublier.

26/01/2010 - Christiane Peyronnard - Les clionautes

 

« NATIVE » PRISONERS OF WAR


In the aftermath of June 1940, the combattants of the French Army were made prisoners of war, but whereas soldiers from mainland France were sent to Germany, natives from the French colonies where sent to frontstalags disseminated across occupied France. Recently, a number of American historians have initiated new interest in these prisoners. A fascinating, little-known side of the history of occupied France.


Armelle Mabon is a lecturer and researcher at the University of South Brittany, a member of the Centre de recherches historiques de l'Ouest (Cerhio, UMR CNRS 6258). Amongst her published works : Les Assistantes sociales au temps de Vichy (L'Harmattan, 1995), and L'Action sociale coloniale (L'Harmattan, 2000). She is the author of the documentary Oubliés et trahis. Les prisonniers de guerre coloniaux et nord-africains (Grenade productions, 2003).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
 
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