La Découverte Live
Catalogue / Sociologie, société / Paris sans le peuple     
Paris sans le peuple
La gentrification de la capitale
Anne CLERVAL
présentation
infos techniques
auteur
table des matières
vidéo
sur le net
extraits presse
foreign rights

Paris sans le peuple
Imprimer la fiche



 

Où est passé le peuple parisien ? Quelle place la ville de Paris accorde-t-elle aujourd'hui aux classes populaires ? Depuis plusieurs décennies, la capitale connaît un processus de gentrification, un embourgeoisement spécifique des quartiers populaires qui passe par la transformation matérielle de la ville (réhabilitation de l'habitat, renouvellement des commerces, embellissement de l'espace public). Que se passe-t-il vraiment et qu'y a-t-il en jeu dans ces transformations à la fois urbaines et sociales ? Voilà qui est le plus souvent laissé dans le flou et masqué derrière une sorte d'évidence, comme si cela faisait partie de l'évolution « naturelle » des villes.
Ce livre vient éclairer ce processus et permet d'approfondir la connaissance de Paris et de son évolution récente. À partir d'un travail de recherche et d'une enquête de terrain menée pendant quatre ans dans plusieurs quartiers parisiens, Anne Clerval montre que cette transformation est autre chose qu'une simple amélioration du bâti, de l'espace public ou des commerces, et révèle à qui elle profite et qui elle dépossède. Elle propose en particulier une approche circonstanciée des politiques menées par la gauche depuis 2001 et de leurs effets.
Un livre essentiel pour permettre aux lecteurs, Parisiens ou non, de s'approprier les enjeux sociaux et politiques de l'évolution de la ville.

Introduction
I / Histoire et facteurs de la gentrification à Paris
1. L'héritage de la ville industrielle
Un tissu urbain ancien marqué par l'industrie
Une ville populaire caractérisée par des rapports de classe conflictuels
L'« embellissement stratégique » de Napoléon III et Haussmann
2. La désindustrialisation et ses conséquences
Vers une ville postindustrielle ?
Paris, métropole mondiale dans le système capitaliste néolibéral
Les transformations sociales qui en résultent
3. Le rôle ambigu des politiques publiques
Moderniser, tertiariser Paris et renforcer la centralité
La rénovation, une politique de gentrification ?
Déréglementation des loyers et réhabilitation : des accélérateurs décisifs de la gentrification
II / Modalités et dynamiques spatiales de la gentrification dans l'espace parisien
4. Division sociale de l'espace et embourgeoisement
Les héritages de la division sociale de l'espace parisien
Embourgeoisement et polarisation sociale de la population parisienne
L'embourgeoisement de Paris sous toutes ses formes
5. Comment se gentrifie un quartier populaire
À l'origine, un bâti ancien disponible
Les différents acteurs locaux de la gentrification
6. Les dynamiques spatiales de la gentrification à Paris
La progression d'un front pionnier depuis les années 1960
Le rôle de la recomposition des centralités de loisirs
L'évitement des centralités immigrées
III / Les rapports sociaux de domination dans les quartiers populaires en voie de gentrification
7. Petits bourgeois gentrifieurs
Un groupe social composite
Des acteurs de la gentrification
La mixité sociale comme stratégie de distinction sociale
8. La politique de la municipalité depuis 2001 : maintenir ou lever les freins à la gentrification ?
La relance du logement social et ses limites
La valorisation de la ville sous toutes ses formes
La mixité sociale à l'envers
9. Les classes populaires face à la gentrification
Des classes populaires fragmentées : la gentrification invisible
Éviction et repli des classes populaires : la dépossession
Quelles résistances à la gentrification ?
Conclusion
Notes
Liste des sigles utilisés
Graphiques, tableaux et cartes
.


mardi 22 octobre 2013



 
Enseignante-chercheuse à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, Anne Clerval démontre bien, chiffres et graphiques à l'appui, que ce mouvement de gentrification de ces quartiers anciennement populaires et ouvriers s'est fait par l'intermédiaire de politiques publiques ciblées, menées en particulier par la Ville de Paris, à l'origine dans une logique de mixité sociale mais qui a eu tendance, de manière plus ou moins involontaire, à isoler fortement les classes populaires parisiennes. L'analyse de la géographe remonte d'ailleurs aux origines de cette gentrification.
Nonfiction.fr

Les réflexions d’Anne Clerval permettent de rompre avec le discours militant. Ceux qui luttent contre la gentrification attaquent surtout les pouvoir publics et les sociétés d’économie mixte qui réhabilitent les quartiers. En revanche, ils n’osent pas critiquer les spectacles culturels et encore moins les magasins bios qui arborent un autocollant « Sortir du nucléaire ». 
La domination de la nouvelle petite bourgeoisie, qui dirige les organisations d’extrême gauche, semble rarement remise en cause. « Ce sont principalement les ménages de la petite bourgeoisie intellectuelle en pleine expansion qui ont investi ses quartiers, en y devenant propriétaire et en contribuant à la transformation des logements, des commerces et de l’espace public », observe Anne Clerval. Cette universitaire s’appuie surtout sur les travaux de la géographie urbaine qui connaît un réjouissant développement aux États-Unis. Inspiré par un marxisme critique, ce courant de pensée permet de remettre en cause la gentrification, mais aussi l’État et le capitalisme.
Zones-subversives

Ce livre apporte un éclairage sur les évolutions récentes de Paris, caractérisées depuis quelques décennies par un embourgeoisement progressif des quartiers populaires, appelé « gentrification ». L’auteure, enseignante-chercheuse en géographie, étudie ce processus en s’appuyant d’une part sur une analyse statistique, d’autre part sur une enquête de terrain. Celle-ci a été menée entre 2004 et 2007, dans trois quartiers de la capitale « situés à différents stades de progression de la gentrification ». Elle a consisté à réaliser 80 entretiens semi-directifs et à exploiter 31 questionnaires, expédiés initialement à une centaine de foyers. Parmi les personnes enquêtées, figurent à la fois des acteurs publics et privés, des Français et des étrangers, des habitants des classes populaires et d’autres plus aisés, récemment arrivés dans les quartiers concernés. Par ailleurs, Anne Clerval a complété ses résultats d’enquête par une « observation régulière sur le terrain ».
Liens Socio


Le "bobo", fameux bourgeois bohème, a provoqué une telle avalanche de discours, du plus flatteur au plus moqueur, qu'on sait gré à la géographe Anne Clerval de renvoyer l'expression à une note de bas de page. Dans son Paris sans le peuple. La gentrification de la capitale, il ne sera question que du "gentrifieur" parisien : cet individu de la "bonne société" (gentry, en anglais), qui s'installe dans un quartier populaire, au nord ou à l'est de la capitale (Belleville, Ménilmontant, la Goutte-d'Or...), et en change, par là même, sa morphologie. Pas question de s'attabler à la table d'un bistrot branché avec le "gentrifieur" : l'ouvrage, issu d'une thèse, adopte une approche globale et quantitative qui assure à l'analyse une rigueur bienvenue. De quoi déjouer les jugements à l'emporte-pièce dans un sens ("Le bobo a d'ores et déjà gagné") comme dans l'autre ("Paris reste une ville populaire"). L'embourgeoisement de la capitale est une vieille histoire, qui commence avec les travaux d'Haussmann, se poursuit avec la désindustrialisation progressive de la capitale puis avec la grande vague de rénovation des années 1960 dénoncée déjà par le Groupe de Nanterre sous l'expression "rénovation-déportation", pour souligner le processus à l'oeuvre d'éviction des familles populaires. Du tableau très complet que, à l'aide de cartes et de statistiques, Anne Clerval brosse de la situation actuelle, aucun fait ne se détache qui viendrait contredire ce mouvement de gentrification de la capitale. Tout au contraire. Mais la manière qu'a la géographe de soigner les détails produit quelques effets de révélation sur l'ampleur du phénomène et ses mécanismes précis.

C'est surtout son analyse politique, celle qu'elle développe en fin d'ouvrage, qui retient l'attention. Car tout ce travail pour collecter les données, dessiner le profil le plus net possible du nouveau Paris, lui permet une critique sévère de la politique menée par la municipalité de gauche. Certes, la construction des logements sociaux est en hausse, mais une philosophie, contestable aux yeux de la géographe, préside à cette politique.

27/09/2013 - Julie Clarini - Le Monde des Livres

 

Paris s'embourgeoise. Transformation matérielle des quartiers populaires - réhabilitation de l'habitat, renouvellement des commerces, embellissement de l'espace public - mais aussi transformation de leur composition sociale dont l'apparente mixité est en fait traversée de multiples rapports de domination. L'auteur retrace ce processus de gentrification, l'embourgeoisement spécifique des quartiers populaires qui traduit la dynamique des rapports de classe dans l'espace urbain et pose la question du rôle des politiques publiques dans cette évolution. Une réflexion critique et politique pour un droit à la ville.

01/10/2013 - Objectif Grand Paris

 

Dans Paris sans le peuple, la géographe Anne Clerval analyse finement l’éviction des classes populaires de la capitale. Ce processus, appelé gentrification, ne tombe pas du ciel. Il est autant le fruit de la métropolisation que de l’absence, au niveau local, de politiques publiques permettant aux classes populaires de se réapproprier la ville.

18/10/2013 - Pierre Duquesne - L'Humanité

 

Alors que Bertrand Delanoë vante, une ultime fois dans les médias, son bilan à la tête de la capitale, que sa dauphine, Anne Hidalgo, s’est lancée dans la bataille des municipales, une jeune géographe, Anne Clerval, met les pieds dans le plat. Où est passé le peuple à Paris ? La mixité sociale, sur toutes les bouches, ne serait-elle pas qu’un vain mot ? Paris, dernier refuge de bobos ? Au mot galvaudé, la chercheuse et enseignante à l’université de Marne-la-Vallée, Anne Clerval, préfère le terme plus précis de «gentrifieurs». Dans Paris sans le peuple, qu’elle publie à La Découverte, elle montre comment la gentrification de la capitale s’est faite aux dépens des classes populaires. Un processus d’exclusion que la politique du logement menée par la municipalité de gauche n’a pas enrayé.

19/10/2013 - Catherine Calvet - Libération

 

Etes-vous gentry ? En clair, un nouveau bourgeois des villes qui s'est installé dans un ancien quartier populaire ? Le mot gentry, en anglais, désignant de façon pas très gentille les gens de la haute, les bien nés, et par extension ceux qui ont les moyens de se loger en devenant propriétaires. D'où ce néologisme - «gentrification» - qui ne sonne pas très bien en français, mais qui fait fureur chez les urbanistes, sociologues de la ville, ethnologues des quartiers, et maintenant chez les géographes. Car la géographie, «ça sert d'abord à faire la guerre», comme l'affirmait, en 1976, le titre d'un livre du géographe Yves Lacoste qui fit grand bruit à l'époque, bien au-delà du public universitaire, parmi les syndicalistes et dans les bibliothèques municipales. Ça sert en tout cas à préparer le terrain, cartes à l'appui, écrans radar à portée de vue, ça sert à comprendre comment les hommes qui occupent l'espace se l'approprient. Les habitants des villes, par exemple, les citadins, comme on dit, qui, en cas d'émeute, sont confrontés à une forme de guerre frontale, mais le plus souvent, par temps de concorde, expérimentent une guerre plus secrète, plus sournoise, que l'on nomme à juste titre, depuis les insurrections du XIXe siècle, la guerre sociale. On découvre sans grande surprise qu'elle se poursuit en 2013 dans nos villes, et particulièrement à Paris, où la mixité sociale fait office de mot d'ordre rassurant pour les représentants du peuple et cache en réalité une ségrégation qui se renforce d'année en année entre classes populaires et milieux aisés. Cela explique l'immense intérêt que le lecteur éprouve à lire Paris sans le peuple, de la géographe Anne Clerval,

26/10/2013 - Gilles Weyer - Marianne

 

Anne Clerval retrace la longue et continue histoire de la disparition de la classe ouvrière, de ses quartiers et jusqu'à sa mémoire même. Un livre engagé et documenté qui repose avec acuité la question du droit à la ville pour tous.

01/11/2013 - Vivre Paris

 

Dans son ouvrage Paris sans le peuple, Anne Clerval analyse la gentrification des anciens quartiers populaires de Paris comme un processus lié à la production capitaliste de la ville. Retraçant l'histoire et la cartographie de cette dépossession des classes populaires à partir d'analyses statistiques et d'enquêtes de terrain, l'ouvrage donne les clés pour la combattre et, plus largement, pour se réapproprier collectivement la ville.

01/11/2013 - Violaine Bertho - Alternative libértaire

 

Emile Zola se plaignait, il y a presque un siècle et demi, qu'"être pauvre à Paris, c' [était]être pauvre deux fois". Faut-il alors se féliciter de l'embourgeoisement des quartiers ouvriers ou regretter la disparition des classes populaires ? Car le constat dressé par la géographe Anne Clerval est sans appel: Paris, trop affairé à gagner des places dans la course des grandes métropoles internationales, a laissé filer le prix du petit noir et s'envoler le coût de la pierre. débarrassée de ses usines et promue ville mondiale, la capitale trie les siens. Les intellos et les cadres y ont droit de cité, les grandes fortunes aussi. Prière aux ménages moins aisés et aux petits métiers de déguerpir, direction la périphérie. "Le coeur de Paris a ceci de particulier, c'est que chacun le place où il l'entend", assurait Sacha Guitry. Le problème, c'est que "chacun" n'a plus sa place dans les entrailles parisiennes.

21/11/2013 - Eric Chol - Courrier internationale

 

Paris, comme la plupart des grandes villes, est sujette à un processus de gentrification, un embourgeoisement spécifique des quartiers populaires qui passe par la transformation matérielle de la ville (réhabilitation de l'habitat, renouvellement des commerces, embellissement de l'espace public...). L'auteure propose ici d'étudier les tenants et les aboutissants de ces transformations urbaines et sociales, souvent considérés comme naturelles. A qui profitent-elles ? Quels impacts ont-elles sur les populations délaissées ? Quels rôles jouent la municipalité et les pouvoirs publics ? Voici les questions qui se posent dans l'ouvrage, qui s'appuie sur un travail de recherche et une enquête de terrain menée pendant quatre ans dans plusieurs quartiers parisiens.

01/12/2013 - Traits urbains

 

PARIS WITHOUT THE PEOPLE The Gentrification of the Capital

Gentrification refers to the middle-class shift of working-class neighborhoods, a phenomenon which occurs notably via a material transformation of the city (rehabilitation of residences, replacement of businesses, improvement of public spaces). For several centuries the city of Paris has been experiencing a multiform gentrification, and this book recounts the process.
Anne Clerval's book allows for a deeper understanding of the capital and its recent evolution, and fills a void that has existed since the large-scale studies of the 1980s and 90s. Before the municipal elections of 2014, and at a time of debates about \"Grand Paris\", Paris Without the People allows readers, whether Parisians or not, to claim ownership of the social and political stakes of the capital's evolution.

Anne Clerval is a research teaching fellow at the University of Paris-Est Marne-la-Vallée. She did her dissertation on the gentrification of Paris at the University of Paris 1 Panthéon Sorbonne. Her work is inspired by radical anglophone geography, in particular the analyses of the gentrification of New York led by Neil Smith, student of David Harvey.


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
 
Mentions légales - Plan du site - Crédits - Éditions La Découverte, 2014