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« La violence de l’opprimé n’est que le reflet de celle de l’oppresseur. […] Il n’existe pas plusieurs visages d’opprimés. King, Baldwin et Malcolm X jalonnent le même et implacable itinéraire de la révolte, dont il est rare que le ressort, une fois lâché, ne se détendra pas jusqu’au bout », écrivait Albert Memmi en 1965, dans la présentation de la première édition de ce livre, publié aux Éditions François Maspero. « Il n’y a pas de bonne violence, la nôtre, et une mauvaise, celle des autres », écrit dans la présente édition l’auteur du Portrait du décolonisé. Car, plus de quarante ans après, la question de l’oppression et de la violence qu’elle suscite est toujours présente, dans le tiers monde comme dans les cités ghettos des métropoles du Nord. D’où l’intérêt de lire (ou relire) aujourd’hui ces entretiens, diffusés en 1963 par une chaîne de télévision américaine, avec trois des figures marquantes des mouvements noirs américains des années 1960 : l’écrivain James Baldwin (1924-1987), « déchiré, intelligent et passionné, qui comprend tout et pardonne beaucoup » ; le « ministre » Malcolm X (né en 1925 et assassiné le 21 février 1965), leader des Musulmans noirs qui « ne comprend plus et ne veut plus comprendre personne » ; et le pasteur Martin Luther King (né en 1929 et assassiné le 4 avril 1968), adepte de la non-violence et de l’amour de l’adversaire. Un document irremplaçable pour comprendre les ressorts de la révolte et penser les moyens d’en finir avec l’oppression.
Malcolm X (1925-1965), dirigeant et militant noir américain se consacra à la construction du mouvement Black Muslims qu’il abandonna en 1964 pour créer l’Organisation de l’unité afro-américaine, organisation non religieuse destinée à internationaliser la lutte des Noirs. Il fut assassiné le 21 février 1965 à New York.
Préface à l'édition de 2007 : Afro-Américains et Afro-Européens, par Albert Memmi - Présentation de l'édition de 1965 : Les chemins de la révolte, par Albert Memmi - 1. James Baldwin - 2. Malcom X - 3. Martin Luther King - Remarques sur les interviews, par Henri Morgenthau.
« Préfacé en 1965 par Albert Memmi, écrivain et sociologue franco-tunisien, cet
ouvrage vient d'être récemment réédité. Grâce aux entretiens réalisés par
Kenneth B. Clark, il donne la parole à trois personnages majeurs du mouvement
afro-américain dans les États-Unis des années 1960. Martin Luther King, pasteur
modéré, rêve d'intégration et prône la révolution de façon pacifique; Malcolm X,
fondateur des Black Musilms, est un radical: son fer de lance est le séparatisme
et la révolte, violente si nécessaire; James Baldwin, libéral est un écrivain
"déchiré" s'appuyant sur les intellectuels et les artistes. Chacun d'eux a tenté
de proposer une réponse au drame vécu par les Noirs américains, et leurs chemins
se complètent à une époque où la violence était le seul moyen de se faire
entendre et obtenir gain de cause. Cet écrit prend tout son sens aujourd'hui,
avec l'élection de Barack Obama à la présidentielle étasunienne de novembre
dernier, qui représente la réalisation d'un rêve pour tous les Noirs. C'est le
triomphe de la démocratie sans la violence. » AFRIQUE - ASIE
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