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Catalogue / Histoire contemporaine / Nostalgérie     
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Nostalgérie
L'interminable histoire de l'OAS

Alain RUSCIO

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Pour des centaines de milliers d’Européens qui ont naguère vécu en Algérie, l’idéalisation du passé s’est transformée en une « nostalgérie », beau mot chargé de mélancolie. Mais le drame commence lorsqu’on constate qu’une seule famille politique française, celle des anciens de l’Organisation armée secrète (OAS) et de leurs héritiers, l’a malhonnêtement et durablement instrumentalisée. Non contents d’avoir mené toute une communauté à l’impasse puis à l’exil, les « ultras » de l’Algérie française ont tenté, depuis, d’accaparer sa mémoire. Et ils y sont en partie parvenus.
Ces hommes ont fait le choix, à partir de février 1961, d’enclencher en toute connaissance de cause une incroyable spirale de violence terroriste, en Algérie comme en France. Alain Ruscio propose dans ce livre un récit synthétique des racines et de l’histoire de ce tragique épisode, ainsi que de ses séquelles contemporaines. Mobilisant un impressionnant corpus documentaire – dont beaucoup de Mémoires d’anciens de l’OAS –, l’auteur retrace la dérive de ces officiers à l’idéal patriotique dévoyé, militants fascisants et petits malfrats transformés en assassins, qui ont eu l’incroyable prétention de « bloquer l’histoire », comme l’avait écrit Pierre Nora dès 1961. Enfin, Alain Ruscio explique comment et pourquoi la mémoire brûlante de ces années de folie meurtrière travaille toujours, de façon souterraine, la société française.
Ce livre est une précieuse réponse à l’un des derniers négationnismes que véhicule encore une certaine histoire coloniale « à la française ».
Introduction. L’étonnante permanence des « nostalgériques » de l’OAS dans la France contemporaine
Ils ont voulu – et veulent encore – « bloquer l’histoire »
Aux origines de l’exceptionnelle longévité d’une cause perdue
La confiscation de la « nostalgérie » par l’OAS et ses héritiers
1 / « Européens » et « musulmans » en Algérie coloniale
La guerre d’Algérie a commencé le 14 juin 1830
Des Arabes « si nombreux qu’ils faisaient planer une menace invisible » (Albert Camus)
Une culture de la milice
L’Algérie heureuse ?
« Deux corps juxtaposés, mais complètement séparés » (Tocqueville)
« Tout colonisateur est privilégié, car il l’est comparativement, et au détriment du colonisé » (Albert Memmi)
« Il est difficile de faire entendre au colon qu’il existe d’autres droits que les siens en pays arabe » (Jules Ferry)
2 / « L’Algérie [française] vivra-t-elle ? »
« Front populaire, révolution [coloniale] manquée » ?
« Si l’État subit un seul instant la pression des colons, le sang coulera » (lieutenant Lagarde, 1869)
Constantinois 1945 : « La paix pour dix ans » (général Duval)
Avant la tempête
3 / Préhistoire de l’OAS : contre-terroristes ou terroristes ?
« Quand on veut faire peur, on utilise le flingue, le couteau, la grenade et le plastic » (Jean-Claude Perez)
« Camus ta gueule ! Mendès au poteau ! »
La maladie du complot
4 / Gaullistes et ultras : mariage de raison, divorce de passion
Une « entreprise d’usurpation » (Charles de Gaulle)
Charles de Gaulle dans les fourgons de l’armée
Se sont-ils compris ?
De Gaulle, « premier créateur de l’OAS » ?
5 / Naissance en Espagne franquiste
« Si l’Algérie devait ne plus rester française, j’irais à la bagarre » (Raoul Salan)
« OAS signifierait Organisation de l’action secrète » (Le Monde)
Le baroud de déshonneur de « généraux en retraite »
6 / « L’OAS frappe où elle veut, quand elle veut »
« Pourquoi y’a eu l’OAS ? Parce qu’il y avait le FLN qui nous égorgeait » (Marthe Villalonga)
L’élimination des Européens « communo-gaullo-russophiles »
« Barbouzes » contre OAS
7 / La course à l’abîme
« Maintenant, l’OAS abat à la grenade, à la rafale, à l’arme blanche » (Mouloud Feraoun)
« J’écarte toute idée défensive au profit d’une offensive généralisée » (Raoul Salan)
8 / L’OAS en métropole
« Des tombeaux attendent les traîtres à Paris comme à Évian » (OAS)
Vers une guerre civile en métropole ?
Racket : « Je n’ai pas envie de vivre dans un pays nazi » (Brigitte Bardot)
L’erreur stratégique de Salan
9 / Les alliés avoués… et les autres
Le rôle de l’extrême droite
Y eut-il une affaire Giscard d’Estaing ?
D’autres complicités dans l’appareil d’État
10 / Tuer de Gaulle
« Les honnêtes gens n’auront de repos que la patrie ne soit débarrassée de son Guide » (Jacques Perret)
Petit-Clamart : « Cette fois, c’était tangent » (de Gaulle)
Ultimes tentatives
11/ L’après Évian Laisser aux Arabes le pays tel qu’on l’a trouvé
Le drame de la rue d’Isly
Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 1962, à Oran
« L’histoire se répète toujours deux fois » : tragédie de l’OAS, comédie du CNR
Épilogue judiciaire
12 / Fascistes, soldats perdus, malfrats… ou tout cela à la fois ?
Un ensemble hétérogène
Un désir de vengeance
Le trésor commun : l’Algérie française
Un fascisme français ?
Des hommes contre
13 / Quelques parcours post-Algérie
Soldats perdus
Dominique Borella - Pierre Dubiton - Roger Faulques - Jean Kay - Pierre Montagnon -Pierre Sergent - Rolf Steiner
Des terroristes devenus notables
Gabriel Anglade - Gilles Buscia - Jean-François Collin - Alain Griotteray - Dominique Venner
14 / Restauration coloniale
La résistible ascension de la nostalgérie OAS
Après la guerre : amnistie ou amnésie ?
La République (giscardienne) réintègre ses enfants perdus
L’ère de la restauration coloniale
Conclusion. Débloquer l’histoire
La résurgence de l’histoire coloniale dans la France contemporaine
Le mauvais procès de la « repentance »
En finir avec la rumination éternelle du passé colonial
Annexe. Le bilan humain des actions de l’OAS
Principaux sigles utilisés
Notes
Documentation et sources

I. Bibliographie
II. Filmographie
III. Documents sonores
Index.

Alain Ruscio rafraîchit les mémoires sur les ignominies de l’armée secrète.

16/04/2015 - Philippe Douroux - Libération

 

C’est l’adjectif qu’il convenait d’employer : « interminable ». Car l’historien Alain Ruscio, qui connaît par cœur cette histoire de l’un des mouvements terroristes intimement lié à la décolonisation, réitère le douloureux constat de la façon dont les idées et l’action de l’Organisation armée secrète – ou des hommes qui l’ont composée avant même sa fondation – ont imprégné et continuent d’exercer un certain attrait au sein de la politique française, à droite, à l’extrême droite. (…) Pour ne pas répéter les errements, relire cette histoire à l’aune des discours présents est essentiel.

17/04/2015 - Grégory Martin - L'Humanité

 

Au-delà de l’éclairage historique, le livre de Ruscio a un double intérêt : il rappelle les conditions d’avènement d’une République qui ne pouvait guère être démocratique ; et il rend compte des résurgences d’une OAS idéologique.

23/04/2015 - Denis Sieffert - Politis

 

L’ouvrage d’Alain Ruscio, Nostalgérie, analyse le traumatisme suscité par la guerre d’Algérie et éclaire l’intensité des guerres mémorielles auxquelles elle donne lieu aujourd’hui.

22/05/2015 - Jack Dion - Marianne

 

Un récit synthétique des racines et de l’histoire de ce tragique épisode, ainsi que de ses séquelles contemporaines.

11/06/2015 - Ouest France

 

NOSTALGERIA
The Never-ending Story of the OAS

Not content to have led an entire community into a dead end and into exile, the hardboiled supporters of French Algeria, former members of the Organisation armée secrète (OAS) and their descendants have since tried to take over its heritage. They wanted to stop history and succeeded in part. Alain Ruscio retraces the actions of the OAS men through to their modern legacy in a clear and precise history, giving us the keys to understanding this organisation considered scandalous from both a historical point of view as well as one of memory.
This thorough and well-documented study comes as a very necessary response to a form of denial encouraged by a certain form of colonial history “à la française.”


Alain Ruscio, holds a PhD in history and has dedicated most of his research to colonial history. He is the author of La Guerre française d’Indochine, 1945-1954 (Complexe, 1992), Le Credo de l’homme blanc. Regards coloniaux français, xixe-xxe siècles (Complexe, 1996, 2002) and Y’a bon les colonies ? La France sarkozyste face à l’histoire coloniale, l’identité nationale et l’immigration (Le Temps des cerises, 2011).


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