Dans une atmosphère de fin de règne, la Tunisie du général président Zine el-Abidine Ben Ali a vu son épouse, Leila Trabelsi, jouer depuis plusieurs années un rôle déterminant dans la gestion du pays. Main basse sur la Tunisie : telle semble être l’obsession du clan familial de la « présidente », comme le relatent en détail les auteurs de ce livre, informés aux meilleures sources et peu avare en révélations. Du yacht volé à un grand banquier français par le neveu de Leila à la tentative de mainmise sur les secteurs clés de l’économie, les affaires de la famille Trabelsi se multiplient sur fond de corruption, de pillage et de médiocrité intellectuelle. Mais la surprise dans cette triste vie du sérail tunisien vient de la forte personnalité de Leila, bien plus proche d’une Catherine de Médicis que d’une courtisane de boudoir. Son appât du gain et son habileté à placer les siens en font la digne héritière de Wassila Bourguiba, qui gouverna la Tunisie dans l’ombre d’un président vieillissant et malade. Connue pour la place faite aux femmes dans la vie publique, la Tunisie est le seul pays arabe où l’épouse du chef de l’État puisse prétendre à un tel rôle. Après l’influence, le pouvoir ? Alors que se préparait une nouvelle élection présidentielle truquée de Ben Ali, Leila tentait de se poser en régente, avec l’aide des siens et le silence complice de la France. Nicolas Beau et Catherine Graciet plongent ici dans les arcanes, les alliances et les trahisons d’un pouvoir familial mesquin et perverti, qui tient lieu d’État dans une société à la dérive. Et où tous les signaux ? politiques, économiques et sociaux ? passent progressivement au rouge, tandis que le président et son entourage se préoccupent surtout de s’enrichir et de réprimer toute contestation.
Collection : Cahiers libres Parution : octobre 2009 Nb de pages : 180
Prix : 14 € ISBN : 9782707152626 Dimensions : 135 * 220 mm Façonnage : Broché
Nicolas Beau ancien journaliste au Canard enchaîné, il est le directeur du site Bakchich.info. Il est notamment l'auteur de Paris, capitale arabe (Seuil, 1995) et Notre ami Ben Ali avec Jean-Pierre Tuquoi (La Découverte, Paris, 1999).
Introduction. Leila Trabelsi, l'usurpatrice La place des femmes, ou l'exception tunisienne De Wassila Ben Ammar à Leila Trabelsi Plus qu'un clan, pas encore une mafia « Enrichissez-vous ! » 1. Des maîtresse femmes au pouvoir Légitimité amoureuses et valeurs partagées Wassila, un « véritable contre-pouvoir » Saïda Sassi, de Bourguiba à Ben Ali Leila, une icône de la modernité La « femme tunisienne » à toutes les sauces Une personnalité en trompe l'oeil Le retour du refoulé ? 2. Une fulgurante ascension Le secret des deux Leila De l'agence de voyages au secrétariat de direction Climat de terreur à Tunis Les sept familles qui pillent la Tunisie Un boulevard pourles Trabelsi 3. Cohabitation au palais de Carthage Les Ben Ali, couple infernal Quand Leila fait et défait les carrières Abdelaziz Ben Dhia, l'homme des missions secrètes de Ben Ali Abdelwaheb Abdallah, « majordome de la famille Trabelsi » Conseillers occultes et appareil sécuritaire : les pilliers du régime Le RCD, parti-État dédié au culte de Zine 4. Belhassen Trabelsi, le vice-roi de Tunisie « Monsieur frère » fait des emplettes au patrimoine historique Gare à vos entreprises ! Un partenariat gagnant-gagnant avec Hédi Jilani Belhassen Trabelsi se bonifie avec l'âge 5. Imed Trabelsi, le matelot Pas un, mais trois yachts volés ! Imed, l'enfant terrible des Trabelsi Imed fait embastiller un innocent La vengeance de Leila 6. Leila, directrice d'école : l'affaire du lycée Pasteur Main basse sur l'enseignement, avec l'aide de la France Des résultats plus que mitigés Le lycée Louis-Pasteur, un concurrent à éliminer Appétits immobiliers et passe-droits Du sur mesure pour les rejetons du clan Trabelsi Des Scuds bien ajustés 7. Sakhr Materi, l'héritier présumé Leila et Naïma, les rivales L'alliance de la République et du beylicat 17 millions d'euros dans la corbeille à mariage de Sakhr La vie rêvée de « Monsieur Gendre » Gare aux vents contraires 8. « Miracle » économique : l'envers du décor Le chouchou tunisien Des statistiques publiques en trompe l'oeil Premières turbulences liées à la crise mondiale Diplômés au chômage et boom de l'économie informelle La classe moyenne s'essouffle 9. Le vent tourne pour le régime de Ben Ali Le bassin minier de Gafsa s'embrase La France envers et contre tout Bernard Kouchner insulté Dolce vita en Tunisie Les États-Unis haussent le ton Conclusion. Les incertitudes d'une fin de règne L'Audace, victime du harcèlement de Carthage La paranoïa d'une dictature en bout de course La « régente » Leila gère la succession.
« Deux vibrionnants journalistes de Bakchich, en l’occurrence Nicolas Beau, directeur de la rédaction, et Catherine Graciet, journaliste, publient le 1er octobre aux éditions La Découverte un livre-enquête sur le régime tunisien qui n’en finit pas de traîner la patte à l’instar de son leader, le général-président Ben Ali. Titre de l’ouvrage : La régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. Sa parution énerve au plus haut point le régime de Ben Ali. La première dame, Leila Trabelsi, a en personne introduit un référé devant la 17è chambre correctionnelle du Tribunal de Paris pour tenter de faire interdire le livre. Elle a été déboutée. Les sbires de Ben Ali organisent également le 1er octobre une manifestation de Tunisiens en colère devant les locaux parisiens de La Découverte. » Bakchich.info
« Le dernier livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet (La Régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. Ed. La Découverte, 177 p, 14 €) devrait déplaire à Tunis. Les deux journalistes y racontent en effet comment le « clan » de Leïla Trabelsi, l’épouse du président Zine el-Abidine Ben Ali, aurait réussi, en quelques années, à mettre la main sur des pans entiers de l’économie tunisienne. » Tunisia Watch
« Dans un livre paru le 1er octobre, les journalistes Nicolas Beau et Catherine Graciet dressent un portrait assassin de la « régente de Carthage », Leila Trabelsi, laquelle, avancent les auteurs, se positionne pour l’après Ben Ali.Il y a quelques jours, la « présidente » s’est elle-même chargée de la promotion de ce court et peu flatteur portrait de 180 pages. Invoquant « des passages diffamatoires et d’autres injurieux », la première dame s’est adressée – en vain - à la justice française.....pour en interdire la publication et retirer les exemplaires déjà en circulatio. Pourtant, l’ouvrage n’est pas tout à fait une biographie non autorisée de Leila Trabelsi, 52 ans.Il s’agit plutôt, pour Beau et Graciet, de dresser un état des lieux de la dérive mafieuse de clans qui s’agitent sur fond de rumeurs persistantes de vacillement de la santé présidentielle. » Espace Tunisie
« Les éditions La Découverte publieront, début octobre, La Régente de
Carthage, une enquête explosive des journalistes Nicolas Beau et Catherine
Graciet sur le rôle que joue en Tunisie Leïla Trabelsi, l'épouse du président
Zine el-Abidine Ben Ali et sa famille. Un "clan" accusé de contrôler, sur fond
de corruption, des secteurs clefs de l'économie. » L'EXPRESS
«
Elle est l'épouse du Président et, en coulisse, elle manoeuvre. Elle place ses
amis aux postes clés, veut contrôler le pouvoir économique et protège les siens
au point qu'on la compare, parfois, à Catherine de Médicis. C'est... C'est...
Perdu ! Vous avez très mauvais esprit, on ne vous félicite pas ! Car cette
épouse ambitieuse et peu scrupuleuse, selon les auteurs de l'enquête, c'est
Leila Trabelsi, l'épouse du général président tunisien Ben Ali. Nicolas beau et
Catherine Graciet, journalistes de Bakchich, consacrent tout un ouvrage à ce
personnage peu connu en France. » SINÉ HEBDO
« Le
brûlot, riche en révélations, lève un épais voile sur les pratiques
dictatoriales du couple présidentiel tunisien, qualifié de "parvenus et
d'incultes" et raconte comment l'ancienne "coiffeuse de Tunis" s'est
subrepticement emparée du pouvoir pour piller, avec l'aide de sa famille, le
pays, en usant de menaces physiques, d'instrumentalisation de la justice, de
mensonge d'Etat et parfois d'assassinats. » EL
WATAN