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Catalogue / Ethnologie et anthropologie / La préhistoire des autres     

La préhistoire des autres
Perspectives archéologiques et anthropologiques

Nathan SCHLANGER, Anne-Christine TAYLOR

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La préhistoire des autres
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Longtemps, dans les représentations conventionnelles, la préhistoire a été celle de l’Europe occidentale, caractérisée par de l’industrie lithique et des grottes ornées emblématiques. A contrario, les sociétés non occidentales, en particulier les sociétés dites « primitives », sont appréhendées comme étant intemporelles, figées dans le moment de leur découverte.
Comment l’anthropologie prend-elle en compte le passé des sociétés dites « tribales » qu’elle étudie ? Comment ces sociétés se représentent-elles leur passé et comment l’archéologie peut-elle leur apporter une profondeur historique ? Dans quelles perspectives historiques et archéologiques les replacer ? Comment, en retour, l’anthropologie et l’archéologie des sociétés non européennes permettent-elles de donner des perspectives renouvelées à l’archéologie « occidentale » ?
Archéologues et anthropologues offrent leurs regards croisés sur les cultures non occidentales et présentent ici les avancées récentes dans le champ de la recherche, en mettant l’accent sur la préhistoire de ces sociétés.

Préface. La Préhistoire des « autres », c’est aussi la nôtre, par Jean-Paul Jacob, Stéphane Martin
Introduction. Archéologie et anthropologie : chemins parcourus et engagements partagés, par Nathan Schlanger, Anne-Christine Taylor
Trajectoires
Objets
Engagements et responsabilités
Conclusions
I / Aréchéologie et anthropologie sociale
1. La préhistoire des autres, du déni au défi, par Alain Testart
2. Seuls les grands singes ont une « nature humaine », par Marshall Sahlins
Thucydide, Thomas Hobbes et John Adams - Autres ontologies de
l’être humain - « La mystérieuse efficacité de la relationnalité » - La nature humaine, c’est la culture
3. L’imaginaire et le symbolique, par Maurice Godelier
4. Lascaux et la préhistoire de l’art non occidental, par Margaret W. Conkey
Ce que l’art pariétal a d’« occidental » - Les « arts » des autres - Images et interprétations - Questions de modernité
5. D’une histoire à l’autre. Retour sur une théorie des liens entre langues et techniques en Afrique, par Olivier P. Gosselain
Poterie africaine : de l’ethnographie à l’archéologie - Une méprise - Tout modèle a un coût - Changement de perspective - Quand les acteurs entrent en scène - Slow Science
II / Les sociétés dans leur environnement
6. Archéologie de l’innovation, par Sander Van der Leeuw
L’évolution du cerveau humain - L’explosion de l’innovation : maîtriser la matière et apprendre à se servir du cerveau d’une façon optimale - La maîtrise de l’énergie et de l’information
7. Diversité linguistique et agrobiologique dans le passé amazonien, par Eduardo Góes Neves et Stéphen Rostain
Écologie historique et auteurs culturels dans le passé amazonien - Plantes cultivées et pratiques agro- forestières dans le passé amazonien

Conclusion : diversité agro-écologique et diversité culturelle dans le passé amazonien
8.Little Foot : nouvelles études autour du fossile d’australopithèque le plus complet au monde, par Laurent Bruxelles
Géologie et paysages de ce « Berceau de l’Humanité »
L’incroyable découverte du squelette de Little Foot
La mésaventure de Little Foot
Little Foot peut-il être notre ancêtre ?
La question cruciale de la datation de Little Foot
Conclusion et perspectives
9.Utilisation des mollusques/coquillages dans les sociétés précolombiennes des Petites Antilles. Éléments de systèmes techniques, sociaux et culturels, par Nathalie Serrand
« Hommes et mollusques » : statuts, enjeux et théories - Données de l’archéologie précolombienne des Petites Antilles - Une ressource clef dans l’organisation territoriale des groupes non sédentaires du Méso-indien - Des témoins de la constance culturelle et économique des migrants du Néo-indien ancien - Un vecteur de changements dans le contexte de diversification culturelle du Néo-indien récent - Une ressource à multiples valences
10.La figure atemporelle du « nomade des steppes », par Carole Ferret
Pour une démythification du nomadisme - Le pastoralisme nomade en Asie intérieure - L’exploitation politique de la figure du nomade - Pour aller plus loin
III / Les sociétés et leurs objets
11. Les campements de Pincevent, entre archéologie et anthropologie, par Claudine Karlin et Michèle Julien
Le site de Pincevent - Une enquête d’ethnographie - Les campements - L’habitation
Conclusion
12. La percussion tendre organique dans l’Acheuléen d’Afrique orientale, par Sophie Clément
La percussion tendre organique : historique et définition - Percussion dure vs percussion tendre
Isenya et l’apport de l’archéologie expérimentale à la compréhension des techniques - Les autres sites étudiés : techniques et matières premières - Échantillonnage : choix et méthode - Expérimentation
Conclusion
13. Les industries lithiques de Blombos (Afrique du Sud). Apports de l’expérimentation à l’histoire des techniques, par Vincent Mourre
Diversité des techniques de taille préhistoriques - La retouche par pression - Le site de Blombos - Les pointes foliacées bifaciales Stillbay de Blombos - « La révolution qui n’en était pas une »
14. Comprendre les mégalithes de la Sénégambie. Généalogie des modèles explicatifs, par Augustin F. C. Holl
Introduction - Les mégalithes dans les folklores locaux - Les origines du mégalithisme sénégambien - Les origines du mégalithisme sénégambien - Fonctions des monuments mégalithiques - Établir les données - Recherches sur les mégalithes des années 1960 à 1990 - Les recherches en cours
En guise de conclusion
15. La préhistoire de l’Égypte. L’unification culturelle de la vallée du Nil au IVe millénaire, par Nathalie Buchez et Béatrix Midant-Reynes
L’unification culturelle de l’Égypte - Diffusion et homogénéité - Chaînon manquant
Conclusions
16. Accéder au passé d’une région : l’exemple de la culture matérielle des sites néolithiques et protohistoriques en contexte dunaire au Sénégal, par Sandrine Deschamps
Brève histoire de l’archéologie de la zone dunaire - Le contexte dunaire sénégalais - Résultats des missions archéologiques depuis 2005 - L’exemple de la culture matérielle du site de Palène (M’boro, Sénégal) - Les résultats de l’analyse du matériel lithique - Les résultats de l’analyse de la céramique
Conclusion
IV / L’Idéel et le matériel
17. Des objets pour penser l’indicible. La nécessaire convergence des théories de la culture matérielle, par Pierre Lemonnier
La culture matérielle et ses approches - Objets et communication non verbale - Trois remarques pour conclure
18. Des hameaux partagés par les vivants et les morts. Pratiques funéraires des premières sociétés sédentaires au Proche-Orient, par Fanny Bocquentin
Quand l’Homme se sédentarisa… - La maison natoufienne - Un partage sélectif du hameau - Le traitement des défunts - Accompagnements et dépôts - Les morts, un soutien à la sédentarisation - Et par la suite… que deviennent les morts au Néolithique ?
Conclusion
19. Le nomadisme dans les steppes aux environs de notre ère. Culture matérielle et objets symboles, par Guilhem André et Hélène Martin
Sites sédentaires et mode de vie - Culture matérielle et société

Conclusions
20. Momies chachapoyas du Pérou ancien, par Sonia Guillén
Les Chachapoyas - Préservation et présentation des momies - Pratiques funéraires

Conclusions
21. Un sanctuaire marin de l’Arabie néolithique, par Vincent Charpentier et Sophie Méry
Akab et le Néolithique d’Arabie - La fouille de la structure en os de dugong - Le mobilier présent dans la structure - Interprétation du « dugong bone mound » d’Akab
Conclusion
22. De « l’objet social total » à la « sociologie par l’objet » L’igname comme contexte chez les Abelam de Papouasie-Nouvelle-Guinée, par Ludovic Coupaye
Du contexte en général - Les grandes ignames comme contexte d’étude - Un artefact aux multiples propriétés ? - La chaîne opératoire comme fil directeur - Concrétiser l’idéel pour donner à voir le réseau ? - Civilisation de l’igname
Conclusion : les objets comme sociologie
Conclusion.

"L'ethnologie des autres n'a longtemps servi qu'à penser la préhistoire de soi." La formule, citée par l'anthropologue Alain Testart (CNRS, Collège de France), résume la façon dont la science occidentale a longtemps considéré les "sauvages" : leur comportement actuel pouvait l'aider à comprendre son propre passé. C'est ainsi que Pierre de Jussieu, constatant la similitude entre les outils lithiques rapportés des Amériques et les "pierres de foudre" peuplant alors les cabinets de curiosités, comprend que ces dernières ont elles aussi été façonnées par "nos ancêtres". Très éclairante, cette méthode comparatiste est aussi réductrice : elle fige lesdits sauvages dans une forme d'intemporalité, dénie toute profondeur temporelle aux sociétés tribales. Et peut être sujette aux erreurs de perspective. Un colloque organisé en janvier 2011 par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) et le Musée du quai Branly avait réuni des archéologues et des anthropologues pour tenter de redonner de l'épaisseur à cette "préhistoire des autres". Le présent ouvrage regroupe leurs très riches contributions, apportant un passionnant regard croisé sur les cultures non occidentales.

08/09/2012 - Le Monde

 

Si la représentation de la préhistoire des sociétés occidentales est bien établie, comment représente-t-on celle des sociétés dites primitives que l'on a tendance à concevoir immuables ? Archéologues et anthropologues ont entamé ce dialogue lors d'un colloque organisé au musée du Quai Branly, à Paris, en 2011 et dont cet ouvrage rend compte. Une trentaine de contributions pour mieux découvrir certains aspects de l'Arabie néolithique ou les premières sociétés du Proche-Orient.

01/10/2012 - Sciences et avenir

 

La Préhistoire des autres… brouille les cartes. Tel est le message principal de ce recueil, issu d’un colloque tenu en janvier 2011, forcément trop composite pour qu’on en épluche le détail. Mais l’idée, bien rendue par les textes introductifs, vaut qu’on s’y arrête. C’est d’abord un constat, dressé par Alain Testart : le déni de la préhistoire des sociétés réputées sans histoire n’est plus possible. Sous l’effet des recherches de ce dernier demi-siècle, l’évidence d’une préhistoire mondiale centrée et calée sur l’Europe et le Proche-Orient s’est évanouie. Les séquences se brouillent : la pierre polie existe en Australie plus de dix mille ans avant l’Europe, la céramique naît en Chine quinze mille ans avant notre ère, le tout avant toute trace d’agriculture et au sein de populations étonnamment sédentaires… Pour résumer, « la triple association entre agriculture, pierre polie et céramique » descend de son piédestal, et se montre telle qu’elle est : une singularité du Néolithique européen. De cette réfutation concrète (et non plus éthique), on conclura en retour, si encore nécessaire, que les chasseurs-cueilleurs d’Asie, d’Afrique et d’Amérique ne sont pas les témoins vivants de notre préhistoire, mais les produits de la leur, qui reste à connaître. Une fois dépouillée du schéma évolutif simple qui la hantait encore, l’anthropologie peut-elle réinstaurer un dialogue avec l’archéologie et comment ? Ce second souci du colloque trouve une réponse dans les pages rédigées par Nathan Schlanger et Anne-Christine Taylor, qui soulignent le « matérialisme méthodologique » commun aux deux disciplines. C’est autour des objets et des cultures matérielles que s’organisent, dans ce volume, les rencontres les plus fréquentes entre les témoignages vivants et les vestiges d’un passé désormais conçu comme « multicentré ». Une très intéressante leçon, accompagnée de résultats de recherches dans les cinq parties du monde, qui se signalent par leur nouveauté et leur originalité.

01/11/2012 - Nicolas Journet - Sciences Humaines

 

Inventée en Europe, la science préhistorique reste eurocentrique, de sorte que les sociétés non occidentales semblent n'avoir quitté leur préhistoire qu'avec l'arrivée des Européens. Le colloque dont et issu ce livre était un effort pour, en croisant les regards anthropologiques et archéologiques, faire éclater l'évidence que la même profondeur temporelle existe partout, quelle que soit la distance d'une culture avec sa propre préhistoire.

01/11/2012 - Pour la Science

 

 
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