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Catalogue / Écologie et environnement / La politique de l'oxymore     

La politique de l'oxymore
Comment ceux qui nous gouvernent nous masquent la réalité du monde

Bertrand MÉHEUST

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Les démocraties modernes possèdent-elles les ressorts nécessaires pour prévenir et affronter la catastrophe écologique due au réchauffement climatique ? Comme l’explique Bertrand Méheust, ce n’est pas de l’écologie libérale et du « développement durable » que viendra la réponse : ces discours consistent à graver dans l’esprit du public l’idée que l’écologie est compatible avec la croissance et même mieux, qu’elle la réclame, afin de masquer l’incompatibilité entre la société globalisée dirigée par le marché et la préservation de la biosphère.
Un univers mental ne renonce jamais à lui-même si des forces extérieures ne l’y contraignent pas. Le système a saturé tout l’espace disponible et est à l’origine de tensions de plus en plus fortes. Pour les masquer ceux qui nous gouvernent pratiquent la politique de l’oxymore. Forgés artificiellement pour paralyser les oppositions potentielles, les oxymores font fusionner deux réalités contradictoires : « développement durable », « marché civilisationnel », « flexisécurité », « moralisation du capitalisme », etc. Ils favorisent la destruction des esprits, deviennent des facteurs de pathologie et des outils de mensonge. Plus l’on produit d’oxymores et plus les gens sont désorientés et inaptes à penser. Utilisés à doses massives, ils rendent fou. Plus la crise s’aggrave, plus le réchauffement climatique nous menace et plus nous assistons à la production et à l’usage cynique, sans précédent dans la démocratie française, d’oxymores à grande échelle.
Avant-propos
I / Toute société cherche à persévérer dans son être
II / La politique de l'oxymore
Postface
Le cosmique et la cité. Regard rétrospectif sur un parcours atypique.
« Voici un homme qui ne demande qu'à être démenti. À condition, bien entendu, d'être au moins d'accord sur deux faits. Un, "la biosphère est une pellicule fragile et fine, une sorte d'exception presque miraculeuse dans un environnement vide et glacé": ceux qui croient qu'on trouvera la semaine prochaine une planète habitable de rechange à portée de fusée peuvent quitter le débat. Deux, "cette fragile biosphère ne pourra longtemps supporter cette croissance continue sans s'effondrer": ceux qui pensent qu'une croissance infinie est possible dans ce monde fini et que le marché couplé à la technoscience sera, par essence, capable de résoudre les problèmes qu'il a engendrés peuvent retourner au PMU, les paris sur l'avenir c'est distrayant. Considérant ces deux faits, le philosophe Bertrand Méheust en déduit dans un livre stimulant qu'il faut changer le système en place: air connu. mais il ajoute aussitôt que cela lui paraît impossible. [...] Bon. Voilà un prophète de malheur de plus. En ces temps d'optimisme forcé genre "la reprise n'est pas pour plus tard que dans pas longtemps. »

18/03/2009 - Jean-Luc Porquet - Le Canard enchaîné

 

Jamais les usages cyniques des techniques de communication n’ont atteint un tel niveau de sophistication au sommet du pouvoir. Mais les vices du discours élyséen ne produisent plus d’effets : sa duplicité est de plus en plus démasquée. C’est ce que révèle entre autres la montée progressive d’une colère contre les faux-semblants des promesses du pouvoir. Les mythologies patiemment construites –“Travaillez plus pour gagner plus”… – s’écroulent d’elles-mêmes. Lors de son discours du 24 mars à Saint-Quentin, il dénonçait les stock-options sans pour autant appeler à les faire disparaître. Les effets d’illusionniste tombent à plat, au point que la croyance dans la parole politique s’amenuise à mesure que celle-ci amplifie son espace. L’usage de l’oxymore – association de deux termes contradictoires regroupés dans une formule – dans la production du discours politique constitue la règle de la “novlangue” de Sarkozy, qui en produit à grande échelle, analyse Bertrand Méheust dans un essai, La Politique de l’oxymore (La Découverte). Ce sont ces oxymores que les citoyens sont invités à enregistrer passivement : discrimination positive, croissance négative… Méheust souligne que la société contemporaine “enferme la vie quotidienne dans un corset toujours plus dense de réglementations, dérégule le travail et la finance mais surrégule la vie quotidienne des mortels”,“vante le risque et l’initiative individuelle mais prône par ailleurs le risque zéro”, “exalte l’individu et la vie privée mais en même temps met en place des moyens de contrôle panoptiques qui empiètent sur la vie privée”,“considère l’enseignement et l’éducation comme l’alpha et l’oméga, mais voue un mépris de plus en plus pesant (…) aux enseignants”… Le vice de ces injonctions paradoxales repose moins sur la contradiction de leurs niveaux de discours que sur la nécessité pour le pouvoir d’en user. C’est la meilleure manière d’anesthésier l’opinion, de la désorienter, voire de la rendre folle, car “l’oxymore rend fou” (l’étymologie grecque est “folie aiguë”). A moins que l’oxymore ne calme artificiellement les peurs. “La crise sans criser” titrait Libération : difficile aujourd’hui d’échapper au négatif de son élan positif, au côté pile de son versant face, à la déraison de sa rationalité, au “more”du “less”. Confusion des temps, ère du faux.

31/03/2009 - Jean-Marie Durand - Les Inrockuptibles

 

Rares sont les livres qui ne tournent pas en rond et qui font progresser la réflexion (sans parler des flots de ceux qui la font régresser). Aussi le livre Bertrand Méheust La politique de l'oxymore est un "ouvrage événement" pour comprendre le moment que nous sommes en train de vivre. L'auteur, philosophe, "spécialiste de l'histoire de la psychologie", s'y prononce clairement pour la décroissance (ici supportable) et démontre que le développement durable ou la " dissociation des flux" font partie des ces oxymores qui permettent au système de ne pas se remettre en cause. L'ensemble est écrit clairement et intelligemment.

01/04/2009 - La Décroissance

 

L'oxymore est un procédé littéraire qui consiste à rapprocher deux mots que tout éloigne. L'expression "développement durable" en est un bel exemple en économie. Prétendre, comme le font les économistes, que la croissance ne compromet pas l'avenir des générations futures est la dernière tartufferie d'un système à bout de souffle, avant le désastre final. Car "le marché en cherchant par tous les moyens à poursuivre sa course folle mettra l'humanité en péril". Ne nous leurrons pas, "le retour en grâce de l'Etat ne déviera pas le cours du fleuve qui est devenu trop puissant". Parce que la diffusion sur toute la planète de l'individualisme consumériste rend illusoire le développement durable pour tous. L'auteur partage avec Marcel Gaucher la conviction que la démocratie va, sans doute, se généraliser. La prédation sur la biosphère ne cessera pas pour autant, car une "Sparte démocratique" n'existe nulle part! Pour ceux qui ne partagent pas ce pessimisme radical, la réflexion de l'auteur les incitera à une vigilance accrue, face à un G20 qui semble obsédé par le retour de croissance sans vraies modifications dans notre modèle de développement.

01/06/2009 - Hervé Vouillot - Alternatives économiques

 

OXYMORON POLITICS


Our modern democracies seek to peddle to the public the notion that Ecology requires Growth. According to Bertrand Méheust however, a Market-ruled Globalized Society is incompatible with the preservation of the biosphere. He draws attention to the political use of oxymorons that blur the line between two inherently contradictory realities : « Sustainable Development », « Integrated Farming », « Flex Security », « Moral Capitalism »,etc. The ever-increasing use of oxymorons make us less focused and capable of discernment.


is a Philosopher. He specialises in the History of Psychology.


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