Eternit, la fibre tueuse
Le combat pour la justice de Casale, ville martyre de l'amiante

Giampiero ROSSI

Le 13 février 2012, le tribunal de Turin a condamné à seize ans de prison deux magnats de l’amiante. Un verdict historique dans la lutte contre la « fibre tueuse ». Après trente ans de combat, les habitants de la petite ville piémontaise de Casale Monferrato, contaminée par l’usine Eternit, ont fait reconnaître la responsabilité de deux hauts dirigeants de la multinationale belgo-suisse dans l’« épidémie » de cancers de la plèvre et la contamination à grande échelle de toute cette localité.
Comment une modeste ville ouvrière d’Italie a-t-elle pu remporter pareil combat contre un géant industriel ? Et comment une population décimée par les pathologies incurables est-elle parvenue à reprendre espoir et à relever la tête ? Dans un récit poignant et palpitant, émaillé de portraits et d’histoires de vie, le journaliste Giampiero Rossi nous fait vivre la longue bataille politique, judiciaire et médiatique engagée à l’initiative de deux syndicalistes et d’une veuve de l’amiante, soutenus par toute une communauté, pour obtenir la condamnation des responsables, la dépollution de leur ville et la prise en charge des maladies.
Précieux rempart contre la résignation économique et civique, ce livre d’enquête montre comment Casale est devenue une figure de proue du combat mondial pour l’interdiction de l’amiante et le jugement des responsables de la catastrophe sanitaire. Elle donne à ceux qui mènent ce combat en France et dans bien d’autres pays un exemple de ténacité et de courage.
Une postface inédite de l’auteur et plusieurs documents complémentaires viennent enrichir l’édition française de ce livre.

Version papier : 14,50 €
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Détails techniques
Traduit par Béatrice DIDIOT
Collection : Cahiers libres
Parution : septembre 2012
ISBN : 9782707173508
Nb de pages : 168
Dimensions : 135 * 220 mm

Giampiero ROSSI

Giampiero Rossi, né à Milan en 1964, a été pendant près de vingt ans journaliste au quotidien L’Unità. Il est actuellement rédacteur en chef de l’hebdomadaire A. Il est l’auteur, entre autres, de Il lavoro che ammala (Ediesse, 2010), Mafia a Milano (Me-lampo, 2011) et, à propos du procès de Turin sur l’amiante, Amianto. Processo alle fabbriche della morte (Melampo, 2012). En 2009, il a obtenu pour le présent ouvrage la distinction du président de la République italienne du prix journalistique « Piero Passetti ».

Extraits presse

Romana Blasotti Pavesi vit à Casale Monferrato dans le Piémont italien. Elle y est heureuse, entourée de son mari Mario, de ses enfants, de ses amis. Tous travaillent à l'usine Eternit, "le meilleur débouché de la région". Mais en quelques années, Romana voit son bonheur s'effondrer : son époux, sa soeur, son neveu, sa fille décèdent de la même maladie pulmonaire. D'où vient ce mal qui tue à petit feu les ouvriers et leurs proches ? C'est le début d'un long combat syndical et judiciaire, trente ans de lutte pour démontrer que la fibre Eternit, constituée d'amiante, utilisée dans toutes les maisons, est un poison létal. Trente ans de lutte pour faire condamner les responsables de la maladie mortelle d'au moins 2 969 personnes. Le journaliste italien Giampiero Rossi est parti à la rencontre de Romana - fondatrice d'une association de victimes -, a retracé l'action de Bruno Pesce et de Nicola Pondrano - syndicalistes obstinés - et, au final, déroule par le menu l'histoire de ce qui reste l'un des plus longs combats judiciaires italiens… jusqu'à la victoire finale et la condamnation, en 2007, des milliardaires belge et suisse, propriétaires de l'usine. Une aventure collective qui rappelle que partout où l'amiante passe, la mort s'installe. Et pour longtemps : à Casale, malgré les désamiantages et les progrès médicaux, la courbe des décès dus à l'amiante ne baissera pas avant 2020.

01/09/2012 - Thomas Monnerais - Alternatives Internationales

 

Alors que, le 13 février dernier, le maxi-procès de l’amiante à Turin s’est clos par la condamnation de deux anciens dirigeants suisse et belge d’Eternit à seize ans de prison, les éditions La Découverte nous livrent la traduction de l’ouvrage du journaliste Giampiero Rossi, paru en 2008 en Italie, retraçant les trente années de lutte de la population de Casale Monferrato contre la « fibre tueuse ». En 1906, cette petite ville du Piémont – 35 000 habitants aujourd’hui – est déjà connue pour sa production de ciment, ce qui explique le choix de l’industriel génois Adolfo Mazza d’y implanter une usine de production d’eternit, mélange de fibre d’amiante, de ciment et d’eau, d’une exceptionnelle résistance, breveté quelques années plus tôt par un Autrichien. Rapidement, la population perçoit la nocivité de cette production, qui provoque chez les ouvriers d’Eternit des affections pulmonaires comme l’asbestose. Mais il faudra plusieurs décennies pour qu’elle fasse le lien entre l’amiante et l’épidémie de cancers, notamment de mésothéliomes – les cancers de la plèvre typiques de l’amiante –, qui, vingt ou trente ans après l’exposition, frappent la population de l’usine mais aussi les habitants de la ville. Et ce n’est qu’à la fin des années 1970 que des syndicalistes Cgil s’organisent pour non plus obtenir des compensations aux conditions de travail insalubres, mais bel et bien la fin de la production d’amiante-ciment. « Passer d’une lutte syndicale pour améliorer les conditions de travail à un débat public sur l’interdiction de l’amiante ne fut pas facile », témoignent les trois cofondateurs de l’Association des familles de victimes de l’amiante de Casale Monferrato (Afeva) que sont Nicola Pondrano, délégué syndical Cgil dans l’usine, Bruno Pesce, secrétaire de l’union locale Cgil, et Romana Blasotti, dont la famille a été décimée par le mésothéliome. Après la faillite de l’usine et sa fermeture en 1986, le combat des habitants permettra d’obtenir une loi interdisant totalement l’amiante en Italie en 1992 (sept ans avant la France), puis une première victoire judiciaire en 1997, enfin le maxi-procès qui s’est ouvert en décembre 2009, portant sur 2 272 victimes de la ville de Casale Monferrato, dont 482 n’ayant jamais travaillé à l’usine. En annexe, les contributions de dirigeants de l’Andeva en France, de la juge d’instruction parisienne Marie-Odile Bertella-Geffroy, et du procureur turinois Raffaele Guariniello, qui a mené l’instruction sur Eternit, permettent de comprendre pourquoi, de ce côté-ci des Alpes, les plaintes de victimes de l’amiante n’ont toujours pas débouché sur un procès pénal.

21/09/2012 - Fanny Doumayrou - L'Humanité

 

En février 2012, le tribunal de Turin a condamné deux magnats de l’amiante à seize ans de prison, après trois décennies de combat de la part des riverains et des travailleurs d’une usine italienne exploitant la fameuse « fibre tueuse ». Journaliste italien, ayant longtemps travaillé au quotidien l’Unità, Giampieri Rossi signe une enquête aussi passionnante que terrifiante au cœur de la petite ville piémontaise de Casale Monferrato, lieu d’implantation – depuis 1906 – d’une usine du groupe suisse Eternit. Dans un style plein d’humanité, son récit, émaillé de portraits et de parcours de vie, retrace le combat de toute une cité, frappée par les pathologies incurables dues à la contamination à grande échelle. Une lecture essentielle pour comprendre la mobilisation de cette agglomération, véritable exemple pour le combat encore inachevé en faveur de l’interdiction totale de l’amiante partout dans le monde.

27/09/2012 - Politis

 

Comment la petite ville ouvrière du Piémont empoisonnée par la "fibre tueuse" d'une usine Eternit s'est battue pendant trente ans pour faire juger et condamner par le tribunal de Turin les deux dirigeants de la multinationale belgo-suisse. Traduit de l'italien, le récit de Giampiero Rossi nous fait vivre les longs combats politiques, médiatiques et judiciaires engagés par deux syndicalistes et une veuve dont toute la famille a été décimée par l'amiante.

01/10/2012 - Santé et travail

 

Comment une modeste ville ouvrière d'Italie a -t-elle pu remporter pareil combat contre un géant industriel ? Et comment une population décimée par des pathologies incurables est-elle parvenue à reprendre espoir et à relever la tête ? Dans un récit poignant et palpitant, émaillé de portraits et d'histoires de vie, le journaliste Giampiero Rossi nous fait vivre la longue bataille politique, judiciaire et médiatique engagée à l'initiative de deux syndicalistes et d'une veuve de l'amiante, soutenus par toute une communauté, pour obtenir la condamnation des responsables, la dépollution de leur ville et la prise en charges des maladies.

03/10/2012 - Force Ouvrière

 

L'intérêt de ce livre tient autant au fond qu'à la forme. Le style narratif est fluide, souvent poignant. L'excellente traduction laisse intactes toutes les nuances des sentiments habitant les protagonistes. Tout en respectant le fil de l'histoire, l'auteur recentre le récit sur trois "lieux" symboliques, partant de plus intime pour aller au plus collectif. Une famille ordinaire, rattrapée par "l'épidémie" de mésothéliome, l'usine, Léviathan ambivalent, maudite mais seule richesse de la région, enfin la ville, avec sa réalité mortifère quotidienne, mais aussi ses doutes et ses débats. Il aura fallu la pugnacité d'une poignée d'habitants pour qu'émerge une prise de conscience indignée de la réalité, s'opposant à la fatalité ambiante. Ce combat du pot de terre contre le pot de fer semblait pourtant perdu d'avance. Contre toute attente, il s'est soldé par une victoire exemplaire: le 13 février 2012, après que l'amiante est interdite sur tout le territoire italien, les dirigeants d'Eternit sont condamnés par le tribunal de Turin à 16 ans de prison. Au -delà du récit, la postface pour l'édition française donne la parole aux trois principaux leaders de ce combat. Ils reviennent, avec le recul nécessaire, sur ces années de lutte et tirent des conclusions qui font écho à l'interview du procureur de Turin et d'une juge d'instruction parisienne. Malgré les différences entre les systèmes judiciaires de part et d'autre des Alpes, ceux-ci élargissent le débat et tracent les voies possibles pour que de telles catastrophes environnementales et sanitaires ne puissent se reproduire: à méditer !

01/11/2012 - Bernard Schmitt - Pour la Science

 

Mario, Libera, Giorgio et Maria Rosa. C'est avec ces quatre victimes d'une même famille que débute le récit du drame de l'amiante, à Casale Monferrato, une ville du Piémont, au nord de l'Italie. Comme dans un film néo-réaliste des années 1950, l'auteur, qui fut journaliste pendant vingt ans au quotidien L'Unita, campe le décor de cette catastrophe sanitaire qui a fait 1800 morts dans la ville martyre. Au total, quelque 3000 personnes ont été tuées par la fibre sur les sites industriels de la société Eternit. Le 13 février 2012, le tribunal de Turin a condamné à seize ans de prison deux dirigeants de la multinationale belgo-suisse, un verdict considéré comme historique. En France, on estime le nombre des victimes de l'amiante à 3000 chaque année.

01/01/2013 - Le Monde Hors Serie

 

Table des matières

Avant
1. La famille
L’ours - Le chemin de croix - La malédiction - La rage et la douleur -
2. L’usine
Là où l’on trouvait autrefois des truffes… - Le soupçon - Le cancer de Casale - Erin Brockovich dans le Monferrato - Scaphandriers et fantômes - La révolte de Lilliput
Après
3. La ville
Un poison selon la loi - Les orphelins de la justice - Le garçon de comptoir et la boulangère - Attention à ces deux-là !
4. Le procès
Tout autre chose que la fatalité - Il n’y a qu’une seule Eternit - Le tunnel
Et ensuite ?
5. L’avenir
La stratégie de l’escargot
Chronologie
Postface. Comment tout cela s’est terminé
Annexes
1. « Notre lutte contre l’amiante »,
2. Raffaele Guariniello : les leçons du procès de Turin
3. Pénal : mettre la justice française à l'heure italienne
4. Marie-Odile Bertella-Geffroy : l’indifférence du parquet français
5. Pour en savoir plus.