La prévention spécialisée est née au tournant de la Seconde Guerre mondiale, mais la philosophie à laquelle elle se réfère remonte au XIXe siècle. Elle a d'abord été un mouvement en réaction aux modes traditionnels d'intervention auprès des jeunes délinquants et en danger, puis a été progressivement incluse dans la politique de prévention générale conduite par les pouvoirs publics, sans renoncer pour autant à la militance de ses débuts et sans cesser de se percevoir comme autonome. L'histoire de la prévention spécialisée est riche, plurielle, mouvementée. Peu d'ouvrages s'y étaient intéressés jusqu'à présent. Françoise Tétard et Vincent Peyre viennent combler ce manque, en offrant une analyse historique qui fait écho aux préoccupations actuelles de ce secteur professionnel. En effet, l'histoire de la prévention spécialisée est aussi celle d'une société qui ne cesse d'invoquer de manière lancinante sa jeunesse : une jeunesse que tour à tour on veut protéger ou dont on veut se protéger. Les politiques, les médias, parfois même les professionnels, semblent ainsi reproduire en spirale les mêmes discours sur la violence toujours plus grande, toujours plus précoce de ces jeunes délinquants, toujours plus nombreux, qui envahiraient les rues de nos cités. Qu'ils soient dénommés apaches, jeunes voyous, blousons noirs, sauvageons ou encore, plus récemment, racaille...



2026-05-01 - PRESSE

Préambule
I. L'invention et ses inventeurs (1943-1950)
L'expérience de Lille : une opportunité pédagogique
La Boutique des cheftaines, à Paris, rue de Navarre
La création des Équipes d'amitié par un délégué bénévole à la Liberté surveillée
De Montreuil à Montesson : l'esprit de fronde
Le modèle s'expatrie et se réinvente à Nancy
Haro sur l'internat
À l'origine, quelques hommes et quelques femmes
II. L'enracinement (1950-1957)
Essaimage, la deuxième vague
Le premier salarié des clubs
Retrouvailles à Jambville
Le club des Réglisses recrute
La pédagogie de la Baraque
Les clefs de l'" accrochage "
Salariés et bénévoles d'une même cause
La conscience du " quartier "
Le cercle des pionniers s'élargit
III. L'incitation (1957-1962)
À la recherche d'une " autorité "
La profession de foi des " clubs et équipes de prévention " (21 janvier 1957)
La Sauvegarde donne l'hospitalité, provisoirement
De la quête à la conquête des financements
L'urgence des blousons-noirs
Le loisir comme argument
L'esprit de plate-forme
Tentatives d'école de prévention
IV. Une institutionnalisation progressive
L'installation du comité Pichat (1962-1963)
La recherche de Vaucresson (1959-1964)
De nouvelles associations frappent à la porte
Le rapatriement au ministère de la Santé et l'arrêté de 1972
Les " affaires " de Besançon, Caen et Nantes ou la prévention aux prises avec les tribunaux
Le moment " gauchiste "
À partir de 1971, le Comité national de liaison (CNL)
V. Changement dans la fidélité
La prévention spécialisée, oubliée des dispositifs (1983)
Les actions de préventions : outils ou prétexte ?
La " doxa ", ou comment la prévention spécialisée se définit
Commande publique territoriale et injonction sécuritaire
Mais en fait, prévenir quoi ?
Conclusion
Annexes
Quelques données quantitatives
Associations inscrites sur la liste des clubs et équipes de prévention (1967)
Textes législatifis et réglementaires
Sigles et abréviations
Bibliographie.