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Catalogue / Sociologie, société / Changements et pensées du changement     

Changements et pensées du changement
Échanges avec Robert Castel

Robert CASTEL, Claude MARTIN

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Changements et pensées du changement
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La question du changement a toujours représenté un défi pour la réflexion sociologique. Elle a généralement été appréhendée sous l’angle d’une opposition entre innovations à effets limités et ruptures paradigmatiques. En insistant sur les continuités et les lentes recompositions, Robert Castel a proposé une lecture originale de cette question, interprétant le changement comme une métamorphose, une synthèse du passé et du présent. De ses premiers travaux sur la psychiatrie, la psychanalyse et la diffusion de la culture psychologique à ses études sur l’effritement de la condition salariale, qui est pour lui le symptôme d’une nouvelle « grande transformation », Robert Castel a composé une fresque précieuse, incontournable, pour penser notre présent.
Constitué d’une vingtaine de textes, cet ouvrage propose une réflexion essentielle sur la sociologie de Robert Castel. Chacun des auteurs y interroge la relation théorique et intellectuelle qu’il entretient à son travail. À la fin de chaque partie, Robert Castel revient sur ces analyses, répondant aux critiques, discutant les propositions. Ce livre-laboratoire, lieu d’un véritable échange, revient sur l’ensemble du travail théorique de l’un des plus grands sociologues français ; il met en lumière sa richesse, ses apports, ses impulsions, tout comme ses besoins de prolongement.
Deuxième édition, augmentée d’une postface inédite de François Dubet.

Introduction. Pour une généalogie du présent. Les conditions d’un échange, par Claude Martin
Les limites de l’hommage
Ceci n’est pas une biographique intellectuelle
Repérer des fondamentaux
Le fil d’une pensée
I / Du changement
1. Penser le changement : le parcours des années 1960-2010
, par Robert Castel
Les années critiques
Le retournement de conjoncture
Les catégories d’analyse de la pensée du changement
La sociologie comme pensée du changement
2. Le sillon que l’on creuse. En explorant une « grande transformation »,par Ota de Leonardis
Société de relation. Du monde psy au réseau
Société de séparation. Réflexions autour de l’exclusion et des murs, anciens et nouveaux
Quels collectifs ? Que va-t-on perdre par la décollectivisation ?
II / La société salariale à l’épreuve
3. Fabriquer du collectif ?,par Bernard Gazier
Entre le politique et le cognitif : l’encastrement et le désencastrement comme constructions sociales
Le réformisme de la « citoyenneté solidaire » et son contenu
4. La société salariale à l’épreuve de l’anomie ou de la pluralité, par Patrick Cingolani
La désagrégation du lien
Incorporation et alternatives
Déboîtages collectifs
Entre statut et subjectivité
5. Les classes populaires ont-elles vraiment perdu la partie ? Sept questions à Robert Castel, par Gérard Mauger
La classe ouvrière a perdu la partie
Pourquoi la classe ouvrière a perdu la partie
6. Individus populaires. Sociabilité et politicité, par Denis Merklen
Le quartier comme mode d’inscription collective
L’accès aux ressources
La politicité
7. Des supports de l’individu moderne à la casse des métiers,par Michel Chauvière
8. La société salariale à l’épreuve : discussion et commentaires,par Robert Castel
III / Travail et assistance : effets de brouillage
9. La pauvreté, entre l’assistance et le travail
, par Numa Murard
La pauvreté chez Simmel et Castel
Expérience et problématisation
Une expérience qui ne passe pas
L’expérience biographique du rapport au travail
Pour conclure
10. Le ressentiment, passion de l’assistance ? Éléments pour une réflexion sur la fonction expressive de l’État social, par Nicolas Duvoux
Politiques d’intégration et politiques d’assistance du point de vue des passions
Le ressentiment des couches sociales précarisées
Le contre-ressentiment des minoritaires
Ressentiment et pauvreté
11. Déconstruire le social. Micheline dans tous ses états, par Isabelle Astier
Micheline ou la « longue durée du social »,
Micheline, entre domination et débrouillardise
Micheline, un cas social bien loin du politique
Micheline et l’activation du social
Micheline ou le social aux prises avec les institutions
Pour conclure : la grande transformation du social,
12. De l’insertion sociale à la gestion des immotiles. Le travail social en reconfiguration, par Marc-Henry Soulet
Politiques sociales génératives et politiques sociales d’entretien
Les effets de la durée sur place
Un travail de gestion de l’immotilité
Réintégration sociale ou intégration relative ?
13. Le Lazarillo de Tormes et les lois des pauvres, par Fernando Álvarez-Uría
Un roman d’un rire acide
L’avis de Luis Vives,
Le débat entre Domingo de Soto et Juan de Robles
El Lazarillo : liberté et modernité
14. Entre travail et assistance : discussion et commentaires, par Robert Castel
IV / Aux frontières de la société salariale
15 .« Compter sur » et « compter pour ». Les deux faces complémentaires du lien social
, par Serge Paugam
Les formes élémentaires et entrecroisées du lien social
Fragilité et rupture cumulative des liens sociaux
16. Question urbaine et question sociale : qu’est-ce qui a changé ?,par Jacques Donzelot
Question sociale et question urbaine
L’urbain dans les déclinaisons de la citoyenneté
17. La question familiale face à la montée des incertitudes,par Claude Martin
La question sociale lovée dans la question familiale
Les relations familiales, entre travail et soutiens publics
Une lecture nostalgique et générationnelle ?
18. La présence sociale et les temps sexués du care pour repenser la solidarité, par Marc Bessin
Les proches par l’échange et le refus des disciples
Le genre aux marges de la question sociale ?
Castel et les temporalités
Les turbulences du temps
Les temporalités au principe du genre
Présence sociale : le privé est politique
Articuler droits et besoins
19. La propriété sociale, une transmutation du politique dans le contractuel, par Jean-François Laé
La rente viagère comme modèle de la protection sociale
De l’intérêt public dans le contrat de louage
Une liberté contractuelle assiégée
La rémanence des formes contractuelles
20. De l’insécurité sociale à la human security, par Giovanna Procacci
La montée du risque
La politique de la sécurité
Mutations sémantiques de la sécurité
21. Aux frontières de la société salariale : discussion et commentaires, par Robert Castel
V / Le métier de sociologue
22. Robert Castel et le métier de sociologue,
par Francis Bailleau
Le terrain, les terrains et la méthodologie
Une posture : de l’engagement au désenchantement
Robert Castel, orphelin du siècle ?
23. Faire un diagnostic du temps présent. Le modèle sociologique d’analyse de Robert Castel,par Julia Varela
Neutralité axiologique versus réflexivité
Entre la généalogie du pouvoir et la sociologie des champs
Une trajectoire sociologique exemplaire
24. Portrait,par Gérard Mauger
25. Témoignage : à Buchenwald,par Robert Castel
« À Buchenwald »,
Bibliographie sélective
Choix de premiers textes publiés entre 1964 et 1968
Choix de textes publiés entre 1968 et 1983 sur la psychiatrie, la psychanalyse et la diffusion de la culture psychologique
Choix de textes publiés depuis 1985 sur la généalogie du social et de sa régulation
Les auteurs
Postface. Un maître sans disciples
, par François Dubet.

Les juristes appellent cela des « mélanges ». Un certain nombre de chercheurs adressent un hommage à l’un de leurs collègues, souvent en fin de carrière et doté d’un réel prestige intellectuel, en constituant un recueil de travaux dans la lignée de ceux sur lesquels le destinataire a travaillé, voire a été l'un des précurseurs. La caractéristique de cette façon très académique de célébrer un aîné est que ce dernier se contente le plus souvent d'écouter ces communications, rassemblées ensuite en volume, et d'ajouter quelques mots de remerciements, parfois agrémentés de remarques succinctes. Rares sont les longs dialogues qui s'engagent entre lui et ceux qui se placent ainsi dans une position de disciples. Animés par Claude Martin, directeur de recherches au CNRS et titulaire de la chaire "Lien social et politiques" à l'Ecole des hautes études en santé publique, ces échanges avec Robert Castel sont au contraire l'un des éléments les plus passionnants de cet épais recueil qui vient de paraître aux éditions La Découverte. Autour de l'oeuvre et de la trajectoire intellectuelle, critique et politique de celui qui est aujourd'hui considéré à juste titre comme l'un des sociologues français les plus importants de la seconde moitié du XX° siècle et de ce début de XXI° siècle, une vingtaine de ces collègues (dont Gérard Mauger, Numa Murard, Jean-François Laé, Jacques Donzelot, Francis Bailleau, Julia Varela, etc.), inscrits pour la plupart dans un courant "critique" au sein de leur discipline, interrogent l'apport de Robert Castel à celle-ci et, surtout, pour leur propre travail. [...] Conçu avec Robert Castel, le livre se propose donc de "dépasser l'hommage" pour constituer un objet original, un "livre-laboratoire" travaillant la question des "changements et des pensées du changement" en sociologie, qui sont au coeur de son itinéraire personnel et intellectuel de près d'un demi-siècle.

05/04/2012 - Olivier Doubre - Politis

 

Robert Castel est certainement, et à juste titre, l'un des plus grands sociologues français actuels, et pourtant, il n'a pas fait " école ", comme il le reconnaît lui-même. Il n'en reste pas moins que ses analyses concernant la construction de la société salariale, puis son effritement en cours ont influencé plus d'un chercheur. Une vingtaine d'entre eux s'acquittent ainsi de leur dette dans cet hommage. Aux critiques et questions qu'ils lui adressent dans cet ouvrage tiré d'un colloque, l'intéressé répond en bloc à la fin de chaque partie. L'occasion pour lui de s'expliquer sur certains points insuffisamment détaillés de son propre travail, mais aussi d'assumer une position " réformiste " sans pour autant avoir renoncé à la critique. Si l'ouvrage peut apparaître un peu difficile d'accès, surtout à ceux qui ne sont pas familiers de l'oeuvre de Robert Castel, il pourra néanmoins susciter l'envie de s'y (re)plonger !

01/05/2012 - Igor Martinache - Alternatives Economiques

 

De la critique des institutions psychiatriques à la généalogie du salariat, tout en développant un regard attentif sur les modes de perception des incertitudes et la gestion des risques, le parcours de Robert Castel est riche. C’est aussi un parcours singulier : s’il a croisé des chemins − Pierre Bourdieu, Michel Foucault, François Ewald, Harold Garfinkel − il ne s’est attaché à aucune école, préservant sa disponibilité à se laisser surprendre. On ne trouvera dans ses travaux ni analyse empirique, ni tentative d’expertise visant à corriger les aspérités de l’instant ; on sera surpris des torsions imposées à des notions qui, telle la pauvreté, sont traitées ailleurs comme des invariants. En fait ce que Robert Castel a toujours voulu approfondir se rapporte au changement social : il repère dans un présent des configurations problématiques (le voisinage du travail et du chômage par exemple) et cherche à en exposer la complexité, la généalogie, les possibles devenirs. Dans son travail sur la métamorphose de la question sociale, il apparaissait bien que les changements apportés par le travail salarié sont rarement linéaires, qu’ils ne sont pas nécessairement le progrès que l’on avait attendu, qu’ils n’ont pas vraiment facilité l’exercice, pourtant concevable, d’une citoyenneté responsable. Cette approche se prête à des dialogues fructueux, dont ce livre rend un beau témoignage. Gérard Mauger, Jacques Donzelot, Claude Martin, Serge Paugam, Mac Bessin et bien d’autres, amis de longue date ou plus jeunes, l’interpellent à partir de leurs propres travaux (les politiques sociales, l’assistanat, les transformations de la famille, l’urbanisme). Il approuve ou dit ses hésitations, ses convictions, son pessimisme aussi. C’est un échange exigeant sur les zones d’ombre, sur la dureté de notre présent, sur les utopies trop faciles qui pourraient les aggraver.

01/11/2012 - Pascale Gruson - Etudes

 

Malgré les précautions prises par son maître d’œuvre Claude Martin, comme il est d’usage, dans ce genre de littérature, notamment pour se prémunir d’un procès en « affinité scientifique » qui pourrait réduire le livre aux acquêts d’un contenu apologique ou d’une science courtisane, l’ouvrage quoiqu’impersonnel rend bel et bien un hommage à Robert Castel. Mais il ne s’agit pas d’un hommage de convenance et de reconnaissance fidèles puisque ce livre s’impose à coup sûr comme une contribution appréciable à la compréhension d’une théorie sociologique du changement social. Et l’approche de Castel est une référence en matière de sociologie contemporaine du changement social. Elle décrit depuis des années les transformations des modes de vie et les métamorphoses de la société française en mouvement à partir des mutations économiques qui reconfigurent l’espace monde par-delà les déterminants sociaux au niveau microsociologique et macrosociologique

20/03/2012 - Patrice Moundounga Mouity - Liens socio

 

La pensée de Robert Castel a marqué la sociologie française des trente dernières années. Un ouvrage collectif s’emploie à discuter des thèses et concepts proposés par ce sociologue de la marginalité. Il ressort des contributions rassemblées un héritage de critique sociale adossé à la pratique sociologique.

26/09/2012 - Emmanuel Pierru - La vie des idées

 

CHANGES AND THOUGHTS OF CHANGE
Conversations with Robert Castel

This book is the result of discussions between Robert Castel and some twenty of his colleagues, drawing on the theoretical and intellectual background of his sociological work, which proposes a \"genealogy of the present\".


Robert Castel is Director of studies at the EHESS. Having directed a first series of research on the sociology of Psychiatry, he interested himself from the beginning of the 1980s in labor issues, social interventions and changes in social policy. His book Métamorphoses de la question sociale (Fayard, 1995) has led him to be considered one of the key figures of French sociology. Claude Martin is Director of research at the CNRS, he holds the \"Health and social links\" Chair of the École des hautes études en santé publique and is Co-Director of the journal Lien social et Politiques. His research is at the crossroads of Family sociology and Social Policy sociology.


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
 
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