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Capital santé
Quand le patient devient client

Philippe BATIFOULIER

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Capital santé
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Aux États-Unis, la maladie peut conduire à des situations d’endettement dramatiques. En France, on a longtemps cru que le fameux « système-de-santé-que-tout-le-monde-nous-envie » serait épargné. Le patient est pourtant souvent amené à payer des dépassements d’honoraires exorbitants, en ville comme à l’hôpital, ou à affronter des déserts médicaux. Il subit les prix très élevés de l’optique, des soins dentaires ou des prothèses auditives. Plus généralement, il pâtit de la débâcle de l’Assurance maladie, qui ne rembourse qu’environ la moitié des soins courants auxquels est confrontée la grande majorité de la population.
Ainsi, la maladie n’est plus seulement une épreuve physique et morale, mais aussi une épreuve financière, largement indexée sur les inégalités sociales. Le patient renonce de plus en plus aux soins, faisant les frais de cette évolution jusque dans son corps. S’il fréquente l’hôpital public, sa souffrance rencontre celle des soignants qui, face à la folie managériale, finissent par s’accuser eux-mêmes de maltraitance involontaire. Le système de soins, initialement pensé et construit pour protéger le patient, s’est donc littéralement retourné contre lui. Le patient se trouve dépossédé de son bien le plus précieux, sa santé, qui devient une formidable source de profit pour les cliniques privées, les compagnies d’assurances et l’industrie pharmaceutique. Il est grand temps de réagir.
Introduction
La défaite du patient
La santé, avant tout considérée comme un coût
La santé, avenir du capitalisme ?
1. La lutte initiale pour la socialisation
La socialisation du soin de santé : une révolution
La santé au-delà de la santé
Soutenabilité financière contre soutenabilité sociale
Résister à la médecine libérale
2. Sous le joug de l’entreprise
La santé des entreprises passe avant celle des individus
La réalité de l’hôpital entreprise
La revanche de la médecine libérale
3. Les privatisations de la santé
La diversité de privatisations
Le développement de l’assurance santé privée
L’abandon du service public
L’apprentissage d’un comportement entrepreneurial par le patient
La colonisation du public par le privé
4. L’éducation du patient à la responsabilité
Le dénigrement de la dépense de santé
De la dépense de santé de l’intérêt bien compris
Une fausse responsabilité individuelle dans l’état de santé
Encadré. L’obésité, un cas emblématique d’inégalités sociales de santé
Le partage des risques : l’affirmation d’une convention pour la prise en charge du soin
5. La nouvelle donne du capitalisme sanitaire
L’industrie pharmaceutique : dépenses publiques et rentes privées
Le médicament générique face au capitalisme pharmaceutique
Le développement du capitalisme par la prise en charge des maladies chroniques et le déremboursement du petit risque
Le marché de l’assurance santé complémentaire dopé par les déremboursements
Encadré. Qui se partage le marché de l’assurance complémentaire santé ?
Segmentation des assurances, segmentation des patients
Que reste-t-il de l’identité mutualiste ?
6. Le patient noyé par la norme de la concurrence
Le patient, maillon faible de la construction marchande
Une démocratie sanitaire canalisée vers le marché
Encadré. Le savoir du médecin est-il un problème ?
Standardiser pour comparer : la normalisation du soin
Le régime de performance médicale
Une réforme hospitalière inégalitaire et inefficace
De la souffrance des soignants à celle des patients
7. Faire payer le patient
Une pluralité de dispositifs coûteux pour le patient
L’appui de la théorie économique standard pour renchérir le soin
Concentrer les déremboursements sur le « petit risque » ?
Derrière la théorie, les intérêts dominants
8. Fragmentation des droits et nouvelles inégalités
Le renforcement du ciblage pour combattre les inégalités
Des dispositifs insuffisants pour leurs bénéficiaires
Le délitement du lien social
Des priorités qui désagrègent le corps social
Conclusion
Un système en crise
Maîtriser la dépense par la solidarité
L’insurrection du patient
Notes.
Et si les dépenses de santé étaient prises en charge à 100% contre 76 % en moyenne aujourd'hui ? C'est la suggestion - quasi révolutionnaire, en ces temps de disette budgétaire - de l'économiste et spécialiste de la protection sociale Philippe Batifoulier dans son essai Capital santé. Attention, l'auteur n'entend pas rembourser toutes les dépenses, mais celles les plus utiles, comme les prothèses auditives et les lunettes. Ce membre des Economistes atterrés dénonce le "néolibéralisme sanitaire" à l'oeuvre depuis une trentaine d'années et générateur d'inégalités devant les soins. Bien sûr, son propos, très hétérodoxe, semblera peu réaliste mais certains passages ne manqueront pas de faire réfléchir: ils permettent d'ouvrir le débat en apportant un autre regard sur les réformes prises depuis le virage de 1980, date de l'autorisation des dépassements d'honoraires et premier coup de canif dans les principes constitutifs de la Sécu.

01/10/2014 - Stéphanie Benz - L'Expansion

 

Parmi les ouvrages qui dénoncent la privatisation de notre système de santé, celui de Philippe Batifoulier, membre des Economistes atterrés, a un double intérêt. Le premier est de placer le rôle central du patient dans la réflexion. Incité par les dispositifs publics à adopter des comportements de consommateur en quête de l'offre la moins chère, le patient est aussi sans cesse soupçonné de vouloir profiter du système de protection sociale. Il se voit sommé de bien gérer son "capital santé" acquis à la naissance. Cette vision, qui oppose bons et mauvais patients, renforce les inégalités structurelles entre eux. L'autre intérêt du livre réside dans son approche historique, qui permet à l'auteur de démonter méthodiquement les réformes mises en place depuis les années 1980, de la part croissante des assurances privées dans la prise en charge de la maladie à l'institutionnalisation des dépassements d'honoraires. Ces évolutions ont réduit la santé à une question de coûts. La privatisation de la santé va pourtant de pair avec une dépense publique élevée, qui prend en charge les patients "non rentables". Ce livre, qui n'est pas exempt de redites, est à garder à portée de main pour comprendre le sens des réformes que nous proposent aujourd'hui nos responsables politiques.

01/11/2014 - Céline Mouzon - Alternatives Economiques

 

Enseignant en économie et membre du collectif des Economistes atterrés, Philippe Batifoulier met en évidence un changement de représentation, où la dette sociale devient diabolique au lieu d'exprimer la cohésion sociale. Il appelle les patients à l'insurrection, afin non pas de réclamer plus d'argent pour couvrir tous les risques, mais de définir leurs propres priorités dans l'accès aux soins.

19/11/2014 - Solveig Godeluck - Les Echos

 

 
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