Quotidien politique
Féminisme, écologie, subsistance

Geneviève PRUVOST

Fin des sociétés paysannes, cuisines équipées, bétonisation des terres arables, effacement des savoir-faire et cosmogonies autochtones, ignorance des rythmes du monde vivant… Ces phénomènes divers que l’on apprend aujourd’hui à déplorer sont bel et bien liés, nous disent depuis un demi-siècle des théoriciennes écoféministes, critiques de la modernité industrielle. C’est à leurs pensées, méconnues en France, ainsi qu’aux leçons existentielles et politiques qu’il convient d’en tirer, qu’est consacré cet ouvrage. L’auteure explore les alternatives écologiques et anticapitalistes contemporaines pour démontrer que la vie quotidienne est un terrain politique fondateur.
Sans politique du quotidien, sans reconstruction collective et radicale de notre subsistance, il n’y aura pas de société égalitaire ni écologique. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la généralisation du salariat qui a permis d’accéder à la société de consommation et au confort appareillé, mais le colonialisme et le travail domestique féminin. Une autre organisation politique de la vie et des rapports à la nature est possible. À condition d’être redistribué, ancré dans une communauté en prise avec un biotope et des usages, le travail de subsistance ainsi repensé devient un facteur d’émancipation. La fabrique du quotidien apparaît alors pour ce qu’elle est : un enjeu révolutionnaire.

Version papier : 22,00 €
Version numérique : 14,99 €
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Détails techniques
Collection : L'horizon des possibles
Parution : 09/09/2021
Format : EPub
ISBN papier : 9782348069666 ISBN numérique: 9782348069673

Geneviève PRUVOST

Geneviève Pruvost, médaille de bronze du CNRS, est sociologue du travail et du genre au Centre d’étude des mouvements sociaux (EHESS). Ses recherches portent sur la politisation du moindre geste et les alternatives écologiques. Elle a notamment publié, avec Coline Cardi, Penser la violence des femmes.

Table des matières

Introduction
La fabrique à découvert
Rendre vital l’accessoire
Virage paysan

En quête d’alternatives rurales
Pratiques convergentes
En quête de politiques de
subsistance
Quotidienneté critique
La vie quotidienne comme niveau de réalité nourricier
Décortiquer la quotidienneté appareillée
Critique en acte de la vie quotidienne
Quotidienneté facilitée et contre-système des professions
L’invention démocratique du tiers anonyme
Processus de territorialisation
Disparition de l’arène locale
Monopole de l’expert anonyme
Les effets pervers de la déterritorialisation
Confiscation de l’exercice démocratique
Création de communautés professionnelles
Dénonciation du système des professions incapacitantes
Monopole et marchandisation
Création de besoins patentés et savoirs vernaculaires
Contre-système des professions : l’activisme de l’activité
Guichet d’aide à l’installation
Activisme de l’activité
Féminisme de la subsistance : la base matricielle des sociétés primitives
Convergence du côté de la puissance des femmes

Des féministes marxistes libertaires
L’hypothèse égalitaire
Exhumer les biais patriarcaux
L’autonomie des chasseuses-cueilleuses
Maîtrise de la reproduction du vivant
Réévaluation du pouvoir des armes et de l’agora
Naissance du patriarcat
Du travail de subsistance au travail domestique
Contre-récit de la subordination féodale

Les maisonnées que nous avons perdues
Paysannes-artisanes autonomes
La naissance du capitalisme
Quand la nature devient une matière inerte
Du genre vernaculaire au couple
La reproduction à marche forcée
L’invention de la femme au foyer
Des ménagères expertes
Le mirage de la productivité domestique
Extension et individualisation du travail domestique
Sollicitude ou servitude ?
Les coûts sociaux et écologiques de l’affranchissement domestique
Décrire le monde à l’aune de la subsistance
« Housewifization » et capitalisme

Des fantômes de chair et d’os sous l’iceberg
Des femmes contre les cyborgs
Controverse sur l’universalité du travail domestique
Le travail fantôme
Guerre contre la subsistance dans le Sud global
L’oppression de la conversion planétaire au salariat
Inhabitabilité de la terre et des corps
Capture du pouvoir d’engendrement
Communautés vicinales et entre-subsistance
Du terrassement à l’ancrage
L’entre-subsistance autochtone
Autochtonie millénaire
Vivre à Gaawaabaabiganikaag
S’enfouir : le passage à l’acte de Thoreau
Comment bien vivre de peu
De la cabane à soi à la maisonnée
Communautés de concernement
Communautés de face à face
Le continuum démocratique de la mise en œuvre
Assemblées municipales et biorégionales
Assemblées municipales décisionnaires
La fabrique biorégionale de la reconnexion à la terre
Reterritorialisation de l’écopolis
Le féminisme post-industriel ou la mort
L’alternative féministe
L’écoféminisme comme action directe
La subsistance comme renversement de perspective
Sweat equity
Pas de communs sans communauté
Bascule vers l’entre-subsistance
Subsister dans l’entre-deux
Toponymie de l’action
Vivre dans la commune de Pontyolles
« Il y a tout au village »
Contribution ordinaire à la vie de la commune
Transiter à Notre-Dame-des-Landes
La noria de la fabrique collective
Peut-on terrasser les mauvaises herbes ?
Ubiquité écoféministe
Nuancier de l’écoféminisme vernaculaire
Valondes : un champ de force féminin
Pratiques d’entre-subsistance écoféministe
Foyers de subsistance résiduelle
Précis de vie rustique
Subsist we must
Vertige de la matière
Sens du juste milieu

Coaliser le versant non capitaliste des vies ordinaires
Perte des sens
La matière sans mode d’emploi
Pister les ramifications
Rythmanalyse des cycles
Redistributions des attaches
Le partage de tâches interdépendantes
Distribution induite par la confrontation à la matière
Rotation entre inconnus
Montée en compétences
De l’usure à l’attention distribuée
Conclusion
Le renversement de perspective féministe
Droits de passage
Annexe
Violet, rouge, noir et vert

Françoise d’Eaubonne, Maria Mies, Vandana Shiva et Silvia Federici
Remerciements
Bibliographie.