En avant-première voici une présentation de quelques titres à paraître à la rentrée.
Août 2012
* Daniel Bensaïd l'intempestif, sous la direction de François Sabado - en librairie le 23 août 2012
Daniel Bensaïd a été la figure de proue d’une gauche révolutionnaire à la fois exigeante et ouverte, respectée bien au-delà des organisations de tradition trotskiste. Un hommage à sa pensée en perpétuel mouvement, deux ans après sa mort, avec des textes de Cinzia Arruzza Olivier Besancenot, Alex Callinicos, Philippe Corcuff, Carlos Carujo Michael Löwy, João Machado, Edwy Plenel, Philippe Pignarre, Josette Trat, Esther Vivas.
Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles, délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires, harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones, boxeuses, génocidaires, maricides… Qu’y a-t-il de commun entre toutes ces figures ? Pour le comprendre, il importe d’exhumer, de dénaturaliser, d’historiciser et de politiser la violence des femmes. Telle est l’ambition de cet ouvrage, qui propose une approche pluridisciplinaire sur un sujet trop longtemps ignoré des sciences sociales.
Longtemps, dans les représentations conventionnelles, les hommes fossiles et les hommes sauvages étaient perçus comme les pendants primitifs de la modernité occidentale. La préhistoire se résumait à celle de l’Europe, caractérisée par les progrès de son industrie lithique et par des grottes ornées emblématiques. A contrario, les sociétés non occidentales étaient appréhendées comme étant intemporelles, figées dans leur présent, dépourvues d’histoire. Aujourd’hui, l’archéologie et l’anthropologie sociale travaillent ensemble à dépasser ces clivages et dissiper ces préjugés. De l’Amazonie à la Sibérie, en passant par le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Océanie, depuis les premiers australopithèques jusqu’aux sociétés contemporaines, les auteurs offrent des perspectives multiples sur la Préhistoire des « autres » pour dépasser les frontières trop étroites de l'Europe.
* Histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962), Collectif
À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les Éditions La Découverte (Paris) et les Éditions Barzakh (Alger) publient conjointement et simultanément, cet ouvrage collectif destiné à un large public sur l’histoire de l’Algérie à la période coloniale (1830-1962). En effet, celle-ci reste souvent mal connue des non-spécialistes, alors qu’elle est essentielle pour mieux comprendre la situation actuelle dans les deux pays, ainsi que leurs relations depuis l’indépendance en 1962. Or, depuis les travaux pionniers de Charles-André Julien et Charles-Robert Ageron, malgré la multiplication des publications, on manque aujourd’hui d’une vaste fresque synthétique de cette histoire, rendant compte notamment des travaux les plus récents. Ce livre, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d’autres nationalités), a donc pour but de mettre à disposition des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé.
* Jouer. Une enquête anthropologique, Roberte Hamayon
Reprenant les questions ouvertes par le célèbre Homo ludens de Huizinga, par Caillois, Winnicott ou Henriot, l'anthopologue Roberte Hamayon dégage des éléments cruciaux et mal perçus d'une anthropologie générale du jeu et de la chance.
*Les nouveaux enjeux des politiques culturelles, Jean-Pierre Saez et Guy Saez
En une vingtaine de contributions de jeunes chercheurs européens, cet ouvrage offre un bilan du renouvellement des problématiques relatives à l’analyse des pratiques culturelles, des rapports entre culture et société, des mutations des formes artistiques, des transformations de l’action publique ; il montre comment la question territoriale traverse aujourd’hui ces problématiques. Par la richesse et la variété des expériences européennes qu’il mobilise, ce livre constitue un outil précieux de compréhension des mutations contemporaines des politiques culturelles et des conditions de la création comme de sa diffusion. Il sera utile à tous les acteurs de l’action culturelle, créateurs, fonctionnaires et professionnels.
Septembre 2012
* Eternit la fibre tueuse, Giampiero Rossi - en librairie le 6 septembre 2012
Le 13 février 2012, le tribunal de Turin condamne à seize ans de prison deux magnats de l’amiante, créant un précédent historique dans la lutte contre la « fibre tueuse ». Au terme de trente ans de combat, les habitants de la petite ville piémontaise de Casale Monferrato, accueillant depuis 1906 une usine Eternit, voient ainsi reconnaître la responsabilité de la multinationale suisse dans l’« épidémie » de cancers de la plèvre et la contamination à grande échelle subies par cette localité.
Comment une modeste ville ouvrière d’Italie a-t-elle pu remporter pareil combat contre un géant industriel ? Et comment une population frappée par la multiplication des pathologies incurables et des décès est-elle parvenue à reprendre espoir et à relever la tête ? Dans un récit à la fois poignant et palpitant, le journaliste Giampiero Rossi nous fait vivre la longue bataille législative, politique, judiciaire et médiatique engagéepar toute une communauté pour obtenir réparation.
* Fabriquer le vivant ?, Miguel Benasayag et Pierre-Henri Gouyon
Un dialogue aussi vif et accessible entre Miguel Benasayag et Pierre-Henri Gouyon. La philosophie et la biologie y croisent leurs problématiques, se complétant et s’enrichissant. Loin de se limiter au champ scientifique, expliquent les auteurs, le modèle organique permet de porter un autre regard, riche de surprises, sur les phénomènes sociaux.
Soucieux de rendre compte de la complexité inhérente à la vie, sans invoquer une quelconque légitimation morale ou religieuse, ils croisent les questions qui leur tiennent à cœur, abordant des thématiques aussi variées que la création de la vie en laboratoire, la recherche fondamentale en génétique ou la perte du mythe du progrès. Un livre qui bouscule les idées afin qu’émergent de nouvelles clés pour penser le monde.
* Ces mots qui meurent, Nicholas Evans - en librairie le 13 septembre 2012
La disparition des langues est une constante de l’histoire humaine, mais son rythme s’accélère : d’ici la fin du XXIe siècle, c’est la moitié des 6 000 langues de la planète que nous risquons de voir s’éteindre. Tous les quinze jours, le dernier locuteur d’une langue en voie d’extinction meurt. Or chaque langue a une histoire différente à nous raconter. Chacune est une véritable bibliothèque aux rayons chargés de grammaires, de dictionnaires, d’encyclopédies botaniques et zoologiques, de recueils de chants et de fables… Le grand linguiste N. Evans en dresse un fascinant portrait, aussi humain qu'érudit.
* Le féminisme en mouvements, Nancy Fraser
Ce livre, composé de textes écrits entre 1984 et 2010, est le premier à témoigner de ce qui constitue pourtant l’un des aspects majeurs de la pensée de Nancy Fraser : le genre et le féminisme. L’ouvrage embrasse différentes approches : des analyses d’objets sociaux et de catégories savantes subtilement genrés, des interrogations de concepts normatifs tels que la justice sociale et l’émancipation du point de vue du genre, et des réflexions sur les choix théoriques et les stratégies politiques des différents courants féministes depuis les années 1960.
* Enquêtes sur les modes d'existence, Bruno Latour - en librairie le 20 septembre 2012
Au moment où notre univers est menacé de destruction, ce livre-monde voudrait dépasser les oppositions philosophiques binaires et le découpage de la réalité en « domaines » devenus inopérants et proposer un plurivers plutôt qu'un univers à partir de quinze « modes d'existence » aptes à rendre compte de la réalité.
Bruno Latour a mis au point un dispositif d'enquête pour repérer les valeurs multiples et contradictoires. Pour suivre le fil de l'expérience, il faut accepter qu'il y ait plusieurs régimes de vérité, plusieurs « modes d'existence », plusieurs types de raison dont l'enquêteur dressera avec soin les conditions de félicité et d'infélicité. En procédant ainsi, on revisite tous les domaines dont l'ensemble forme le cœur de notre vie collective : les sciences, les techniques, mais aussi le droit, la religion, la politique et, bien sûr, l'économie, la plus étrange et la plus ethnocentrique des productions.
* La fabrique des derniers hommes, Aurélien Berlan
En s’appuyant sur l'œuvre des « pères fondateurs » de la sociologie allemande, Weber, Simmel et Tönnies , un essai original sur le diagnostic historique du temps présent, sur la base d’une analyse des forces socioéconomiques et socioculturelles qui façonnent notre humanité, qui travaille toute une partie de la pensée moderne.
* Chinoises au XXe siècle, sous la direction de Tania Angeloff et Marylène Lieber
Comment vivent les femmes chinoises aujourd’hui ? Quel est leur statut et quelles places occupent-elles dans la Chine contemporaine ? En quoi les bouleversements économiques et sociaux des trente dernières années ont-ils modifié leurs situations et leur accès aux droits ? Observe-t-on des mutations dans leurs rapports à la famille, à l’éducation, au travail et à l’emploi ou encore à la sexualité ? Comment sont-elles représentées au cinéma ? Autant de question auxquelles, Chinoises au XXIe siècle. Entre ruptures et continuités, un ouvrage collectif résolument pluridisciplinaire, entend répondre. Des anthropologues, des démographes, des historiens, des sociologues et des politistes réfléchissent aux mutations que connaît la société chinoise contemporaine, en centrant leur analyse sur les rapports de genre.
* La bureaucratisation du monde à l'heure néolibérale, Béatrice Hibou
« Bureaucratie » : ce terme caractérise aussi bien l’entreprise, le privé, l’économie de marché, les organisations dites de la société civile… De fait, pour qui vit, produit ou consomme aujourd’hui, une évidence apparaît : l’envahissement de dispositifs bureaucratiques.
Car comment qualifier autrement l’exigence toujours croissante de papiers – pour voyager, s’inscrire dans une institution, bénéficier d’une assurance -, la confrontation incessante avec des procédures formelles – pour avoir accès au crédit, à l’électricité ou à un réseau informatique, louer un logement... –, le besoin de respecter des normes et des règles – pour que les comptes d’une entreprise soient certifiés, qu’un légume soit qualifié de biologique ? Les exemples sont infinis de cette bureaucratie actuelle qui ne doit donc pas être comprise comme un appareil hiérarchisé propre à l’État mais comme un ensemble de normes, de règles, de procédures et de formalités qui n’englobe pas seulement l’administration étatique mais l’ensemble de la société.
* Nous... la cité, Collectif - en librairie le 20 septembre
Quand quatre jeunes de banlieue se prennent d’écrire leur quotidien avec un de leurs éducateurs pendant plus d’un an, ça envoie du lourd.
Entre provocations policières, soirées à tchatcher dans les halls d’immeuble, jugements et appels, embrouilles à la con, boulots foireux, visites en prison, heures d’ennui et éclats de rire, c’est le quotidien d’un quartier populaire comme tant d’autres qui est raconté. Mais c’est sans doute des mots que viendront les solutions. La découverte de l’écriture et du pouvoir de ces foutus mots. Face à des flics. Face à des juges. Face à soi-même.
* La cassure, sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal
Pour prendre la mesure de la rupture consommée entre le politique et le social, L’état du monde 2013 en expose les manifestations et les retombées en termes économiques, sociaux, environnementaux, culturels ou encore diplomatiques et stratégiques, à travers les approches multiples des meilleurs spécialistes du champ international.
* Drogues sortir de l'impasse, Anne Coppel et Olivier Doubre
Plutôt que de proposer un modèle qui, dans le contexte actuel, demeure utopique, il est nécessaire de tirer les enseignements de l’expérience internationale des drogues. Avec la politique de réduction des risques, on a appris comment protéger la santé publique, réduire la mortalité et lutter contre le sida. L’opinion reste convaincue que l’interdit protège ; il n’en est rien, la consommation n’a pas augmenté dans les pays qui ont dépénalisé l’usage de drogues. Quand tous les États auront renoncé à pourchasser les consommateurs, il s’agira d’un tournant majeur qui videra les prisons du monde. Il sera alors possible de développer de nouvelles innovations. Car il n’existe pas de réponse toute faite. Inventer les modalités de gestion de ces produits, avec lesquels nous devons apprendre à coexister, telle est l’ambition de cet ouvrage.
Octobre 2012
* Xénophobie business, Claire Rodier
Les contrôles migratoires ont pris, depuis le milieu des années 1990, une dimension qui dépasse largement l’objectif pour lequel ils sont officiellement mis en place, à savoir la protection des frontières contre l’immigration irrégulière (et accessoirement, en lien avec la lutte contre la criminalité organisée, la répression du trafic d’êtres humains). À partir d’exemples tirés de l’actualité des dix-quinze dernières années – principalement, mais pas seulement, en Europe –, les chapitres déclinent les différentes fonctions réelles qu’occupent les contrôles migratoires.