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Aliénation et accélération
Vers une théorie critique de la modernité tardive

Hartmut ROSA

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Aliénation et accélération
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La vie moderne est une constante accélération. Jamais auparavant les moyens permettant de gagner du temps n’avaient atteint pareil niveau de développement, grâce aux technologies de production et de communication ; pourtant, jamais l’impression de manquer de temps n’a été si répandue. Dans toutes les sociétés occidentales, les individus souffrent toujours plus du manque de temps et ont le sentiment de devoir courir toujours plus vite, non pas pour atteindre un objectif mais simplement pour rester sur place. Ce livre examine les causes et les effets des processus d’accélération propres à la modernité, tout en élaborant une théorie critique de la temporalité dans la modernité tardive.
Dans le sillage de xwxxxx son ouvrage Accélération (La Découverte, 2010), dont il reprend ici le cœur du propos de manière synthétique, Hartmut Rosa apporte de nouveaux éléments en rediscutant la question de l’aliénation à la lumière de la vie accélérée. Ainsi, il soutient et développe avec force l’idée que l’accélération engendre des formes d’aliénation sévères relatives au temps et à l’espace, aux choses et aux actions, à soi et aux autres. Sous la pression d’un rythme sans cesse accru, les individus font désormais face au monde sans pouvoir l’habiter et sans parvenir à se l’approprier.

Introduction
I / Une théorie de l'accélaration sociale
1. Qu’est-ce que l’accélération sociale ?
L’accélération technique - L’accélération du changement social - L’accélération du rythme de vie
2. Les forces motrices de l’accélération sociale
Le moteur social : la compétition - Le moteur culturel : la promesse de l’éternité - Le cycle de l’accélération 3. Qu’est-ce que la décélération sociale ?
Les limites de vitesse naturelles - Les oasis de décélération - La décélération comme conséquence- Le revers de l’accélération sociale : l’inertie structurelle et culturelle
4. Pourquoi il y a accélération plutôt que décélération
5. Pourquoi est-ce important ?
L’accélération et la transformation de notre « être au monde »
II / L’accélération sociale et les versions contemporaines de la théorie critique
6. Conditions préalables à une théorie critique
7. L’accélération et la « Critique des conditions de communication »
8. L’accélération et la « Critique des conditions de reconnaissance sociale »
9. L’accélération comme nouvelle forme de totalitarisme
III / Contours d'une théorie critique de l'accélération sociale
10. Trois variantes d’une critique des conditions temporelles
11. La critique fonctionnaliste : les pathologies de la désynchronisation
12. La critique normative : l’idéologie revisitée. Démasquer les normes sociales cachées de la temporalité 13. La critique éthique 1 : la promesse brisée de la modernité
14. La critique éthique 2 : l’aliénation revisitée – Pourquoi l’accélération sociale mène à l’Entfremdung
L’aliénation par rapport à l’espace - L’aliénation par rapport aux choses - L’aliénation par rapport à nos actions - L’aliénation par rapport au temps - L’aliénation par rapport à soi et aux autres
Conclusion
Bibliographie.

On croyait le concept définitivement désactivé : l'aliénation, ayant fourni à la critique sociale son outil d'analyse le plus efficace en même temps qu'un chef d'accusation imparable, a été progressivement abandonnée, au tournant du XXIe siècle, par un grand nombre de philosophes et de sociologues. Hartmut Rosa, nouvelle figure majeure issue de l'école de Francfort, a lui-même évité le terme dans le plus important de ses livres (Accélération. Une critique sociale du temps, éd. La Découverte). Ici, demi-tour : en proposant un ouvrage court, où il rassemble ses thèses à l'attention du grand public, le sociologue allemand leur imprime une légère inflexion, en associant accélération et aliénation. Pourquoi ? « Je crois, explique-t-il en introduction, qu'aujourd'hui, beaucoup trop souvent, les sociologues, les philosophes et les théoriciens politiques sont plongés dans des débats et des projets de recherche qui n'allument aucune flamme, même en eux. » Par où il faut comprendre que les analyses, si elles ne s'accompagnent pas d'une certaine forme de dénonciation et de colère, finissent par rendre les sciences sociales impuissantes à changer la société. Or on conviendra sans peine que quelque chose ne va pas - Rosa corrige : ça va trop vite, et nulle part. Fort classiquement, le futur grand sociologue du XXIe siècle a organisé son petit livre en trois parties: dans la première, il rappelle les acquis de ses précédents travaux; dans la seconde, il discute les théories "concurrentes"; dans la troisième, il montre comment le cadre conceptuel ainsi déterminé permet de concevoir à nouveaux frais les problèmes qui sont les normes.

01/02/2012 - Maxime Rovere - Le Magazine littéraire

 

Voilà un phénomène qui occupe dans nos vies modernes une place dévorante mais auquel nous préférons ne pas réfléchir tant il paraît sans issue: nous n'avons (presque) jamais plus le temps. Nous avalons nos journées en proie à une urgence permanente, désespéré de ne parvenir à accomplir la moitié des tâches qu'on s'était fixé, voyant nos amis de moins en moins, si ce n'est sur Facebook. Bref, nous suffoquons. Quel est donc le ressort mystérieux d'une époque peuplée de machines censés nous faire gagner du temps - la voiture, la machine à laver, Internet - mais qui nous soumet paradoxalement à une "famine temporelle" inédite ? A cette énigme, Hartmut Rosa est sans doute l'intellectuel qui apporte la lumière la plus convaincante. Le sociologue et philosophe allemand avait publié l'an dernier en France un gros pavé très remarqué, Accélération, mais finalement peu lu. Normal: qui a encore le temps de se fader un livre de 500 pages alors que les incitations à s'éparpiller d'un blog à l'autre se font chaque jour un peu plus irrésistibles ? D'où l'idée de publier un digest de ses thèses, Aliénation et accélération, qui s'avère passionnant. Car loin de se contenter d'expliciter la logique de l'accélération, Rosa en fat la marque même de la modernité: la clé d'explication du désastre actuel.

01/02/2012 - Philippe Nassif - Technikart

 

Avec son livre magistral, Accélération, paru en 2010 en France, le philosophe allemand Hartmut Rosa a saisi un motif central des vices et vicissitudes de notre époque. La "société de l'accélération", dont il définit les propriétés paradoxales, se caractérise par un rythme de vie toujours plus soutenu (ou un amoindrissement du temps) en dépit d'un taux d'accélération technique impressionnant. Dans un nouveau livre, Aliénation et accélération, Rosa élargit son analyse générale en la rattachant plus précisément à sa dimension pathologique.

08/02/2012 - Jean-Marie Durand - Les Inrockuptibles

 

Chacun fait quotidiennement l'expérience de ce paradoxe : alors que la technologie nous permet de tout faire plus rapidement (se déplacer, communiquer, etc.), nous avons l'impression de toujours manquer de temps. Un phénomène que le philosophe Hartmunt Rosa qualifie d'" accélération ", en distinguant ses dimensions technique, sociale et de rythme de vie, qui s'alimentent réciproquement. Dans cet essai très accessible, il revient sur la thèse qu'il avait développée dans un livre récent très remarqué : l'organisation du temps est devenue la dimension majeure de la domination sociale dans cette période de modernité " tardive ". L'injonction à multiplier les expériences en tous genres empêche en effet chacun de s'approprier son existence et d'employer son temps à ce qu'il a vraiment envie de faire. Bref, c'est un facteur d'aliénation. Un ouvrage stimulant, à lire et à méditer… en prenant son temps !

01/03/2012 - Igor Martinache - Alternatives Economiques

 

Dans ce nouveau livre, qui condense et prolonge Accélération, son best-seller de 2010, Rosa parfait les contours de sa théorie critique de la temporalité dans notre modernité tardive - en « bref », sa réflexion sur la logique de l'accélération sociale depuis les années 1970. Cette accélération folle est comparée à une « force totalitaire » générant une profonde « aliénation » et de graves pathologies sociales (dépression, stress, burn-out). Une prise de conscience critique est nécessaire pour réinventer une vie « bonne », c'est-à-dire non aliénée. Une vie qui entre en résonance avec le monde, au lieu de s'en couper.

03/03/2012 - Juliette Cerf - Télérama

 

Le brillant livre d'Hartmut Rosa, Accélération, avait été très remarqué. Toujours dans la collection "Théorie critique", le philosophe allemand, enseignant à l'université d'Iéna et travaillant dans l'héritage de l'Ecole de Francfort, approfondit l'idée que "l'accélération engendre des formes d'aliénation sévères". Ce nouvel et passionnant "essai sur la vie moderne" propose ainsi une critique radicale du rythme toujours accru de celle-ci et de la pression qui pèse sur les individus des sociétés contemporaines.

22/03/2012 - Politis

 

Qui n’a jamais eu l’impression de manquer de temps, de courir sans cesse, de vivre une série d’instants déconnectés les uns des autres, alors même que les technologies permettent aujourd’hui de tout exécuter rapidement ?Pour le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa, cette compression du temps raccourcit le présent, donne l’impression que notre vie nous échappe et nous plonge dans un état de « saturation sociale ». L’auteur propose de fournir « un nouvel étalon pour évaluer la qualité de la vie humaine » et « retrouver des moments d’expériences non aliénées ».

01/04/2012 - Aline Pénitot - Regards

 

Ce petit livre, qui a pour ambition de reconnecter sociologie et philosophie au vécu de chacun, constitue une contribution importante à la compréhension critique du monde actuel et aux projets de transformation sociale, y compris au niveau individuel. Prolongeant son retentissant essai Accélération, paru en 2010, l’auteur démontre que les exigences temporelles de la modernité tardive tendent non seulement à miner la délibération démocratique, souvent trop « lente », mais constituent un despotisme silencieux : les diktats de l’horloge sont perçus comme des contraintes naturelles alors qu’ils sont socialement construits. Pris dans une spirale entre accélérations, croissance (des objets, des informations et des options) et concurrence de plus en plus globale, l’individu, à moins de sombrer dans une décélération dépressive, est submergé de « choses à faire » et saturé de contacts, loisirs et expériences volatils. Indispensable à qui se plaint de manquer de temps…

01/05/2012 - Christopher Pollmann - Le Monde Diplomatique

 

Aujourd'hui la seule idée que le temps libre constitue un enjeu politique sérieux fait rigoler. Le penseur allemand Rosa Hartmut, pour qui l'"accélération" est le maître mot de notre société, montre bien que nous sommes engagés dans une effarante course contre la montre, et qu'une ligne de séparation temporelle divise désormais nos sociétés modernes.

23/05/2012 - Jean-Luc Porquet - Le Canard enchaîné

 

Dans le bien nomméAliénation et accélération, Hartmut Rosa s'empare de ce thème pour élaborer une nouvelle Théorie critique, dans la lignée de l'Ecole de Francfort, mais en rupture avec ses représentants actuels (Habermas), qui méconnaissent le phénomène de l'accélération, n'apercevant pas qu'il est le grand impensé du présent, la source réelle de toutes les pathologies sociales, et que les autres dysfonctionnement en dépendent. Rosa ne se contente pas de faire du Virilio en moins verbeux, il élabore une réelle critique de la modernité tardive (sous-titre du livre), que l'on pourrait résumer ainsi: l'accélération sociale sape nos aspirations à l'autonomie et l'autodétermination, donc tout le projet de la modernité.

01/06/2012 - Pierre Jouan - Chronic'art

 

 
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