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Catalogue / Documents / Une guerre noire     

Une guerre noire
Enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994)

David SERVENAY, Gabriel PÉRIÈS

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Introduction
 

Au printemps 1994, au Rwanda, près d’un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. À un rythme trois fois plus élevé que le génocide des juifs d’Europe. Comment un tel crime de masse a-t-il été rendu possible ? Quelle est la responsabilité des grandes puissances occidentales et de la France, surtout, si proche des génocidaires ? Après quatre ans d’enquête, dans les archives du monde entier, sur le terrain, auprès des militaires français, rwandais et belges, à interroger diplomates et politiques, Gabriel Périès et David Servenay tentent de répondre à ces questions. À l’aide de témoignages inédits et de documents confidentiels, ils lèvent le voile sur l’une des origines secrètes du génocide rwandais : la doctrine française de la « guerre révolutionnaire ». Des opérations clandestines menées dans le « pré carré » au moment de la décolonisation, en passant par le trouble jeu du général De Gaulle, ils établissent la généalogie de ce qui fut pendant des décennies un véritable savoir-faire de l’armée française. Formalisé pendant la guerre d’Indochine et appliqué en Algérie, il a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans un grand nombre d’États africains… dont le Rwanda des années 1960. Et ce n’est pas le fruit du hasard si l’un des meilleurs élèves africains de la « guerre révolutionnaire » perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. Cette histoire inconnue éclaire d’un jour nouveau la responsabilité de l’État français dans le génocide rwandais.

Introduction - I / Guerre française en Afrique - 1. Une nouvelle constitution où le droit fait la force -Les trois corps de la Ve République - Un « grand commis de l’État » - L’article 16 et sa dissémination africaine - Pouvoir militaire : les continuités de l’histoire - Comment la légalité de la répression tue une république - Subversion sur les arrières lointains de la Métropole - 2. Les intellectuels de la « guerre révolutionnaire » - Le temps des hiérarchies parallèles - La « guerre révolutionnaire » devient officielle - DIT + DPU = guerre moderne - Tenir la population : renseignement, terreur et ralliements - De l’Indochine à l’Afrique en passant par l’Algérie - L’intégration belge de la « guerre révolutionnaire » - Manœuvres conjointes au Congo belge - 3. Le règne des éminences grises - Des structures d’influence parallèles : les PLR - À l’école des Jedburgh - Une armée secrète et de traditions au service de l’État - Sous les pouvoirs exceptionnels, des dispositifs secrets - Le Gabon, un modèle du dispositif général - 4. Du coup d’État constitutionnel à la pacification : guerres révolutionnaires en Afrique - Les armées africaines ont un problème d’effectifs… - … et un problème de doctrine - L’expérience d’une crise : le Cameroun - La « guerre révolutionnaire » en pays Bassa - Action psychologique, choc et ralliement - Le rôle stratégique des médias dans l’offensive psychologique - II /Rwanda, année zéro - 5. Une Révolution à l’envers - Des « races » dans l’espace social - Deux forces « révolutionnaires » : l’Armée et l’Église - Les outils de la révolution : propagande, action et guerre psychologiques - L’élaboration militaire de la légalité -6. Divide et Impera (1959-1963) - Une nouvelle doctrine du maintien de l’ordre - Les six premiers officiers - Ethnisme ou division effective au sein de l’État ? - Un anti-communiste d’État - Première contre-guérilla belge au Rwanda - 7. Un discret génocide (1964) - Guérilla contre guérilla et rafle politique à Kigali - Autodéfense civile et disparitions forcées - La diplomatie dogmatique de l’Église - Le Président Kayibanda et la rhétorique d’une « fin totale et précipitée de la race tutsi » - 8. Les trois cercles du pouvoir (1973-1978) - Un coup d’État annoncé, de faux putschs et de vrais réfugiés - Quand les Hutu du nord veulent contrôler les Hutu du sud - Contre-révolution et Défense opérationnelle du territoire - Un encadrement administratif et policier de la population - Le MRND : une hiérarchie partisane au service de l’État militaire - III / De la doctrine à l'action - 9. Les Français au Rwanda : le retour de la doctrine de la « guerre révolutionnaire » - L‘intégration de la « guerre révolutionnaire » dans le nouvel enseignement militaire supérieur rwandais - À l’école de la Gendarmerie française - Mobilisation, renseignement et protection des points sensibles - Retour doctrinal sur les hiérarchies parallèles - 10. La guerre blanche - Une si discrète entrée en guerre - Une certaine difficulté de doctrine… - Le temps des batailles rwandaises : petites et grandes manœuvres - 11. La guerre grise - Quand la guerre s’enfonce dans la profondeur : le DAMI et les CRAP - De la « guerre totale » et « très cruelle » du général Quesnot à une guerre noire - Le temps des milices politico-militaires rwandaises et de la Garde présidentielle - 12. La guerre noire - Le temps de la « Septième Arme » - L’expérience du Bugesera - D’abord définir l’ennemi de l’État - La guerre dans la foule et le protocole du colonel Bagosora - III / Le temps des mensonges -13. « Follow the money line…» - D’une mise au PAS de l’économie à l’économie de guerre - Le pouvoir économique : une variable d’ajustement militaire - Les grandes entreprises, bases logistiques du génocide - Des machettes sont des marchandises comme les autres - 14. Un tour de passe-passe - Dans le ciel de la nuit rwandaise - Quelques rumeurs tueuses - De bonnes et de mauvaises hypothèses - Les oublis de la mission d’information parlementaire - L’action psychologique se poursuit en France - Quand SAS le Prince Malko mène l’enquête à Kigali, il retrouve Foccart - 15. Un vrai coup d’État - Paris-Washington-Bruxelles : une vision commune de l’attentat du 6 avril - Un Etat-garnison acéphal - Milices, autodéfense, escadrons de la mort et restauration constitutionnelle - 16. La guerre sur les arrières - La colonne infernale de Jean-Baptiste Gatete - Encadrement et rôle des élites - Le rôle crucial de la militarisation de l’administration territoriale - La dissémination sur les arrières et la concentration des victimes - Les choix tactiques du FPR dans une guerre asymétrique - Déshumanisation ou résistances : les modes opératoires - Le rôle des comités de coordination de l’autodéfense civile - 17. Un monde à part - Le rôle crucial des ONG : le témoignage - « La France les accueillera naturellement » - Le mot « génocide » est prononcé par… le Vatican. Stupeur à l’Elysée. MSF enfonce le clou - Juppé : « Écoutez, tout ça est très confus » -18. Chimères - Turquoise : Balladur contre Mitterrand - « Vive la France ! Vive François Mitterrand ! » - Il faut sauver la face des génocidaires - La RTLM, une radio à ne pas neutraliser - « Ca n’avait rien à voir avec le génocide, rien… » - Conclusion - Épilogue : que sont-ils devenus ? - Les sources de l’enquête - Annexes - Notes - Index.

« Psychologues, anthropologues, historiens criminologues, et autres enquêteurs s'étaient déjà penchés sur la question avec plus ou moins de pertinence. Mais on n'avait pas encore entendu les spécialistes de l'art militaire, et plus particulièrement les analystes de la guerre psychologique. C'est désormais chose faite. Le professeur Gabriel Périès, spécialiste des doctrines militaires contre insurrectionnelles et le journaliste David Servenay, reporter à RFI ont uni leurs talents respectif pour mener une enquête à la fois passionnante et terrifiante. Essayant de remonter aux sources du génocide rwandais, ils ont croisé l'idéologie des années 60, celle de la guerre froide, des luttes anti-subversives menées en Indochine, en Algérie puis dans toutes les colonies françaises contre les politiques qui réclamaient l'indépendance. Etudiant à fond l'idéologie et les méthodes de la "guerre noire" celle qui joue sur la peur, le contrôle des populations, les manipulations psychologiques, les auteurs citent de grands noms, le colonel Trinquier, Lacheroy. [...] Cet ouvrage dense, fouillé et, qui ne gâche rien, bien écrit, se rapproche au plus près des sources du génocide, la peur, la haine de l'autre, savamment entretenues, le conditionnement psychologique. »
LE CARNET DE COLETTE BRAECKMAN

« Au printemps 1944, au Rwanda, entre 800000 et un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. Depuis, toutes sortes de polémiques agitent le monde intellectuel et médiatique: quelle est la responsabilité de l'Occident ? Est-ce une faillite de l'ONU ? Celle de la Belgique ? Ou la faute des Etats-Unis, qui n'ont pas levé le petit doigt pour arrêter les massacres ? Enfin, quel rôle a joué la France ? Après quatre années d'enquête, Gabriel Périès et David Servenay livrent des clefs pour comprendre, à l'aide de témoignages inédits et de documents confidentiels. »
POLITIS

« Conclusion d'une enquête de quatre ans, le livre rédigé par Gabriel Périès et David Servenay constitue à coup sûr une source de référence. Décryptant le jeu élyséen mené au long des deux décennies précédantes à l'égard d'un régime qui devait finir par sombrer dans l'horreur à l'état brut, il en éclaire surtout une dimension souvent ignorée, l'application au Rwanda des théories élaborées par les dirigeants militaires français durant la période des guerres coloniales... »
L'HUMANITÉ

« L'intérêt principal de ce livre repose sur la qualité de sa démonstration: s'appuyant sur de nombreux documents, les auteurs retracent l'histoire de la "coopération" franco-rwandaise et s'attachent à montrer que le génocide des tutsis ne découlent pas d'une "colère spontanée" ou vengeresse mais d'une véritable planification; les institutions de l'Etat, l'armée et l'administration, les milices, l'économie. Tous ont participé au génocide. Les auteurs n'accusent jamais la France d'avoir échafaudé un génocide. Ils pointent du doigt sa "coopération" militaire avec un régime dictatorial et raciste, son inertie pendant les massacres et sa calamiteuse mission Turquoise. A l'heure où la France, par l'entremise du juge Bruguière, refuse obstinément de reconnaître ses responsabilités, un tel ouvrage est salutaire. »
BAKCHICH

« L'universitaire et le journaliste de RFI ont mené un minutieux travail d'enquête - recueil de témoignages et dépouillement d'archives - dont ils livrent les résultats avec une grande honnêteté. C'est à dire sans occulter les éléments qui peuvent contrarier leur analyse. »
ALTERNATIVES INTERNATIONALES

« L'ouvrage de Gabriel Périès et David Servenay apparaît très dense, très fouillé, au point d'être aride par moments. Mais cela ne diminue en rien la qualité d'un livre qui s'impose comme une référence. Rwanda: une guerre noire nous ramène aux sources du génocide rwandais. Il apporte un éclairage intéressant sur l'application catastrophique des théories élaborées par les dirigeants militaires français sur plusieurs décennies. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le contexte rwandais, ce livre est important. Il ne se contente pas de revenir sur les faits qui ont conduit à un moment particulièrement sombre de l'histoire de l'humanité. Il replace les atrocités dans un contexte global où les victimes du génocide ne sont pas uniquement les opprimés d'un conflit national mais aussi les victimes d'une doctrine de guerre, soigneusement pensée et planifiée. »
ALTERNATIVES

« Le génocide a été préparé, organisé puis perpétré par des Rwandais hutus. Mais l'ouvrage, étayé de nombreux témoignages et documents parfois inédits, rappelle combien la France, celle de De Gaulle puis de Mitterrand, tient un rôle central dans cette histoire. A lire absolument. »
REGARDS

« Accordons à Servenay qu'une telle enquête concluant aux très lourdes responsabilités de l'Etat et de l'armée française méritait d'être refaite. Et c'est ce à quoi il se sera attelé avec Gabriel Périès. »
SITE UNE NUIT RWANDAISE

« Il aura fallu pas moins de quatre ans de recherche aux auteurs de Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994), Gabriel Périès et David Servenay, avant de pouvoir boucler leur dossier. Leur document révèle les liens de l'armée française forte de son savoir-faire, de sa doctrine et de sa pratique de la "guerre révolutionnaire" acquises en Indochine et en Algérie, avec ceux qui fomenteront le dernier génocide du vingtième siècle, avec près d'un million de personnes exterminées en quelques semaines. Un document choc. »
NVO

« Un document essentiel pour tenter de comprendre les processus du génocide de 1994. »
CAUSES COMMUNES

« La question du génocide au Rwanda est ici étudiée sous un angle particulier, mais éclairant: celui du savoir-faire contre-insurrectionnel que l'armée française acquit au lendemain de sa défaite en Indochine par l'étude des méthodes militaires des communistes chinois. »
VIENT DE PARAÎTRE

PRESSE

 

A BLACK WAR


After four years of investigation into archives throughout the world, on the field, with French, Rwandan and Belgian military, interviewing diplomats and politicians, Gabriel Périès and David Servenay bring us a new understanding of the Genocide in Rwanda. Drawing on previously undisclosed accounts and classified documents, they disclose a hitherto hidden dimension of this tragedy. An implacable book that points the responsibility shared by many nations.


Gabriel Périès holds a PhD in Political Science and is a lecturer at the Institut National des Télécommunications of Evry. He works at the Morris Janowitz Center / Defense and Security Research of the IEP of Toulouse, he has written widely on military counter-insurrectional doctrines. David Servenay has worked as a journalist at Radio France Internationale for ten years. He is the author of several documents on Franco-African relations, the Oil lobby, arms dealing and laundering. He is in charge of a course on investigation at Lille’s Ecole supérieure de journalisme de Lille.


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
 
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