"Je m'appelle Habib Souaïdia. Je suis un ancien officier ayant appartenu aux troupes spéciales de l'armée algérienne. J'ai trente et un ans. Engagé volontaire, en 1989, dans les rangs de l'Armée nationale populaire (ANP), j'étais loin de penser que j'allais être un des témoins de la tragédie qui a frappé mon pays. J'ai vu des collègues brûler vif un enfant de quinze ans. J'ai vu des soldats se déguiser en terroristes et massacrer des civils. J'ai vu des colonels assassiner, de sang-froid, de simples suspects. J'ai vu des officiers torturer, à mort, des islamistes. J'ai vu trop de choses. Autant d'atteintes à la dignité humaine que je ne saurais taire. Ce sont là, des raisons suffisantes, j'en suis convaincu, pour briser le mur du silence." Ancien parachutiste dans les forces spéciales de l'armée algérienne, Habib Souaïdia apporte dans ce livre le premier témoignage, à visage découvert, d'un officier ayant vécu au jour le jour la « sale guerre» qui déchire son pays depuis 1992. Il raconte ce qu'il a vu : la torture, les exécutions sommaires, les manipulations, les assassinats de civils. Et surtout, il lève le voile sur l'un des tabous les mieux gardés du drame algérien : le fonctionnement interne de l'armée algérienne. Il donne à voir le cynisme calculateur et la folie sanguinaire de certains généraux, le bourrage de crâne de leurs troupes, mais aussi le désespoir des soldats contraints à des actes barbares, les ravages de la drogue et des purges internes... Loin de la désinformation qui a trop souvent empêché l'opinion européenne de prendre conscience de la dimension effrayante de la guerre qui se livre outre-Méditerranée, ce témoignage exceptionnel aura un grand retentissement.
« La sale guerre n'est pas un livre de plus sur un conflit qui, né au début des années 1990 après la mise hors-la-loi des islamistes, semble défier la rationalité à deux heures d'avion de la France. L'ouvrage [...] est un réquisitoire implacable contre le pouvoir militaire accusé d'employer les mêmes méthodes que ses adversaires barbus. En Algérie, démontre l'auteur ce sont deux barbaries qui s'affrontent. Aucune n'est plus défendable que l'autre. Jamais jusqu'ici un officier n'avait raconté cette guerre au quotidien vécue en compagnie d'hommes de troupe sans conviction politique ferme. Et jamais les chefs de l'armée n'avaient été mis en cause nommément, exemples à l'appui, pour leur comportement [...]. Des épisodes dramatiques et dérangeants, le livre en fourmille jusqu'à la nausée [...]. C'est aussi un des mérites du livre d'évoquer de l'intérieur l'armée algérienne. »
LE MONDE
« Bien avant d'être sur les tables des libraires français, le livre de Habib Souaïdia était sur celles des généraux algériens, réels détenteurs du pouvoir. Toute leur armée, jalousement maintenue dans un secret absolu, est imprimé là, décortiquée en 202 pages, autopsiée jusqu'à la marque des chars d'assaut. »
LIBÉRATION>
« La sale guerre n'est pas un simple livre de plus. Écrit de l'intérieur même de l'armée algérienne par un officier de ces unités d'élite placées dès 1992 aux premières lignes de la lutte antiterroriste, il impressionne par sa cohérence et sa rigueur, son rejet constant et sans ambiguïté de l'impasse et de la barbarie intégristes et surtout par l'extrême précision de ses informations [...]. En 200 pages d'une lecture éprouvante, parfois insoutenable, Habib Souaïdia dresse ainsi le constat d'une guerre qui a déjà fait plus de 150 000 morts. À travers le récit du combat quotidien d'un jeune homme plutôt idéaliste, engagé au sein d'une armée nationale et populaire pour défendre la République et bientôt contraint de se conduire avec une sauvagerie au moins égale à celle des tangos, ces terroristes qui lui font face. Car c'est d'abord cela que décrit le livre. La barbarie d'une armée agissant en dehors de toute règle. »
TÉLÉRAMA
« Dans cet ouvrage, le lieutenant Souaïdia raconte en détail ce qu'il a vu et vécu pendant trois années passées à combattre les groupes islamistes armés, en zigzaguant entre les manipulations, les ordres aberrants et les assassins en liberté. La situation algérienne est à ce point confuse qu'on a souvent l'impression que chacun a sa propre vérité. Habib Souaïdia livre la sienne. Et elle n'est pas à l'avantage de ses anciens supérieurs. »
CHARLIE HEBDO
« Le livre de Habib Souaïdia, La sale guerre, est le témoignage presque insupportable d'un lieutenant des forces spéciales algériennes. Il a vécu de l'intérieur le terrorisme d'État, les enlèvements, les massacres sous l'uniforme [...]. On ne sait pas trop bien ce qui impressionne le plus dans ce livre. L'horreur sans doute, mais aussi la profondeur du mal qui ronge l'armée algérienne, où tant de soldats et d'officiers boivent, se droguent, trafiquent [...]. La vérité avance. »
POLITIS
« Habib Souaïdia accuse à visage découvert l'armée algérienne d'avoir commis les mêmes crimes que les terroristes islamistes [...]. En tout cas, ceux qui ne savaient pas ont désormais la réalité sous les yeux . »
LIVRES HEBDO
« Sans chercher à se disculper à titre individuel, sans rejeter non plus la responsabilité de tous les massacres de civils sur le dos de l'armé en au profits des groupes islamistes armés, cet homme livre aujourd'hui une somme inédite de témoignage précis sur les exactions de l'armée algérienne. Au-delà de la chronique d'une guerre atroce, son livre est aussi un brûlot pour les généraux aux pouvoirs. »
LA TRIBUNE DE GENÈVE
« Un livre terrible publié aux Éditions La Découverte, implacable document écrit sans effet aucun [...]. Premier témoignage concret, à visage découvert, d'un ancien officier ayant vécu au jour le jour les terribles exactions menées par l'armée dès 1992, ce texte explique plus qu'il ne vitupère dans le vide, conduit le procès à charge d'une certaine manière de concevoir en Algérie le difficile métier de soldat supérieur. Loin d'être un va-t-en guerre avide de sang, Habib Souaïdia a choisi de porter l'uniforme par foi en son pays et grand respect pour les héros de l'Armée nationale populaire tels qu'on les présentait dans les manuels scolaires de son enfance. »
LA PROVENCE
« Dans son ouvrage paru aux Éditions La Découverte, M. Souaïdia, aujourd’hui réfugié en France, raconte comment l’armée algérienne manipulait les groupes islamistes et commettait elle-même des attentats pour asseoir sa domination dans le pays. »
L’INDÉPENDANT