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Note de l'éditeur : Toutes les lettres que vous allez lire sont authentiques. Julien Prévieux est artiste. Il y a huit ans, après avoir vainement cherché un emploi, il s'est mis à les refuser tous. Il a décidé de prendre les devants : refuser l'emploi qui nous est de toute façon refusé. Depuis, il a rédigé et envoyé plus de 1 000 lettres de non-motivation en France et à l'étranger. Il a reçu environ 5 % de réponses, en majorité automatiques. Vous trouverez ici une sélection des meilleures lettres, regroupées en deux parties : celles avec les réponses des entreprises et celles restées sans réponse. La lettre de motivation est un jeu social dont personne n'est dupe, un exercice obligatoire dans le rituel du recrutement. Julien Prévieux joue à ce petit jeu comme quelqu'un qui écrirait de vraies lettres, en réponse à des offres d'emploi qui lui auraient été personnellement adressées, et qui petit à petit, deviendrait fou, finissant lui aussi par envoyer des lettres automatiques, une machine écrivant à des machines. Son propos n'est pas celui du pastiche ou de la caricature (imiter, grossir le trait). C'est tout l'inverse : chacun des personnages qu'il incarne tour à tour fait apparaître, précisément son franc-parler, ce jeu social comme ce qu'il est un jeu factice, mensonger et, en définitive, d'une incroyable violence. On comprend que la plupart du temps cette lettre dans laquelle le candidat est censé se livrer, exprimer sa personnalité et ses désirs, n'aura même pas été lue avant d'atteindre la corbeille. En ce sens, la lettre de motivation apparaît comme la mise en scène de l'infériorité du demandeur et de la toute puissance de l'entreprise. C'est cet exercice imposé de la fausseté, du mensonge en soi et de l'humiliation, que les lettres ici rassemblées, dans leurs formes variées, proliférantes, souvent dingues et toujours opiniâtres, font dysfonctionner. À l'heure du « travailler plus » pour vivre moins, ces lettres de non-motivation nous réapprennent quelque chose de fondamental. Retrouver cette capacité, jouissive, libératrice, de répondre : non.
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Collection : Hors Collection ZONES
Parution : novembre 2007
Nb de pages : 128
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Prix : 9,90 €
ISBN : 9782355220098
Dimensions : 168 * 240 mm
Façonnage : Broché
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Julien Prévieux, artiste, né en 1974. Diplômé de l’Ecole supérieure d’Art de Grenoble et de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, il est également titulaire d’une maîtrise de biologie. Qu’il écrive des lettres de non-motivation, qu’il se livre à un parcours d’obstacle dans la ville ou au re-trucage d’un film hollywoodien, Julien Prévieux s’applique à décrypter un monde marqué par des changements idéologiques profonds mais il propose également des manières de l’habiter. Entre humour absurde et tentative de révolte, les stratégies qu’il développe sont fondées sur la confrontation volontaire d’un individu solitaire avec un système donné (architectural, social, économique…). A travers des séries de peintures géométriques ou des diagrammes qui lui permettent de relire les grands textes de l’économie politique, il poursuit aujourd’hui sa recherche sur la notion de travail et la production de valeur à l’ère du capitalisme cognitif. Julien Prévieux est représenté par la galerie Jousse Entreprise à Paris. Il a récemment exposé à la 10ème Biennale d’Istanbul, au San Francisco Art Institute, au Plateau-Frac Ile-de-France, à la galerie Jousse Entreprise, au Kunsthaus de Dresde. En savoir plus : www.previeux.net
« C'est pour se venger de la grande misère intellectuelle des propositions
d'emploi que Julien Prévieux, artiste franco-facétieux, s'est mis à envoyer à
différents employeurs d'inventives, loufoques, encolérées, argumentées,
désopilantes, lettres de non-candidature. [...] Si la plupart des réponses
consistent en lettres-types à coté de la plaque ("Votre courrier a retenu
toute mon attention"), il arrive aussi que certains employeurs vexés
marquent le coup ("Je prends note de votre non-candidature"). C'est
caustique, vengeur, aussi réjouissant qu'un pet sonore en plein conseil
Constitutionnel. » LE CANARD ENCHAÎNÉ
« "Je me vois dans
l'obligation de refuser votre offre." Voilà ce que Julien Prévieux, 34 ans,
s'est amusé à répondre aux offres d'emploi parues dans la presse ou proposées
par l'ANPE. Canular ? Non, plutôt une approche par l'absurde d'un système de
recrutement stéréotypé et déshumanisé. Ainsi après avoir vainement cherché du
travail à la fin des années 1990, ce jeune artiste a décidé de prendre les
devants et rédigé un millier de Lettres de non-motivation. Le recueil
qu'il publie aujourd'hui en rassemble quelques-unes, avec, ou non, la réponse de
l'entreprise concernée. Julien Prévieux adopte pour chacune un ton et un point
de vue différents. C'est à la fois très drôle et très politiquement incorrect.
En retour, les lettres types sont majoritaires, mais certaines DRH savent
fairepreuve d'humour. Façon de reconnaître que la contestation a du bon...
» L'EXPRESS
« Vous qui êtes en recherche d'emploi ou vous qui
êtes employeur, je vous recommande tout particulièrement la lecture d'un livre
extraordinaire. Le titre: Lettres de non-motivation. L'auteur: Julien
Prévieux. [...] Si ces lettres de non-candidature sont toujours très
argumentées, parfois drôle, parfois émouvantes, les réponses tombent immuables
et impersonnelles. Là où l'auteur explose le cadre habituel du futur recruté
endéveloppant tous les aspects florissants d'une personnalité imaginaire,
l'entreprise en retour lui adresse une lettre comme signe assumé d'une
dépersonnalisation obligée. Tout montre que personne à l'autre bout de la chaîne
n'a eu le temps de lire ou de comprendre le message qui était adressé si
joliment. Alors si le rire est bien présent, le malaise prend vite le pas et
amène à s'interroger sur ces processus de recrutement qui se ritualisent tant
qu'ils en deviennent mécaniques et presque insensés. Bref, un livre
jubilatoireque je recommande à tous. » CANALSUP EMPLOI
« Avec
Julien Prévieux, retrouvez le courage et la jubilation de dire non, à l'heure du
"travailler plus" pour vivre moins. Ses Lettres de non-motivation sont
désormais compilées dans un féroce recueil, qui transforme cet exercice de
racolage en exutoire. [...] Armé de ce subversif recueil, "sur la route du
succès, vous ne resterez pas au bord du chemin".
» LIBÉRATION
« "Monsieur le maire, Ja ba bo bu co le ka
kruk krax krax tourlupinouuuuille..." C'est ainsi que débutait la vraie lettre
de candidature d'un certain Julien Prévieux pour un poste de responsable du
service bâtiments de la charmante cité d'Arnouville-lès-Gonesse. La directrice
des ressources humaines de ladite commune devait fichtrement avoir besoin dudit
responsable, car elle se garda de couper les ponts: "Je vous informe que votre
dossier a été enregistré, et fera l'objet d'une étude en vue d'un entretien
courant septembre", a -t-elle répondu. À moins qu'elle ai voulu faire
preuve d'une attention touchante vis-à-vis d'un candidat supposé fragile ?
Auquel cas, elle a eu tort. Car Julien Prévieux est un artiste provocateur
qui est l'auteur d'un livre désopilant composé de ce genre de lettre.
[...] Prévieux a ainsi écrit à La Croissanterie que "je dois dire non à ton
job. Je suisbientôt dans un meilleur autre job que les croissants. Dans
l'attente de ta réponse, je te dit, Madame, tous mes meilleurs sentiments." Sans
se démonter La Croissanterie réclame le CV de l'expéditeur: "Merci de bien
vouloir le transmettre le plus rapidement possible afin que nous puissions
examiner votre candidature de façon plus approfondie." Comme si tout cela était
seulement un théâtre vain. Un exercice cruel. Un jeu gratuit. Désopilant, mais
aussi glaçant. » LES ÉCHOS
« La lettre de motivation est une
convention sociale. Si son écriture est un passage obligé pour le candidat
à l'emploi, l'entreprise, en revanche, n'est pas tenue d'y répondre et le fait,
d'ailleurs, fort rarement. Le candidat se bat les flancs pour se vendre et faire
coïncider son profil avec un emploi toujours annoncé comme mirifique. Mais sa
lettre finit le plus souvent au panier ou reçoit, au mieux, une réponse
stéréotypée. Après avoir réellement cherché un emploi et reçu, au mieux, ce type
de réponses, Julien Prévieux a décidé de prendre la plume pour expliquer sa
non-motivation à occuper les emplois annoncés. Au fil d'une centaine de réponses
à des annonces d'emploi bien réelles, il décline, sous autant d'identités
d'emprunt, les raisons de son non-intérêt pour les postes décrits. Vraie
critique d'offres dithyrambiques ou réponses surréalistes pour, simplement,
égrainer son refus du travail, l'auteur redécouvre et nous fait partager, au fil
d'une série de textes de quelques lignes, le bonheur de dire non au jeu pipé de
la dépendance. Les réponses automatiques publiées en regard de ces lettres -
quand réponse il y eut - sont d'un effet désopilant. Quand le rire désamorce
l'angoisse de la course à l'emploi, la rhétorique des responsables ressources
humaines et autre recruteurs paraît tout simplement insupportable. Un livre à ne
surtout pas manquer ! » ENTREPRISE ET CARRIÈRES
« D'un côté,
Julien Prévieux, 33 ans, artiste plasticien. de l'autre, la grande famille des
recruteurs et des responsables des services du personnel. La rencontre,
improbable, entre ces deux univers se joue dans un livre savoureux qui vient de
paraître: Lettres de non-motivation. Le principe est simple: Julien
Prévieux adresse une "lettre de non-motivation" à un DRH. Exemple: "Je ne
comprends pas pourquoi vous voulez me punir aux travaux forcés sur des bases de
données... Je vous en prie, ne m'embauchez pas." Et le DRH lui répond: "Malgré
tout l'intérêt que présente votre candidature, nous sommes au regret de vous
dire qu'elle n'a pas été retenue." On a eu peur... Un dialogue de sourds
permanent, surréaliste. Julien Prévieux a eu cette idée saugrenue mais décapante
en voyant s'empiler les lettres de refus alors que, jeune diplômé des
Beaux-Arts de Grenoble, en 2000, il cherchait un emploi. depuis, ces lettres et
leurs réponses, traitées comme des oeuvres d'art, ont été exposées à la galerie
Jousse, à paris, en 2004, puis à la Fiac en 2006. » COURRIER
CADRES
« "je préférerais pas:" telle est la résistance invariable et
absolue qu'oppose avec la plus désarmante candeur le célèbre copiste de Wall
Street, Bartleby, à toutes les demandes qui lui sont faites, entraînant
l'incompréhension de ses collègues et supérieurs, ainsi qu'un déraillement
progressif des relations de travail le conduisant à un isolement radical.
L'artiste plasticien Julien Prévieux semble avoir fait sien l'adage du
personnage de Melville, en l'adaptant à sa situation personnelle et en le
retournant contre le mépris général dont il se sentait la victime humiliée. Il y
a près d'une dizaine d'années, fatigué de se voire répondre à ses lettres de
motivation une lettre de refus standard, il décida de prendre les devants:
refuser d'emblée et par courriers toutes les offres d'emploi qui se
présentaient, dans la presse ou proposées par l'ANPE. Plus de 1000 lettres de
"non-motivation" furent ainsi adressés en France et à l'étranger, finissant
invariablement par l'énoncé: "Je me vois dans l'obligation de refuser votre
offre." loin de l'exercice parodique, Julien Prévieux touche juste en renvoyant
cette pratique rituelle et frelatée, qui ne vise essentiellement qu'à humilier
le chômeur d'avantage devant la supériorité impénétrable de l'entreprise, au
pouvoir si libérateur de dire: non. » TOUT PRÉVOIR
« En 2000,
Julien Prévieux, artiste parisien, cherche un emploi. Il envoie des dizaines et
des dizaines de lettres. Lassé de ne rencontrer que des refus stéréotypés, il
décide de faire le chemin inverse: expliquer aux employeurs pourquoi... Il ne
veut pas travailler avec eux. Il envoie ainsi plus de 1000 lettres de
"non-motivaton" Cocasses, absurdes, ironiques ou virulentes, elles sont
aujourd'hui publiées aux éditions Zones et sur le net. Cela donne des formules
décapantes comme: " J'ai l'honneur de ne pas vous demander d'emploi ", " Je
refuse votre proposition et ne vous adresserai pas mon CV " ou " Je vous en
prie, ne m'embauchez pas ". » VSD
« Se rire du système de
l'embauche, froid et impersonnel, tel a été le pari de Julien Prévieux.
» MÉTRO
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