Économie politique de l'entreprise

François EYMARD-DUVERNAY

Cadre de la production et du travail, l’entreprise est la source de création de richesses. Pourtant, elle est fort mal analysée par la théorie économique dans son courant dominant qui se focalise sur les marchés, dont l’entreprise n’est qu’un agent, guère plus important que le consommateur. Ce livre, au carrefour de l’économie et de la sociologie politique, parcourt les recherches actuelles qui permettent de refonder une théorie moderne de l’entreprise. Il montre que la théorie néoclassique des contrats, qui postule des individus libres et égaux, est incapable de rendre compte de l’entreprise. Les théories qui introduisent le pouvoir hiérarchique des propriétaires et des managers sont déjà plus opératoires. Mais, pour aller plus loin, il faut d’abord remettre en cause l’omniscience de l’individu du modèle libéral. Il faut aussi mobiliser les apports récents de la sociologie politique afin de rendre compte des conditions, rarement réunies, pour que les relations de pouvoir inhérentes à l’entreprise capitaliste deviennent acceptables pour les salariés. L’économie des conventions permet de combiner toutes ces dimensions au sein d’une grille d’analyse cohérente.

Version papier : 10 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : Repères n°392
Parution : juin 2004
ISBN : 9782707133540
Nb de pages : 128
Dimensions : 110 * 180 mm
Façonnage : Broché

François EYMARD-DUVERNAY

François Eymard-Duvernay (1945-2016) était professeur de sciences économiques à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense depuis 1995. Administrateur de l’Insee (de 1972 à 1984), puis directeur du Centre d’études de l’emploi (de 1984 à 1993), il fut l’un des fondateurs de l’école des Conventions. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages d’économie du travail et de l’entreprise.

Extraits presse

« C'est à point nommé que vient l'ouvrage synthétique de François Eymard-Duvernay [...]. L'auteur reprend l'expression classique d'économie politique pour l'appliquer à l'entreprise définie comme lieu principal de création des richesses. [...] La particularité [de l'auteur] est de toujours placer la relation salariale au coeur de sa réflexion, ce qui l'amène à rejeter la théorie néoclassique des contrats, au profit de l'économie des conventions mieux à même de décrire et d'expliquer l'entreprise actuelle. L'ouvrage, marqué par la rigueur scientifique et la concision caractéristique du petit format imposé, passe en revue les théories récentes de l'entreprise [...]. »
BULLETIN CRITIQUE DU LIVRE EN FRANÇAIS

PRESSE

 

Table des matières

Introduction - I / L’entreprise libérale - 1. Des marchés aux contrats - L’extension du marché au non-marchand - L’entreprise comme équilibre local - 2. De la relation hiérarchique au contrat - 3. La stabilité du salaire : le contrat d’assurance - 4. La direction par l’incitation : le contrat principal-agent - 5. Sursalaire et carrières salariales : des contrats incitatifs dynamiques - 6. Des contrats de confiance - 7. Les conventions - Conclusion : limites et échecs des contrats - II / L’entreprise hiérarchisée - 1. Le courant de l’économie des coûts de transaction - Le précurseur : Coase - 2. Les hypothèses sur le comportement et l’environnement des agents - La rationalité - La spécificité des ressources - 3. L’approche comparative de formes de coordination - 4. Approche historique - 5. De la coordination verticale à la coordination horizontale - Entreprise « japonaise » (J) versus « américaine » (A) - J > A ? - 6. Les contrats incomplets - Conclusion : les limites de l’économie des coûts de transaction - III / L’entreprise intelligente - 1. Retour sur la question de la rationalité - 2. De la rationalité substantielle à la rationalité limitée - La fourmi de Simon : la détermination du comportement par l’environnement - L’intelligence artificielle - La rationalité limitée - 3. De la rationalité aux routines - 4. La cognition située - 5. L’équipement cognitif de l’environnement : des connaissances à l’information - Des connaissances particulières aux connaissances générales : les investissements de forme -Codes et canaux - 6. L’organisation comme équipement cognitif - L’organisation influence les individus - L’organisation de l’information - Conclusion : l’individu formé par l’entreprise - IV / Les institutions de l’entreprise : les conventions - 1. Les institutions de l’économie - Les institutions comme principes d’ordre : les conventions constitutives - 2. La pluralité des conventions constitutives d’entreprise : faits stylisés - Ford : convention industrielle versus marchande - Le camembert : convention domestique versus industrielle - Le juste-à-temps : convention de réseau versus industrielle - Conventions et économie des coûts de transaction - 3. La pluralité des conventions constitutives d’entreprise : éléments de théorie - Le consommateur comme citoyen de la société marchande - Le travailleur comme citoyen de la société industrielle - D’une société de biens à une société de services - Les conventions de qualité du travail -V / L’entreprise capitaliste dans la cité - 1. Les contraintes de justice : les conventions légitimes - Les rapports de pouvoir - Les théories de la justice - La théorie de la justice de Rawls - De la « liberté naturelle » à l’« égalité démocratique » - 2. Justifier ses actions - 3. Les règles en action : le jugement en situation - 4. Les critiques : la dynamique des conventions constitutives - Le contournement des principes de justice par les managers - L’historicité des principes de justice -Conclusion / L’entreprise capitaliste : un problème politique non résolu - Repères bibliographiques