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Traîtres à la nation ?
Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud
Philippe GUIMARD, Stéphane BEAUD
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Traîtres à la nation ?
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« Désastre national », « défaite sportive et morale », « imposture », « bus de la honte » : la surenchère verbale n'a pas manqué pour condamner la grève des joueurs de l'équipe de France de football lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud. Dans une sorte d'atmosphère d'union nationale, les Bleus ont été dénoncés, en pleine crise économique, comme des « traîtres à la nation ». Les entrepreneurs de morale républicaine ont aussitôt désigné les coupables : la jeunesse populaire des « cités » françaises, « sous-éduquée », « inculte » et « arrogante ».
À rebours de cette stigmatisation racialiste, Stéphane Beaud, fin connaisseur du monde du football, propose dans ce livre une interprétation sociologique de ces événements qui déplace le questionnement. En quoi les joueurs de l'équipe de France de 2010 diffèrent-ils, par leurs trajectoires sociales et sportives, de ceux de l'équipe glorieuse de 1998 ? En quoi cette équipe reflète-t-elle les changements internes aux classes populaires françaises (l'émergence des jeunes issus de l'immigration africaine) et les transformations du marché du travail du football professionnel (précocité et internationalisation des carrières) ? Et, à un niveau plus contextuel, comment tensions et rivalités peuvent naître au sein d'une équipe nationale ? Quel rôle ont pu jouer les rapports de force existant entre les institutions du football français ? Entre les joueurs et leur entraîneur ? Et, last but not least, entre les joueurs et les médias (à commencer par L'Équipe et TF1) ?... Autant de questions sur lesquelles ce livre apporte un éclairage original, indispensable pour mieux comprendre l'évolution du rapport à la nation dans une société française en mutation, et le rôle singulier qu'y jouent les grandes compétitions sportives.

Introduction
Proposer un regard sociologique
Défaite sportive, blessure symbolique...
Un miroir déformé de la représentation des jeunes de banlieue
L'exceptionnalité du football professionnel français
L'enquête : les footballeurs comme êtres sociaux
I / Gros plan sur la grève des Bleus
1. La grève : une protestation collective contre la presse
La relation journaliste/joueur : de la convivialité à la tension
La recherche de « bons clients »
L'enjeu des notes de match
« Aller à la presse » : une épreuve sociale...
L'atmosphère de « camp retranché », la montée des tensions...
Le scoop de L'Équipe : un sentiment de trahison pour les joueurs
2. À la recherche des coupables : la banlieue au banc des accusés
La fausse piste « raciale » et « banlieusarde »...
Un groupe divisé contre lui-même et fragilisé
La légitimité sportive, fondement du leadership dans le groupe
L'impossible résistance du groupe dominé
Le rapport joueurs/entraîneur : l'absence de « tauliers » dans l'équipe de France 2010
Politisation rampante des joueurs de banlieue et « révolte » des Antillais
II / L'arrière-plan socio-historique de la grève
3. 1998-2010 : la banlieue entre chez les Bleus
Aimé Jacquet, incarnation du football populaire d'antan...
Les vainqueurs de 1998 : héritiers du monde ouvrier de la France des Trente Glorieuses
Des enfants de cité d'avant les zones urbaines sensibles
L'équipe de France de 2010 : une équipe socialement clivée
4. Précocité de l'entrée dans le métier et internationalisation des carrières
Il était une fois la « fidélité au maillot »
Les Bleus de 1998 : une génération charnière...
La vie de couple comme « stabilisateur » des footballeurs
Stabilité dans un club, maturation sportive et sociale
Les Bleus de 2010 : carrières plus précoces et attrait de l'étranger...
5. Les trois âges des enfants d'immigrés algériens dans le football français
L'émergence des « Franco-Algériens » dans le football français
La génération intermédiaire : des « Beurs » en équipe de France...
Le troisième âge : culture de cité et contestation
6. La fuite des joueurs « binationaux » vers les équipes de leur pays d'origine
Origine sociale et sentiment national des footballeurs
Deux études de cas : Trésor et Bereta
Quand la FIFA s'en mêle... L'élargissement du choix de la nationalité sportive pour les « binationaux »
Jouer pour l'équipe d'Algérie : une simple opportunité sportive ?
Conclusion.

« Spécialiste des milieux ouvriers, Stéphane Beaud est aussi passionné de football. Dans Traîtres à la nation ?, il voit dans la grève des Bleus en Afrique du Sud un effet de la relégation des jeunes issus de l’immigration. »
LIBÉRATION

« À première vue, rien ne distingue un footballeur de 1998 d'un footballeur de 2010. Mêmes crampons, même short, mêmes femmes-de-footballeur dans le décor... Pourtant, en y regardant de plus près, le sociologue Stéphane Beaud a détecté des différences fondamentales entre les deux équipes de France. Et pas seulement dans leurs résultats, Jean-qui-rit et Jean-qui-pleure, ni dans le vocabulaire de leurs joueurs. Entres les "black-blancs-beurs"acclamés de 1998 et les "va-te-faire biiip sale fils de biiip" bannis de 2010, il y a presque une génération et le changement profond de la société française. C'est ce que montre l'universitaire, connu pour ses travaux sur le monde ouvrier et sur la jeunesse des cités, dans un livre Traîtres à la nation. Après avoir décortiquer la grève de l'entraînement par les joueurs comme on analyserait un mouvement social, le chercheur propose un comparatif stimulant. »
LE NOUVEL OBSERVATEUR

« Ah, les salauds ! Ces "enfants gâtés" qui ont "souillé le maillot" des Bleus et "désespéré la France" un maudit jour de juin, en plein Mondial de football. Cette équipe de "caïds immatures", selon la formule de Roselyne Bachelot, ministre des Sports du moment, opposant implicitement les "meneurs" - Anelka, Evra, Ribéry notamment - et les "suiveurs", tels Gourcuff ou Toulalan. Que les premiers aient été noirs, musulmans, non diplômés, enfants des cités et les seconds bien "blancs", issus des classes moyennes ou de banlieue pavillonnaire n'avait évidemment rien à voir... Plus qu'agacé par la lecture à ses yeux "racialisante", manichéenne et réductrice de la grève des Bleus, Stéphane Beaud a voulu revenir sur ce grand moment d'indignation nationale. Dans un ouvrage passionnant, ce sociologue, spécialiste des classes populaires et amateur de foot depuis sa plus tendre enfance, réfute une à une les sentences prononcées dans la chaleur de l'évènement. »
L'EXPRESS

« Le parcours des Bleus lors de la Coupe du monde de football 2010 n'a pas fini de faire couler de l'encre. Neuf mois après la "grêve de Knysna", qui donna lieu à des commentaires enflammés, un ouvrage vient de sortir sur le sujet. son auteur, Stéphane beaud, s'est attaché, avec le recul et son point de vue de ociologue, à livrer un "autre regard" sur l'affaire. Ce spécialiste du monde ouvrier s'éoigne des théories de l'époque (l'équipe de France serait tombée sous le joug de "caîds" et aurait implosé du fait de tensions raciales), pour s'nterroger sur l'évolution de l'histoiresociale des footballeurs, les transformations du marché professionnel de la disciplne ou les rapports entre joueurs et médias. »
LA CROIX

« Sur l'implosion de l'équipe de France lors de la Coupe du Monde, sur les insultes lancées par Nicolas Anelka au sélectionneur Raymond Domenech, sur le mouvement de grève des joueurs et sur leur incapacité générale à vivre ensemble, on croyait avoir tout entendu. On avait surtout entendu des âneries. Dix mois après les faits, loin des trompettes médiatiques et fort d'un recul intellectuel salvateur, le sociologue Stéphane Beaud en fait la démonstration. Dans Traîtres à la nation ? - Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud, il démonte les lectures sensationnalistes de l'événement pour en faire l'analyse rigoureuse et nuancée. Enfin. »
LES INROCKUPTIBLES

« On en a entendu de belles sur la grève des Bleus en Afrique du Sud: "Désastre national", "bus de la honte", "débâcle"... Dans un essai simplement passionnant, Stéphane Beaud, sociologue et prof à l'ENS, se penche sur le cas Anelka et de ses petits camarades taxés de "caïds des collèges". Une enquête sur les dérèglements du football pro, le rapport des joueurs avec la presse, comme révélateur d'une société française qui cumule les fractures. Aïe ! »
GRAZIA

« Peu de grèves, sans doute, ont attiré autant l'opprobre que celle des joueurs de l'équipe de France lors de la dernière Coupe du monde de football. Les commentateurs de tous bords ont ainsi été prompts à dénoncer un comportement d'" enfants gâtés " " surpayés " ou de " caïds de banlieue " sur un registre moralisateur. Sociologue bien connu pour ces travaux sur le monde ouvrier ou les enfants de la " démocratisation scolaire ", Stéphane Beaud propose ici non pas tant de prendre leur défense que de la distance, en resituant cet épisode dans l'évolution des structures socio-économiques du monde du football, et au-delà de la société dans laquelle cette pratique-spectacle s'inscrit. A mi-chemin entre journalisme et essayisme scientifique - les seules sources sont des articles de presse -, l'ouvrage ouvre davantage des hypothèses qu'il n'apporte de réponses définitives. Il n'en a pas moins le mérite de mettre en perspective un fait d'actualité largement médiatisé en le soumettant au raisonnement sociologique, et ce faisant contribue à sa compréhension, ce qui n'est déjà pas rien. »
ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES

« C'est peu dire que la grève de nos footballeurs préférés lors de la dernière Coupe du Monde en Afrique du Sud a alimenté la chronique. Le sociologue Stéphane Beaud s'est, lui aussi, posé la question sur cette réaction (disproportionnée) des Bleus. Résultat ? Un ouvrage intitulé Traîtres à la Nation ? Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud (Ed. La Découverte). Soit une analyse sociologique en bonne et due forme de cet événement devenu "drame national" et qui, l'air de rien, mettait au jour les tensions qui habitent la société française. »
LA PROVENCE

PRESSE

 

TRAITORS TO THE NATION ?

A new perspective on the French Team's strike in South Africa

« A national disaster », « a defeat for ethics and for football », « an imposture » : The conduct of the French National Football team, during the 2010 World championship in South Africa, was condemned in no uncertain terms. Stéphane Beaud brings us a sociological interpretation of these events, studying the sporting and social trajectory of these players as compared with the illustrious 1998 team, highlighting the evolutions within the French working class (the emergence of young African immigrants) and the changes in the professional football market (careers ever more precocious and international). A fresh perspective, invaluable in understanding the way the nation is perceive by this society in transition. Stéphane Beaud, a sociologist, is a lecturer at the ENS. Amongst his books, Retour sur la condition ouvrière (with Michel Pialoux, Fayard, 1999, 2004) and, published by La Découverte, 80 % au bac, et après ? (2004), Pays de malheur. Un jeune de cité écrit à un sociologue (with Younès Amrani, 2004) and La France invisible (co-directed with Jade Lindgaard and Joseph Confavreux, 2006, 2008) and a work of reference, Guide de l'enquête de terrain, with Florence Weber, 4th ed 2010).
Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
 
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