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Ni pardon ni talion
La question de l'impunité dans les crimes contre l’humanité
Raoul VANEIGEM
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« Plus jamais ça ! » : tel était l’objectif de la définition du crime contre l’humanité, adoptée en 1945 pour sanctionner les criminels nazis. Pourtant, depuis, massacres et génocides n’ont pas cessé. Et nous vivons dans un monde où le pouvoir réclame toujours plus de désordre pour imposer sa protection mafieuse, plus d’inhumanité pour donner du brillant au mensonge humanitaire. Dans ce monde, que peut signifier la justice ?
C’est à ce paradoxe insupportable que Raoul Vaneigem s’attaque dans ce livre, en revisitant les fondements de la justice moderne. Pour lui, tant que la liberté restera le produit idéologique du libre-échange, la justice se bornera à corriger l’homme, valeur marchande plus que valeur humaine. Car si le capitalisme et l’humanisme de façade ont rompu avec la loi du talion, le rôle de la justice se borne depuis à limiter les excès d’un système inhumain. Pour autant, le pardon n’est pas une alternative à la punition : loin de rendre les hommes meilleurs, il les endurcit dans l’idée de la fatalité et de la compassion.
Ni pardon ni talion : à la fois nécessaires et insuffisantes, les institutions judiciaires ne peuvent être que le point de départ d’une lutte plus vaste contre la barbarie universelle, fondée sur un consensus sur les droits de l’être humain, patiemment obtenu par une éducation nouvelle et l’émergence d’un nouveau style de vie : agir localement avec une perspective globale, en solidarisant partout les forces vives des individus aspirant au bonheur. Vaneigem ne raille pas les avancées de la justice, il plaide seulement pour que, poussées toujours plus avant, le progrès humain les rende obsolètes.

Avant-propos - 1. Progrès économique et progrès humain - L’inhumanité naît de la dénaturation de l’homme par l’appropriation marchande - La justice participe de la rationalité des échanges - La vie se perd là où s’accroît le confort de survie - La justice et le marché de l’illusion civilisatrice - Ce que doit la justice au triomphe de l’humanisme consumériste - La double impasse de la justice populaire et de la justice des nantis - La justice entre conscience humaine et spectacle - Les tribunaux de compétence universelle sont nécessaires et insuffisants - En finir avec les spéculations légalistes et l’argument statistique - Que vaut la justice des vainqueurs ? - Briser le cercle vicieux du jugement et de la culpabilité - Contre la stratégie du bouc émissaire - 2. Instruire pour n’avoir pas à punir - Le recours à la répression et au châtiment masque l’absence d’une véritable prévention - Contre la notion de châtiment - Causes culturelles de l’impunité des crimes contre l’humanité - L’imposture du devoir de mémoire - Quelles réparations ? - Démanteler la machine à fabriquer des coupables - Ni punir ni pardonner, mais affermir le sens humain - À quoi doit servir la procédure engagée contre les actes de barbarie ? - Reconnaître à chacun le droit d’ingérence humanitaire - Ambiguïté de la victimisation - Délation, dénonciation et aide à personne en danger - Ni repentance ni cynisme - Un recours collectif contre la barbarie est-il possible ? - 3. Apprendre à vivre en dépassant la prédation : plaidoyer pour un style de vie - Assurer la prééminence absolue du droit de vivre sur les droits du commerce et de la finance - Des écoles pour enseigner la vie, non les lois du marché - Briser l’enfermement en s’ouvrant à la vie - En finir avec la cruauté - Connaître pour remédier en assurant le primat de la vie.

« Dans son dernier ouvrage, Ni pardon, ni Talion, l’ex-situationniste Raoul Vaneigem analyse les tentatives du XXe siècle de définir et de punir les « crimes contre l’humanité ». Par-delà de cette réflexion sur la nature et les modalités du pouvoir juridique, l’ouvrage du célèbre médiéviste est surtout un manifeste vibrant et extrêmemnt bien écrit, pour la vie et contre le néo-libéralisme. »
Lecourant.info



« À sa manière bellement subversive, Raoul Vaneigem est un authentique homme des Lumières. »
LE SOIR

« Reprenant à leur compte le mot de désordre de Tristan Tzara avant guerre, des p'tits camarades du canard, dans de choupinets lilivres, "crachent la pensée désobligeante, telle une cascade lumineuse", sur une trifouillée de saloperies ayant pignon sur rue. Ni pardon ni talion de Raoul Vaneigem démontre splendidement que la justice moderne, c'est de la couille puisque, dans le meilleur des cas, elle se "borne à limiter les excès d'un système inhumain". Que dans une ambiance faux-cul des procès des crimes contre l'humanité du passé se déroule sur fond de barbaries d'aujourd'hui agréées par "les régimes démocratiques qui ont stipendié les procureurs et les bourreaux" de ces procès. Qu'il n'y a que l'exaltation de la vie dans la révolte et la fiesta qui peut nous libérer de la servitude volontaire ou non. Mais, "la haine, selon Vaneigem, enchaînant à son objet sans les délivrer", c'est sans qu'on la laisse nous aimanter que le pamphlétaire nous convie à dégommer le cynisme libéral. »
SINÉ HEBDO

NEITHER FORGIVENESS NOR REVENGE

Justice and Crimes against Humanity

In this analysis of the underlying principles of modern justice, the author asserts that as long as freedom remains the ideological produce of free-trade, justice will be less a human value than a market value. Judicial Institutions are only a starting point. Only a consensus on Human Rights, obtained by progressive education and the emergence of a new way of life, will put an end to crimes against humanity.

Raoul Vaneigem was a member of the Situationist International from 1961 to 1970. His publications include the celebrated Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Gallimard, 1967), and Nous qui désirons sans fin (1996) His more recent books include Banalités de base and Modestes propositions aux grévistes pour en finir (Verticales, 2004), Journal imaginaire (Le Cherche-midi, 2006), Entre le deuil du monde et la joie de vivre (Verticales, 2008), Rien n'est sacré, tout peut se dire (2003) is published by Editions La Découverte in the same series.


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