Les descendants d'immigrés

Emmanuelle SANTELLI

Depuis le milieu des années 1980, les descendants d’immigrés sont présents dans l’espace médiatique et les débats politiques à travers un ensemble de questions : les révoltes dans les banlieues, la construction des identités, la montée du chômage, etc.
Mais qui sont les descendants d’immigrés ? Quelle est leur histoire ? Comment cette catégorie a-t-elle émergé ? Les nombreuses études qui leur ont été consacrées témoignent d’un champ de la recherche en expansion, s’appuyant en particulier sur les données statistiques de l’enquête nationale Trajectoires et Origines (Ined, Insee, 2008).
À travers cinq grands domaines de la vie sociale (la banlieue et l’exclusion, les conditions de scolarité et l’accès au marché du travail, l’entrée dans la vie adulte et la formation du couple, les pratiques familiales et les valeurs, la citoyenneté et les appartenances identitaires), cet ouvrage dresse un bilan des connaissances sociologiques acquises. Centrées à l’origine sur les descendants d’immigrés maghrébins, elles englobent aujourd’hui les descendants d’immigrés des autres minorités visibles.

Version papier : 10 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°670
Parution : mars 2016
ISBN : 9782707186607
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm

Emmanuelle SANTELLI

Emmanuelle Santelli est directrice de recherche au CNRS et membre du Centre Max-Weber (CMW), université de Lyon. Elle a été chercheure associée dans l’équipe Migrations internationales et minorités à l’Ined. Ses travaux ont été consacrés à l’analyse des parcours sociaux des descendants d’immigrés maghrébins dans la société française. Elle a publié trois ouvrages à leur sujet : La Mobilité sociale dans l’immigration (PUM, 2001), Grandir en banlieue (CIEMI, 2007), Couples d’ici, parents d’ailleurs (avec Beate Collet, PUF, 2012).

Extraits presse

Qu’il s’agisse des émeutes, des discriminations ou même, de manière quantitativement marginale, du terrorisme, les descendants d’immigrés, c'est-à-dire tous ceux qui ont été socialisés dès leur plus jeune âge en France alors que leurs parents l’ont été à l’étranger, reviennent régulièrement au cœur des débats publics. Pour autant, ils constituent un groupe aussi hétérogène que mal connu. Sur les quelque 11 millions de 25-54 ans que l’on peut recenser dans l’hexagone, près de la moitié ont une « origine » européenne, et si ces derniers ne se heurtent pas aux mêmes problématiques que leurs homologues de « minorités visibles », tous connaissent des expériences différentes de celles de leurs parents, auxquels on les assimile pourtant. (…) Emmanuelle Santelli rappelle ainsi que l’étude des parcours de ces descendants d’immigrés nous oblige finalement à revenir au sens originel de l’intégration, à savoir les conditions permettant d’assurer la cohésion de la société et à chacun d’y trouver sa place. Plutôt qu’une injonction à s’assimiler à un modèle fantasmé.

03/06/2016 - Alternatives Économiques

 

Table des matières

Introduction
I / Qui sont les descendants d’immigrés ?

Plusieurs générations de « seconde génération »
Diversification des origines
Les enquêtes
Parvenir à distinguer les enfants des immigrés - Les objectifs de l’enquête Trajectoires et Origines - Des familles populaires plus souvent en ZUS
Deux critères : le rôle de la socialisation
Deux parents immigrés : un cadre de vie - Le lieu de socialisation plutôt que le lieu de naissance - Ne pas avoir pris part à la décision d’émigrer et avoir vécu en famille
II / Banlieue et exclusion
Des rodéos aux émeutes urbaines, le signe d’un malaise social
Quatre figures du « jeune de banlieue »
Et les femmes ?
Culture de rue, ghetto urbain : un monde à part
Grandir en banlieue et en partir
Contextualiser et considérer l’entourage
III / De l’école à l’emploi
Des différences selon le sexe
Des différences selon les groupes d’origine
Mobilisations, aspirations et soutiens familiaux
La « chance d’être aîné »
Un ordre scolaire ethnique
Situation à l’égard de l’emploi : un chômage persistant et une précarité accrue
Répartition par catégories socioprofessionnelles : une mobilité sociale en marche
Des femmes plus vulnérables sur le marché de l’emploi
Des situations contrastées
L’articulation formation/emploi
IV / Entrée dans la vie adulte et formation du couple
Un double univers de référence
L’installation comme mode d’entrée dans la vie adulte
Moins souvent en couple et un départ plus tardif de chez les parents
L’homogamie socio-ethnique
V / Familles, valeurs et pratiques transnationales
Confrontation des univers de référence
Un modèle patriarcal en déclin, une morale domestique plus conservatrice
Des filles plus encouragées à réussir, mais aussi plus contrôlées
Un noyau dur culturel ?
Les pratiques transnationales
VI / Citoyenneté, identité, religion
Politique : intérêt et participation
Une francité vécue, mais non reconnue
La religion, un mode d’affirmation de soi
Conclusion / Étudier les parcours des descendants d’immigrés, une nouvelle approche
Repères bibliographiques.



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