Le savoir & la finance - El Mouhoub MOUHOUD, Dominique PLIHON

Le savoir & la finance
Liaisons dangereuses au cœur du capitalisme contemporain

El Mouhoub MOUHOUD, Dominique PLIHON

Depuis les années 1980, le capitalisme connaît une profonde mutation, attribuée en général à la montée en puissance de la finance, devenue force planétaire, et aux nouvelles technologies, qui ont fait entrer les économies industrielles dans la « société de la connaissance ». Pour beaucoup, ce nouveau capitalisme devait profiter à tous ; une vision optimiste brutalement démentie par la crise de 2007-2008. Car les nouvelles technologies favorisent la circulation des idées et de l’information, mais de manière très inégale selon les pays, contribuant à creuser les écarts. Quant à la finance moderne, si elle facilite le développement d’innovations telles qu’Internet, elle est aussi à l’origine de l’instabilité de nos économies.
Dans cet essai, El Mouhoub Mouhoud et Dominique Plihon montrent ainsi ce que les crises doivent à la contradiction majeure entre le court-termisme des financiers et l’horizon long de l’accumulation des connaissances. Et ils proposent une vision originale du capitalisme mondialisé : loin d’un « monde plat » mettant en relation les territoires et les travailleurs grâce aux nouvelles technologies de l’information, ce dernier se caractérise toujours plus par l’accaparement des connaissances et des ressources au profit d’une minorité de pays et d’acteurs ? notamment lié aux dérives des droits de propriété intellectuelle. D’où un appauvrissement paradoxal des connaissances et de leur diffusion. Les auteurs explorent alors les conditions d’une alternative pour l’après-crise.

Version papier : 22 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : Hors collection Sciences Humaines
Parution : septembre 2009
ISBN : 9782707158475
Nb de pages : 240
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché

El Mouhoub MOUHOUD

El Mouhoub Mouhoud, est professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine où il dirige le master « Affaires internationales ». Il dirige aussi le groupement de recherche international du CNRS DREEM (Développement des recherches économiques euro-méditerranéennes). Spécialiste d’économie internationale, il a écrit de nombreux ouvrages et articles sur la mondialisation, l’intégration régionale, les délocalisations et les relocalisations et les migrations internationales.

Dominique PLIHON

Dominique Plihon est professeur à l’université de Paris-Nord-Villetaneuse où il dirige le master « Banque, finance, gestion des risques ». Il a occupé des fonctions d’économiste à la Banque de France et au Conseil d’analyse économique.

Extraits presse

« Dans les économies "modernes ", le capital productif comme les biens et services produits ont de plus en plus un contenu cognitif ainsi qu'un caractère intangible. Or ces biens présentent des spécificités, en terme de coûts, de comptabilisation, d'appropriation, de risque, qui en font des marchandises assez difficiles à faire rentrer dans le rang. Les auteurs soutiennent que le capitalisme financier, à travers ses institutions comme la Bourse, l'entreprise actionnariale, les nouvelles formes comptables, etc., s'est en partie développé pour domestiquer ces actifs. Mais, simultanément, la finance étouffe la production de connaissances, du fait de ses exigences de rendement à court terme et de ses pratiques déstabilisantes pour les entreprises: elle soutient l'économie du savoir un peu comme la corde soutient le pendu. Pour mettre en ordre les relations entre la finance, le savoir et la reconfiguration de la division internationale du travail, l'ouvrage formule des propositions de "réformes" précises et argumentées. »
LE MONDE DIPLOMATIQUE

« L'émergence d'une économie de la connaissance (ou économie cognitive) et l'essor d'une finance l'une et l'autre fortement mondialisées sont les deux évolutions majeures qui marquent nos sociétés. Contrairement aux discours dominants, l'économie de la connaissance telle qu'elle se développe ne se traduit pas par la disparition du taylorisme, mais par des formes de division internationale du travail qui sont source de "fortes inégalités entre les territoires comme entre les nations", accentuées par la privatisation des connaissances. Quant à la finance, elle joue un rôle essentiel dans l'essor de l'économie du savoir, mais, en même temps, elle contribue largement à modeler ces nouvelles formes d'organisation productive et à imposer des normes de rentabilité qui accentuent ce néotaylorisme. Surtout, incapable d'évaluer la valeur des actifs immatériels, elle s'en est remise au marché, engendrant ainsi bulles et krachs.On pourrait dire, en termes moraux, que, aussi bien dans le cas du savoir que dans celui de la finance, le mal est mêlé au bien. Pour séparer les deux et mettre le savoir et la finance au service d'une société plus juste et moins inégalitaire, les deux derniers chapitres ouvrent un certain nombre de pistes intéressantes. Au total, voilà un livre assez remarquable, tant par la qualité des analyses, à la fois approfondies et nuancées, ou l'accent mis sur les problèmes du Sud (qui sait que 60% des réfugiés de Sangatte sont diplômés de l'enseignement supérieur?) que par le souci de proposer des issues possibles et de ne pas s'en tenir à la seule dénonciation. »
ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES

« La combinaison de deux phénomènes du capitalisme actuel (puissance de la finance devenue force planétaire et entrée des économies industrielles dans l'ère de la « société de la connaissance » grâce aux nouvelles technologies), devait être « profitable à tous ». La crise récente a démenti cette vision. Cet essai présente un capitalisme loin des analyses dominantes. Accaparant connaissances et ressources financières au profit d'une même minorité de pays et d'acteurs, il engendre un appauvrissement des connaissances et de leur diffusion. Les auteurs explorent ici les conditions d'une possible alternative. »
LE JOURNAL DU CNRS

PRESSE

 

Table des matières

Introduction. Un capitalisme inégalitaire et instable
Des formes complexes de division du travail
La finance au cœur de l’économie du savoir
Dépasser le simplisme de certaines analyses
1. Le monde n’est pas plat
Dynamique du capitalisme et de la mondialisation
L’économie de la connaissance au cœur du capitalisme moderne
Les erreurs d’interprétation des représentations dominantes
L’économie de la connaissance, source d’inégalités
2. Une globalisation financière au service des pays riches
La croissance vertigineuse de la finance mondiale
Une finance mondiale profondément inégalitaire
Les analyses incomplètes des théoriciens de la finance
3. Un capitalisme fondé sur les interactions entre connaissance et finance
Économie de la connaissance : les confusions à éviter
Le rôle clé du marché et de la finance dans l’économie de la connaissance
La connaissance, un bien économique particulier
Un capitalisme hybride fondé sur les logiques taylorienne et cognitive
La finance au cœur de l’économie du savoir
4. Géographie du postfordisme : polarisation et sélection des périphéries
Une production décentralisée et déterritorialisée ?
Loin de se disperser, les activités se polarisent dans l’espace
La coordination est plus complexe dans le modèle cognitif d’organisation de la production
L’exemple de l’industrie automobile
Délocalisations et relocalisations dans les services
Le culte des technologies de l’information et de la communication
5. L’industrie financière et bancaire, entre fragmentation et polarisation
Polarisation et concentration
Fragmentation simultanée des activités
L’organisation des banques : une double logique, cognitive et taylorienne
6. La finance au service de l’économie du savoir
L’économie du savoir et de l’immatériel pose des problèmes spécifiques
Les institutions du capitalisme financier, une réponse aux besoins de l’économie du savoir
7. Les entreprises fragilisées
Le « manager » l’emporte sur l’entrepreneur
Finance et savoir : des temporalités différentes
8. Finance et nouvelles formes d’organisation des entreprises
La finance, facteur d’hybridation des logiques productives
Une gestion duale des ressources humaines
9. Les droits de la propriété intellectuelle au service de la connaissance ?
Des institutions clés de l’économie de la connaissance
Les droits de propriété intellectuelle favorisent-ils l’innovation ?
Les risques liés à la privatisation des savoirs
10. Migrations internationales : à qui profite la fuite des cerveaux ?
Les nouvelles migrations dans l’économie du savoir
Sélection des migrants, fuite des cerveaux et appauvrissement du Sud
11. Comment mettre la finance au service du savoir
Créer un environnement économique et financier favorable à l’accumulation du savoir
Canaliser des financements stables et ciblés vers l’innovation et la connaissance
Le rôle incontournable de l’État stratège et investisseur
12. Désenclaver la connaissance, au Nord comme au Sud
Lutter contre l’« enclosure » du savoir dans les pays du Nord
Insérer les pays du Sud dans une mondialisation plus équitable
Partager les bénéfices de la fuite des cerveaux
Conclusion. Deux « scenarii » pour l’après-crise
Scénario 1 : le savoir continue d’être l’otage de la finance
Scénario 2 : le savoir s’émancipe de la domination de la finance.

Droits étrangers

FINANCE AS A THREAT TO KNOWLEDGE


Since the 1980's, capitalism has undergone a radical transformation, which is usually linked to two factors : the growing place of finance and of new technologies. This new capitalism was supposed to be of benefit to all the populations of the planet. Such optimism has been proved wrong by the present crisis. In this essay the authors show how the contradiction between the short term views of financiers and the long term aspects of the accumulation of knowledge have contributed to this crisis. Their picture of global capitalism is very different to the one painted by dominant analysis. They look into the workings of an alternative to the present situation.



El Mouhoub Mouhoud
is a professor of economics at the University Paris-Dauphine. Amongst his books published by La Découverte : Mondialisation et délocalisation desentreprises (coll. « Repères », 2008) and Sauver Marx ? Empire, multitude, travail immatériel (with Pierre Dardot and Christian Laval, 2007). Dominique Plihon is a professor of economics at the University Paris-Nord, and is president of Attac's scientific board. Amongst his work published by La Découverte (in the « Repères » series), Nouveau Capitalisme (2004, 2009), Les Taux de change (2006) and La Monnaie et ses mécanismes (2008).


Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com