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Catalogue / Géopolitique, géographie et relations internationales / Le piège Daech     
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Le piège Daech
L'État islamique ou le retour de l'Histoire

Pierre-Jean LUIZARD

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Le groupe État islamique, inconnu il y a encore quelques mois, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité internationale. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, « Daech » a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Sa volonté de construire un État le distingue nettement d’Al-Qaïda.
Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, essaie de comprendre les succès de l’État islamique, dans le contexte de déliquescence des États de la région, notamment l’Irak et la Syrie. Il met au jour des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Europe dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient.
Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui tombés dans le « piège Daech ».
Introduction
1. L’irruption de l’État islamique

Les ingrédients d’un succès
Un « État » ou une « organisation terroriste » ?
Internationaliser la guerre
2. De Sykes-Picot à Yaaroubiya, le retour de l’Histoire
Promesses trahies
Chimères panarabistes
3. En Irak, un État contre sa société
État-nation arabe sur le modèle européen ou État sunnite ?
Aux origines du clivage sunnites-chiites
Le retour sanglant de la « question irakienne »
4. L’État syrien rattrapé par le confessionnalisme
Une mosaïque confessionnelle dans des frontières étriquées
Assad, son régime autoritaire et les alaouites
5. Vers un bouleversement du Moyen-Orient ?
L’État islamique aux portes du Liban
Une Jordanie tétanisée
Arabie saoudite : le roi est nu
Turquie : Erdogan pris à son propre piège
6. Le piège Daech
Syrie, Irak : une expansion concomitante
La volonté affichée de construire un État
Un futur État ?
Propagande et communication : une grande sophistication
Le traitement des minorités comme piège
Conclusion
Repères chronologiques.



Directeur de recherche au CNRS, Pierre-Jean Luizard est un historien, spécialiste du Moyen-Orient. Dans son dernier livre Le piège Daech, il livre une analyse limpide des bouleversements durables qu'a provoqués l'émergence de l'Etat islamique en Irak et en Syrie.

17/02/2015 - Marie-Amélie Lombard-Latune - Le Figaro

 

L'épisode se déroule le 10 juin 2014. Des images diffusées sur Twitter et sur des sites islamistes montrent un bulldozer traversant un mur de sable, à Yaaroubiya, créant une piste qu'empruntent des camions et des voitures brandissant le drapeau noir de Daech. La première photo est titrée "Briser la frontière Sykes-Picot", en référence aux accords signés en 1916 entre la Grande Bretagne et la France par lesquels les deux puissances de l'époque se sont partagé le Moyen-Orient à la fin de la Première Guerre mondiale. Même si la frontière de l'époque entre Syrie et Irak ne passait pas vraiment à cet endroit, l'objectif de Daech est clairement d'instrumentaliser l'histoire à son profit. Aussi, l'intérêt de ce livre écrit par l'un des plus grands spécialistes de français de l'Irak, est de replacer les événements qui se sont déroulés depuis 2014 dans une perspective historique.

20/02/2015 - Agnès Rotivel - La Croix

 

L'irruption de Daech a surpris, autant par sa soudaineté que par la violence de ses mises en scène. Spécialiste du Moyen-Orient, Pierre-Jean Luizard démontre que l'Etat islamique, loin d'être une météorite, est la résultante d'une très longue histoire. [...] Luizard détaille les aléas d'un Etat irakien en prise avec les luttes confessionnelles et les folies néoconservatrices; il raconte une Syrie, elle aussi minée par le confessionnalisme. Dans un cas, le tyran a été emporté; dans l'autre, il se maintient; pour le pire dans les deux cas. L'auteur accumule les exemples qui montrent l'intelligence stratégique de Daech: comment des accords avec les Kurdes lui ont ouvert les territoires sunnites irakiens; comment, sitôt conquis des villes, l'organisation en a rétrocédé la gestion aux tribus locales; comment, une fois ces territoires stabilisés (et la prise de Bagdad éventée) a commencé cette campagne internationale barbare (décapitations, massacres...) qui a permis à Daech d'attirer des milliers de sympathisants aux motivations anti-occidentales. Luizard analyse comment Daech administre la charia dans ses territoires, en collant à "un islam des premiers temps" et s'attire les faveurs de populations locales lassées du chaos antérieur. Pour le chercheur, le projet de la coalition ant-Daech risque de buter sur une difficulté: "On ne reviendra pas au Moyen-Orient que nous avons connu depuis près d'un siècle. Une guerre lancée sans perspectives politiques n'est-elle pas perdue d'avance ?" Le livre de Luizard n'est pas fait pour nous rassurer; et c'est tant mieux si c'est pour le bien de la connaissance.

22/02/2015 - Patrice Trapier - Le Journal du Dimanche

 

Quand les colonnes djihadistes arrivèrent dans Mossoul et Takrit, certains quartiers les accueillirent comme « une armée de libération ». Habilement, l’Etat islamique organisa la « passation de pouvoirs à des chefs tribaux ». Tant était profonde la détestation d’un gouvernement pro-Chiites d’Al-Maliki (aujourd’hui remplacé par Al-Abadi)… L’armée de Bagdad n’hésita pas à réprimer des révoltes inspirées des printemps arabes en larguant « des barils bourrée de TNT sur les quartiers d’habitation, des hôpitaux et des écoles ». Selon Pierre-Jean Luizard, historien spécialiste du Moyen-Orient, l’Etat irakien, corrompu jusqu’à la moelle, grand contrebandier de pétrole, « n’est pas réformable ». Laurent Fabius n’était donc pas très inspiré quand il déclara vouloir « aider le gouvernement de Bagdad à rétablir sa souveraineté ». Poussant jusqu’en Syrie, Luizard constate la fin du découpage colonial issu des années 20. « Les diplomaties occidentales ne semblent pas prendre la mesure du caractère irréversible de ce qui arrive aujourd’hui aux Etats du Moyen-Orient », déplore-t-il. Ainsi se redessinent dans la guerre des frontières que les Européens croyaient éternelles. Conclusion provisoire de cet essai fort utile : la coalition anti-Daech « n’a strictement aucune perspective politique à offrir aux populations qui se sont ralliées à l’Etat islamique ». Cela promet.

12/08/2015 - Le Canard enchaîné

 

 
 
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