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À la mort de Hassan II en 1999, changement d'époque et ouverture sur le monde sont l'espoir d'un peuple qui a subi la répression des « années de plomb ». Un peu plus de dix ans après l'avènement de Mohammed VI, que reste-t-il de la transition esquissée ? Assurément beaucoup, même si les fondamentaux de la gouvernance makhzénienne ont peu évolué, comme l'explique Pierre Vermeren dans le tableau précis et documenté qu'il brosse de cette première décennie de règne. Le Maroc est moins verrouillé et son économie a retrouvé quelques couleurs grâce aux capitaux étrangers et aux grands projets royaux. Mais la transition démocratique tarde. Le système de pouvoir marocain est toujours écartelé entre la tradition immémoriale du sultanat islamique, les poussées de la contestation religieuse et la pusillanimité d'une puissante aristocratie, qui veut bien « tout transformer pour que rien ne change ». Ce pari reste-t-il tenable, alors que le « printemps des peuples arabes » de 2011 bouleverse la donne régionale ? C'est la question à laquelle ce livre, paru pour la première fois en 2009 et complété d'une postface inédite, entreprend de répondre.
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Collection : La Découverte Poche / Essais n°347
Parution : juin 2011
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Prix : 11,70 €
ISBN : 9782707169204
Dimensions : 125 * 190 mm
Façonnage : Broché
Nb de pages : 336
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 | | Pierre Vermeren, normalien agrégé d’histoire, maître de conférences en histoire à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et membre du Centre d'études des mondes africains. Il est notamment l'auteur, à La Découverte, de Le Maroc en transition (2001, Histoire du Maroc depuis l'indépendance (coll. Repères, 2002), Formation des élites marocaines et tunisiennes (2002). |
Introduction : Transmission, transition, tradition 1. Une conjoncture rythmée par le djihadisme Deux ans d'état de grâce (23 juillet 1999 - 11 septembre 2001) Pressions islamistes (11 septembre 2001 - 16 mai 2003) Le spectre du terrorisme (16 mai 2003 - été 2007) Un « gouvernement royal de combat » (7 septembre 2007 - 2009) 2. Un environnement international bouleversé Le départ de « l'ami Chirac », la fin d'une époque Pressions pour un règlement de la « question saharienne » Le retour sur la scène de l'Algérie Le Maroc, « vitrine occidentale » du monde arabe Un système politique peinant à évoluer 3. Un « bon roi » au coeur du premier pouvoir Un monarque absolu... ... mais en ostensible empathie avec les faibles Un souverain discret mais qui tranche « Nouveau concept d'autorité » et « monarchie exécutive » 4. Le jeu complexe des « conseillers » La garde (hassanienne) meurt mais ne se rend pas ! Le cercle étroit des amis proches 5. Les 50 qui dirigent le Maroc La gouvernance des grandes familles Le corps des Ponts, un État dans l'État Des technocrates éclairés (1), les ingénieurs-managers du roi Des technocrates éclairés (2), héritiers et jokers du roi Un « steeple chase » permanent 6. Le contrôle des forces de sécurité Le général Benslimane : un tout puissant chef de la gendarmerie en fin de carrière Épuration ou renouvellement des états-majors militaires ? La « débasrisation » de la police ? L'empressement de l'allié américain 7. Le second pouvoir, des institutions déléguées Le « serpent de mer » de la réforme constitutionnelle Un Parlement où s'exerce le magistère de la parole Un gouvernement vitrine La justice, entre épuration et soumission 8. Pas de vie démocratique sans partis politiques... Garantir le monopole politique de la monarchie L'impossible renouvellement des formations nationalistes ? L'outsider PJD maître de l'heure ? Au-delà de l'IRCAM, le refus d'une véritable alternative berbériste 9. L'apurement des « années de plomb » L'IER, modèle de « justice transitionnelle » ? Les transfuges de gauche au service du palais Que faire de la liberté d'expression ? Le syndrome Notre ami le roi 10. Démocratie formelle versus démocratie réelle Des élections régulières mais sous contrôle Une dépolitisation persistante de la jeunesse « Authenticité et modernité », l'échec d'une reprise en main ? Juan Carlos, Pinochet, Gorbatchev, Ben Ali, quel modèle de transition pour le Maroc ? II / Une société à la recherche d'elle-même sur fond de volontarisme économique 11. La « contamination salafiste » L'hydre du wahhabisme. Un djihadisme mortifère La résonnance de l'islamisme politique dans une société en mal d'égalité La phobie makhzénienne à l'égard des islamistes L'audacieuse réforme de la moudawana Pour une plus grande sécurité des parties Une révolution juridique difficile à mettre en oeuvre 12. Les réformes et la reprise en main de l'islam par la monarchie Sortir d'un islamisme d'État ? Le roi, entre chérifisme et Commanderie des croyants Renouer avec le malékisme et le soufisme L'islam d'État, entre innovation et retour des oulémas 13. En pleine introspection religieuse Le Maroc, « ses Juifs » et Israël La fascination chiite Le christianisme, la fin d'un tabou ? Athéisme et laïcité, impensables ou impensés ? 14. Émigrés, expatriés et rapatriés... Partir, un luxe réservé aux riches ? Les yeux de Chimène pour les RME Jet-set à Marrakech et chasse aux étoiles de la diaspora Comment faire rentrer les « technos » marocains ? 15. Une scène culturelle sous pression Panorama artistique et culturel Intégrer la société du spectacle Une diversité musicale pour quel public ? La nayda, « movida » ou coup de communication ? Un pays encore très attaché à ses valeurs fondamentales 16. Comment résoudre la grave crise de l'école ? L'héritage encombrant de la Cosef Couverture scolaire et croissance démographique Un analphabétisme persistant Le tamazight à l'école, victoire pour les berbéristes ou marché de dupes ? 17. Des jeunes en quête d'avenir L'impact de la crise sociale Le tourisme, vecteur d'ouverture ou d'aliénation ? Suicide, sexualité, célibat : des tabous mis à mal La darija, nouvelle langue médiatique... et bientôt nationale ? Consommation, technologies et frustrations 18. Les capitaux étrangers, une locomotive nécessaire La peur d'une recolonisation franco-espagnole L'arrivée convoitée des investisseurs du Golfe La manne des fonds multilatéraux Lutte contre une corruption endémique Dans la tourmente de la crise mondiale 19. Le capitalisme royal plus que jamais au centre de l'économie nationale L'assainissement d'un lourd passif financier Vers une « alaouisation » de l'économie ? L'ONA, affaire d'État et valse des managers Le palais au coeur de la relance économique Le tourisme, première industrie nationale Conclusion - 2010-2020, quelles perspectives sur fond de crise ? Postface - Édition 2011 Célébration et critiques des \"dix ans\" Crise internationale et effet sécuritaire Face au \"printemps arabe\" Chronologie : La décennie 1999-2009 en 100 dates Bibliographie Filmographie Liste des portraits.
« Il y a maintenant dix ans, Mohammed VI accédait au trône marocain, suite au décès de son père, le redouté Hassan II. Une bonne occasion pour dresser un bilan des évolutions politiques, sociales et économiques du royaume. Si les espoirs d'un "printemps marocain" ont été bien déçus, Pierre Vermeren dresse dans cet ouvrage un bilan plus mitigé. Un détour par l'histoire récente du pays lui permet ainsi de mettre en évidence les complexes interdépendances au centre desquelles s'inscrit le nouveau souverain, de même que les contradictions qui l'animent. Quoiqu'accordant une large place aux élites, ce panorama assez large d'une société en mouvement se lit avec d'autant plus d'intérêt qu'il est écrit d'une plume aussi vive qu'alerte. » ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES « Le Maroc de Hassan II et, depuis 1999, de Mohammed VI, a suscité soit des ouvrages hagiographiques, soit des critiques en règle d'une monarchie riche à milliards, n'hésitant pas à pratiquer censure, répression et corruption, et pratiquant des relations incestueuses avec les dirigeants français. L'ouvrage de l'historien Pierre Vermeren, spécialiste des élites marocaines, évite ces extrêmes. Il montre en détail le fonctionnement du pouvoir, fait de groupes divers et rivaux, mais qui en définitive dépendent des faveurs (ou de la défaveur) du roi. » ALTERNATIVES INTERNATIONALES« Il y a dix ans, le 23 juillet 1999, Mohammed VI montait sur le trône du royaume du Maroc. Spécialiste de l'histoire du Maghreb, Pierre Vermeren se refuse à tout jugement définitif. Il met plutôt en relief toutes les contradictions de ce pays et laisse ouverte la question de son avenir. » LES ÉCHOSPRESSE
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