La publication de La Nouvelle Ecole capitaliste devrait susciter, en cette période de rentrée, de fortes controverses tant le propos du ivre est important pour l'avenir de l'institution scolaire et universitaire, et la compréhension que nous pouvons en avoir. Quatre enseignants, chercheurs attachés à la Fédération syndicale unitaire, intellectuels engagés, s'appliquent en effet à démontrer comment la pénétration des normes néolibérales à l'école et à l'université conduit ces dernières à se soumettre au monde du travail dans sa version la plus capitaliste - là où les salariés adhérent aux lois du marché et à l'impératif de flexibilité. L'école doit donc former ceux ci à ce nouveau rôle social. Mais la pression de l'intérêt économique et financier est telle que ce ne sont pas seulement les institutions et leurs membres qui doivent se réformer, mais les savoirs eux-mêmes. [...] Le propos est radical, la démonstration convaincante.
01/09/2011 - Vincent Duclert - La Recherche
Ce n'est pas un énième livre sur l'école, un livre de "rentrée" de plus, que nous proposent ici quatre chercheurs membres de la Fédération syndicale unitaire (FSU). Francis Vergne, Pierre Clément, Guy Dreux et Christian Laval livrent une analyse fine de la mutation générale de l'institution scolaire vers ce qu'ils nomment "la nouvelle école capitaliste". [...] Une analyse percutante, une réponse conceptuelle et concrète aux interrogations des enseignants, qui chaque jour font l'expérience de cette métamorphose. Un livre utile pour tous les partisans d'une "insurrection des savoirs assujettis".
01/09/2011 - Sophie Courval - Regards
Avec La reproduction de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1970), L'Ecole capitaliste en France de Christian Baudelot et Roger Estabelet (1971) a longtemps dominé la sociologie critique de l'éducation. En montrant comment les enseignants participaient malgré eux au fonctionnement d'un système de classe en dispersant leurs savoirs, les auteurs ont révélé "la ruse de la raison scolaire" qui entretient l'illusion de l'autonomie de l'institution. Quarante ans plus tard, le système d'enseignement obéit à ce modèle originel en pire: nous sommes mêmes entrés dans un nouvel âge de l'école, celle que quatre chercheurs, Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux, appellent "la nouvelle école capitaliste".
07/09/2011 - Jean-Marie Durand - Les Inrockuptibles
L'ouvrage offre un bilan bien informé et minutieux des mesures qui ont progressivement change les contours de l'école. On peut donc le lire comme une sorte de vade-mecum, clair et documenté, du néolibéralisme contemporain.
09/09/2011 - Luc Boltanski - Le Monde
D'après les auteurs, membre de l'Institut de recherche de la FSU, au-delà de la tentative de sabotage de l'école, on assise aujourd'hui à son envahissement par la norme sociale du capitalisme. Il n'est plus question de transmission de culture et de savoirs mais de fabriquer de individus aptes à s'incorporer dans la machine économique.
09/09/2011 - L'Humanité
Si l’on admet que l’État est aujourd’hui « l’agent direct du basculement de la connaissance vers le modèle du marché », en introduisant dans le système scolaire la concurrence, le souci de l’acquisition de compétences toujours au moindre coût et l’adaptabilité et l’employabilité comme seuls objectifs, alors il faut envisager de « construire une école pour une société débarrassée du capitalisme ». Tel est l’objet de cet ouvrage conçu par des chercheurs du syndicat FSU. Ce « sabotage » de l’école publique est en « cohérence » avec « les attaques contre les services publics et les métiers du lien ». À celui qui s’étonnerait de la « passivité d’une partie non négligeable des ensei- gnants, des étudiants et des parents », il sera répondu que « l’un des objectifs des “néo-conservateurs” est la marginalisation ou la domestication des syndicats et l’éradication de toute possibilité de lutte collective efficace. » Pourtant, c’est toute la philosophie de l’enseignement qui est remise en question : « la finalité émancipatrice des savoirs, fondement idéal de l’école républicaine, est remplacée par la très prosaïque vente de soi sur le marché du travail. La violence symbolique d’une telle substitution commence à faire des ravages et engendre des résistances d’un genre nouveau. » Ainsi verronsnous « une extension de la lutte des classes » s’étendre aux professions « prolétarisées » que sont les métiers touchant « aux activités intellectuelles et relationnelles, la recherche, l’éducation et la santé particulièrement ».
01/04/2012 - Daniel Casadebaig - Etudes