L'expérience de l'injustice
Essai sur la théorie de la reconnaissance

Emmanuel RENAULT

Comment transformer les définitions communes de la justice sociale afin qu’elles puissent rendre compte des formes aujourd’hui les plus caractéristiques de l’injustice sociale ? Comment leur faire rendre compte des luttes effectives contre l’injustice mais aussi des souffrances de « ceux qui ont trop à dire pour pouvoir le dire » ?
Telles sont les questions auxquelles ce livre se propose de répondre. Dans une démarche originale, Emmanuel Renault reprend et élargit la théorie de la reconnaissance élaborée par le philosophe allemand Axel Honneth, afin de proposer une grammaire des luttes sociales, mais aussi une grille d’analyse de ces injustices que les luttes sociales prennent rarement en charge. Dans cette perspective, l’auteur procède à un examen critique des théories contemporaines qui structurent notre pensée politique et sociale.
Ce livre soutient que la philosophie doit prendre l’expérience de l’injustice au sérieux car c’est en elle que se déterminent les enjeux des discours sur la justice. Il offre un argumentaire global au service de ceux qui font l’expérience quotidienne de l’injustice et sont en conséquence intéressés à la transformation de l’ordre social existant.

Version papier : 14 €
Version numérique : 9,99 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°466
Parution : octobre 2017
ISBN : 9782707194619
Nb de pages : 328
Dimensions : 125 * 190 mm
ISBN numérique : 9782707195975
Format : EPUB

Emmanuel RENAULT

Emmanuel RENAULT

Emmanuel Renault enseigne la philosophie à l’université Paris Nanterre. Il est notamment l’auteur du Mépris social (Passant ordinaire, 2000), de Souffrances sociales (La Découverte, 2008), et de Reconnaissance, conflit, domination (Cnrs éditions, 2017).

Extraits presse




« Le constat est simple, un peu désespérant aussi : les théories politiques actuelles, dès qu'elles se veulent critiques, ne parviennent plus à "coller" à l'expression la plus ordinaire du mécontentement. [...] L'idée d'Emmanuel Renault est d'aller à l'inverse de la tendance : construire une théorie politique à partir de l'expérience de l'injustice, en faire la clinique. »
LE MAGAZINE LITTÉRAIRE




« Une redéfinition de la critique sociale d'une extrême fécondité. »
RAISONS POLITIQUES




« Emmanuel Renault contribue à l'édification d'un cadre d'identification et de qualification pour des formes d'injustice émergeantes, encore non désignées comme telles, mais dont certains vécus sociaux témoignent du développement particulièremement inquiétant. »
BULLETIN CRITIQUE DU LIVRE EN FRANÇAIS




« S'appuyant sur Axel Honneth, Emmanuel Renault montre qu'il convient d'élargir les définitions communes de la justice sociale pour mieux prendre en compte la question de la reconnaissance. Il met en évidence, exemples à l'appui, que les dénis de reconnaissance sont aujourd'hui la source d'importantes souffrances sociales et psychiques. »
SCIENCES HUMAINES

20/10/2004 -

 

Table des matières

Avant-propos
Le modèle des mouvements sociaux
Vers un modèle de critique sociale englobant
Introduction. Philosophie et clinique de l'injustice
Consensus et prise de parti
Le concept d'expérience de l'injustice
Le paradigme de la reconnaissance
I / Injustice et déni de reconnaissance
1. Critique de la politique et mouvements sociaux

Critique de la politique ou critique de la philosophie
Le contenu normatif des conflis sociaux
Attente normative, dynamique pratique, dynamique normative
2. Les apories de la justice sociale
Injustice et question sociale
Droits et justice
Droits et liberté
Le juste et le bien
Définition ou critère ?
3. Les institutions de l'injustice
Les règles de l'interaction
Reconnaissance et institutions
Typologie des effets de reconnaissance institutionnels
Critiques des institutions
Le marché
L'entreprise
La question de la désaffiliation
II / Politique de l'identité, politique dans l'identité
4. L'identité comme expérience de l'injustice

Principtes de justice ou identité ?
Les limites de la conception de l'identité comme rapport positif à soi
Identité et justice
5. Défense des politiques de l'identité
Les luttes indentitaires : un second type de mouvements sociaux ?
Le déficit normatif de l'identité
La politique contre l'identité ?
Identité et résistance
Politique du soi
III / Souffrance sociale et souffrance psychique
6. La critique sociale comme porte-parole de la souffrance

Les luttes des « sans »
Les concepts de souffrance sociale et de souffrance psychique
Objections politiques
Souffrance et définition de la justice
Vacillations de la justice sociale
7. Reconnaissance et souffrance psychique
Maladie mentale et souffrance psychique non pathologique
Les modèles philosophiques de la souffrance
Désaffiliation et rapport positif à soi
Le destin de déni de reconnaissance
Désinstitutionnaliser la souffrance ?
Conclusion. La critique comme porte-parole de l'injustice.